lundi 19 septembre 2011

France-Japon au North-Harbour stadium


Samedi 10 septembre

Pas le temps de souffler ce weekend, aujourd’hui c’est le premier match que va jouer la France pour cette coupe du monde. Notre équipe affronte le Japon au North-Harbour Stadium d’Albany, au nord d’Auckland.

La ville d’Auckland, sévèrement critiquée pour le cafouillage des trains lors de la cérémonie d’ouverture au Eden Park, a  bien fait les choses : avec chaque ticket vient un aller-retour gratuit en car pour le stade. Les cars partent de différents points d’Auckland pendant 1h30 avant le match et ramènent les spectateurs pendant 1h après le match. 

Nous prenons donc la route du centre-ville dès 15h30, avec une vague idée d’où se trouve le départ des bus. Sur place, le doute n’est plus vraiment possible, il suffit de suivre les gens peints en bleu-blanc-rouge ou le drapeau japonais. J’ai de la peine pour ces derniers : ça doit être terrible de se rendre à un match perdu d’avance (oui je sais, ma condescendance ne fait pas beaucoup de progrès). 

Au bout de 45 minutes de route plutôt calme, nous débarquons au North Harbour Stadium où un flot continu de personnes descendent des cars. Quoi ? C’est ça le stade ? Mais c’est tout petit ! Heureusement, comme hier, il fait un temps magnifique même si le vent s’est un peu levé. 


A l’entrée du stade, les vigils fouillent nos sacs et jettent ma bouteille d’eau. Heureusement qu’ils n’ont pas fait pareil avec les croque-monsieur, c’est le vigil qui aurait fini à la poubelle. Une fois dans les gradins, nous avons encore 1h30 à attendre avant le lancement du match. Tous les joueurs japonais semblent être sur le terrain pour s’échauffer alors que seul deux ou trois joueurs français se font quelques passes. 


Avec le temps, le stade se rempli et je constate un peu déçue que nous sommes encerclés de supporters japonais. IL y a quand même une famille avec 4 enfants qui sont pour les bleus et qui ont tôt fait d’apprendre à scander « Allez les bleus ! » même si ils ne savent pas ce que ça veut dire. Enfin, peu avant le départ du match, une brochette d’hommes d’âge mûr et bedonnants viennent s’asseoir à côté de Christophe, armés de packs de bières. Ils sont pour la France mais n’ont pas vraiment l’air français. A leur accent, ils ne sont pas kiwis non plus. 

Juste avant le début du match, des musiciens viennent faire une démonstration d’un gros tambour japonais (enfin, c’est ce que le type derrière moi à dit). Suivent les hymnes nationaux où on se rend compte que les supporters français sont bien plus bruyants, sinon nombreux, que les supporters du Jaopn. Enfin le match commence. 

Je ne vous refais pas le match, ça n’aurait pas vraiment d’intérêt mais en résumé, ça avait plutôt bien commencé, puis à la seconde mi-temps, les japonais nous ont presque rattrapé au score, et enfin, les bleus les ont achevé mais pas dans l’élégance. J’avoue m’être caché derrière mon drapeau plusieurs fois lorsque les japonais s’emparaient de la balle et faisaient de dangereuses avancées vers notre zone d’embut. Les supporters du Japon, eux s’étaient aussi trouvés un cri d’encouragement « NIPPON ! » et tapaient trois fois des mains. Cri qu’on entendait beaucoup trop souvent à mon goût.

En revanche, à chaque fois qu’un français tentait une action, je sautais sur mon siège en hurlant « COURS, MAIS COURS !! » ou encore dans les mêlées ou les mauls «POUSSE ! ALLEZ POUSSE ! ». Ce qui amusait beaucoup nos voisins, sérieusement alcoolisés à ce moment là, qui reprenaient d’ailleurs certains de mes hurlements « POUUUSSS ! POUUUSSS !! Pussy ! ». Et ceux-ci d’éclater de rire de leur si brillant trait d’esprit. Lorsque Christophe lors demanda leur provenance, ils répondirent en rigolant « Ozi ozi OZI !! » qui est le nom affectueux de l’Australie. En fait, on aurait pu s’en douter : des anglophones qui supportent la France, il n’y a pas à chercher bien loin. Ils nous ont même avoué supporter la France jusqu’à ce qu’elle élimine les All Blacks, dans le but de nous ratatiner après et de gagner la coupe du monde. Un air de déjà-vu peut-être ?

Le match fini, 47-21, nous retrouvons Sarah, Manu, Sabrina et Antoine et nous reprenons le chemin des cars. Une file d’attente à perte de vue s’allonge à l’entrée du parking. Mais avec une organisation et une logistique bluffantes, nous sommes dans un car en moins d’un quart d’heure d’attente. Nous sommes tombés sur un car rempli de Calédoniens survoltés qui entonnent toutes les comptines qui leur viennent à l’esprit. Nous avons donc eu l’occasion de chanter Pirouette-Cacahuète, Une Sourie Verte, Elle descend de la montagne, ainsi qu’une drôle de chanson dont les paroles revenaient à peu près à :

« Manger Américain pas bon, Manger Américain pas bon
Toujours manger Hamburger, toujours manger hambuger »  
« Manger Italien pas bon, Manger Italien pas bon
Toujours manger pizza, toujours manger pizza»

Etc, à chaque fois le pays changeait et le plat aussi. Le chauffeur avait même fini par en apprendre l’air.

Une fois en ville, nous avons eu la chance d’avoir un bus immédiatement pour Sandringham et nous nous sommes couchés ravis de cette journée, même si nous n’avions plus aucun espoir pour les français contre les All Blacks.

Bonus potin : Comme j’aime bien les potins, je vais vous raconter pourquoi les organisateurs des festivités d’ouvertures de la RWC se sont fait tirer les oreilles. Premièrement, et nous l’avons bien ressenti, les organisateurs ont été dépassés par le nombre de spectateurs présents sur Quay Street, 100 000 au lieu des 60 000 prévus. Les rues étaient dangereusement surpeuplées et si un mouvement de foule avait eu lieu, ça aurait été un massacre. Enfin ça ce n’est pas le plus grave puisque tout s’est bien passé.

Le meilleur, c’est qu’ils avaient conseillé aux gens munis de billets de se rendre au Eden Park en train depuis Britomart, la gare centrale d’Auckland. Or, là aussi, ils ont été dépassés par le nombre d’usagers. Evidemment, les trains étaient surchargés, évidemment certains passagers ont fait un malaise et évidemment…quelqu’un a tiré le signal d’alarme !! Jackpot ! Tous les trains se sont donc immédiatement arrêtés sur les voies et tous ces petzouilles ont raté le début du match, pour ceux qui ont réussi à voir le match tout court. Je ne précise même pas qu’un billet pour le match d’ouverture et la cérémonie valaient dans les 400$NZ. Le meilleur c’est qu’il parait qu’il y avait eu exactement le même problème lors du concert d’un mec connu au Eden Park et que les organisateurs avaient promis : plus jamais ça.
Voila pour le bonus potin.

1 commentaire:

  1. Bien !
    J'ai du mal à comprendre, ils acceptent les packs de bière au stade mais pas les bouteilles d'eau ????
    Va comprendre çà !
    A+

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