Samedi 10 septembre
Pas le temps de souffler ce weekend, aujourd’hui c’est le
premier match que va jouer la France pour cette coupe du monde. Notre équipe
affronte le Japon au North-Harbour Stadium d’Albany, au nord d’Auckland.
La ville d’Auckland, sévèrement critiquée pour le
cafouillage des trains lors de la cérémonie d’ouverture au Eden Park, a bien fait les choses : avec chaque
ticket vient un aller-retour gratuit en car pour le stade. Les cars partent de
différents points d’Auckland pendant 1h30 avant le match et ramènent les
spectateurs pendant 1h après le match.
Nous prenons donc la route du centre-ville dès 15h30, avec
une vague idée d’où se trouve le départ des bus. Sur place, le doute n’est plus
vraiment possible, il suffit de suivre les gens peints en bleu-blanc-rouge ou
le drapeau japonais. J’ai de la peine pour ces derniers : ça doit être
terrible de se rendre à un match perdu d’avance (oui je sais, ma condescendance
ne fait pas beaucoup de progrès).
Au bout de 45 minutes de route plutôt calme, nous débarquons
au North Harbour Stadium où un flot continu de personnes descendent des cars.
Quoi ? C’est ça le stade ? Mais c’est tout petit ! Heureusement,
comme hier, il fait un temps magnifique même si le vent s’est un peu levé.
A l’entrée du stade, les vigils fouillent nos sacs et
jettent ma bouteille d’eau. Heureusement qu’ils n’ont pas fait pareil avec les
croque-monsieur, c’est le vigil qui aurait fini à la poubelle. Une fois dans
les gradins, nous avons encore 1h30 à attendre avant le lancement du match.
Tous les joueurs japonais semblent être sur le terrain pour s’échauffer alors
que seul deux ou trois joueurs français se font quelques passes.
Avec le temps, le stade se rempli et je constate un peu
déçue que nous sommes encerclés de supporters japonais. IL y a quand même une
famille avec 4 enfants qui sont pour les bleus et qui ont tôt fait d’apprendre
à scander « Allez les bleus ! » même si ils ne savent pas ce que
ça veut dire. Enfin, peu avant le départ du match, une brochette d’hommes d’âge
mûr et bedonnants viennent s’asseoir à côté de Christophe, armés de packs de
bières. Ils sont pour la France mais n’ont pas vraiment l’air français. A leur
accent, ils ne sont pas kiwis non plus.
Juste avant le début du match, des musiciens viennent faire
une démonstration d’un gros tambour japonais (enfin, c’est ce que le type
derrière moi à dit). Suivent les hymnes nationaux où on se rend compte que les
supporters français sont bien plus bruyants, sinon nombreux, que les supporters
du Jaopn. Enfin le match commence.
Je ne vous refais pas le match, ça n’aurait pas vraiment
d’intérêt mais en résumé, ça avait plutôt bien commencé, puis à la seconde
mi-temps, les japonais nous ont presque rattrapé au score, et enfin, les bleus
les ont achevé mais pas dans l’élégance. J’avoue m’être caché derrière mon drapeau
plusieurs fois lorsque les japonais s’emparaient de la balle et faisaient de
dangereuses avancées vers notre zone d’embut. Les supporters du Japon, eux s’étaient
aussi trouvés un cri d’encouragement « NIPPON ! » et tapaient
trois fois des mains. Cri qu’on entendait beaucoup trop souvent à mon goût.
En revanche, à chaque fois qu’un français tentait une
action, je sautais sur mon siège en hurlant « COURS, MAIS
COURS !! » ou encore dans les mêlées ou les mauls «POUSSE !
ALLEZ POUSSE ! ». Ce qui amusait beaucoup nos voisins, sérieusement
alcoolisés à ce moment là, qui reprenaient d’ailleurs certains de mes
hurlements « POUUUSSS ! POUUUSSS !! Pussy ! ». Et
ceux-ci d’éclater de rire de leur si brillant trait d’esprit. Lorsque
Christophe lors demanda leur provenance, ils répondirent en rigolant « Ozi ozi
OZI !! » qui est le nom affectueux de l’Australie. En fait, on aurait
pu s’en douter : des anglophones qui supportent la France, il n’y a pas à
chercher bien loin. Ils nous ont même avoué supporter la France jusqu’à ce qu’elle
élimine les All Blacks, dans le but de nous ratatiner après et de gagner la coupe
du monde. Un air de déjà-vu peut-être ?
Le match fini, 47-21, nous retrouvons Sarah, Manu, Sabrina
et Antoine et nous reprenons le chemin des cars. Une file d’attente à perte de
vue s’allonge à l’entrée du parking. Mais avec une organisation et une
logistique bluffantes, nous sommes dans un car en moins d’un quart d’heure d’attente.
Nous sommes tombés sur un car rempli de Calédoniens survoltés qui entonnent
toutes les comptines qui leur viennent à l’esprit. Nous avons donc eu l’occasion
de chanter Pirouette-Cacahuète, Une Sourie Verte, Elle descend de la montagne,
ainsi qu’une drôle de chanson dont les paroles revenaient à peu près à :
« Manger Américain
pas bon, Manger Américain pas bon
Toujours manger Hamburger, toujours manger hambuger »
Toujours manger Hamburger, toujours manger hambuger »
« Manger Italien pas
bon, Manger Italien pas bon
Toujours manger pizza, toujours manger pizza»
Toujours manger pizza, toujours manger pizza»
Etc, à chaque fois le pays changeait et le plat aussi. Le
chauffeur avait même fini par en apprendre l’air.
Une fois en ville, nous avons eu la chance d’avoir un bus
immédiatement pour Sandringham et nous nous sommes couchés ravis de cette
journée, même si nous n’avions plus aucun espoir pour les français contre les
All Blacks.
Bonus potin : Comme j’aime bien les potins, je vais
vous raconter pourquoi les organisateurs des festivités d’ouvertures de la RWC
se sont fait tirer les oreilles. Premièrement, et nous l’avons bien ressenti,
les organisateurs ont été dépassés par le nombre de spectateurs présents sur Quay
Street, 100 000 au lieu des 60 000 prévus. Les rues étaient
dangereusement surpeuplées et si un mouvement de foule avait eu lieu, ça aurait
été un massacre. Enfin ça ce n’est pas le plus grave puisque tout s’est bien
passé.
Le meilleur, c’est qu’ils avaient conseillé aux gens munis de
billets de se rendre au Eden Park en train depuis Britomart, la gare centrale d’Auckland.
Or, là aussi, ils ont été dépassés par le nombre d’usagers. Evidemment, les
trains étaient surchargés, évidemment certains passagers ont fait un malaise et
évidemment…quelqu’un a tiré le signal d’alarme !! Jackpot ! Tous les
trains se sont donc immédiatement arrêtés sur les voies et tous ces petzouilles
ont raté le début du match, pour ceux qui ont réussi à voir le match tout court.
Je ne précise même pas qu’un billet pour le match d’ouverture et la cérémonie
valaient dans les 400$NZ. Le meilleur c’est qu’il parait qu’il y avait eu
exactement le même problème lors du concert d’un mec connu au Eden Park et que
les organisateurs avaient promis : plus jamais ça.
Voila pour le bonus potin.

Bien !
RépondreSupprimerJ'ai du mal à comprendre, ils acceptent les packs de bière au stade mais pas les bouteilles d'eau ????
Va comprendre çà !
A+