dimanche 11 septembre 2011

Crouch, Touch, Pause...ENGAGE !!!


Vendredi 9 septembre

En ce vendredi 9 septembre 2011, les 5 millions de néozélandais et leur 60 millions de moutons n’ont rien à faire de la commémoration du 11 septembre 2001. Aujourd’hui, c’est le lancement de la Rugby World Cup 2011 (RWC11 pour les intimes et les fainéants).  Pour l’occasion, les kiwis, qui ne glandent déjà rien de manière habituelle, ont l’autorisation de quitter le travail à 15h00 afin de ne rien manquer des festivités. 

De manière approximative, la ville d’Auckland a prévu de nombreux spectacles pour la journée :
15h00 : ouverture du Cloud (on y reviendra)
16h00 : arrivée de 600 guerriers maoris en bateau de guerre traditionnel (waka)
16h15 : Haka géant par les 600 guerriers susnommés
16h30 : Procession des guerriers à travers Auckland
17h00 : Concert du Johnny Halliday kiwi du nom de Dave Dobbyn au Cloud
18h00 : Concert des Finn Brothers au Cloud
19h30 : Cérémonie d’ouverture au Eden Park
19h45 : Feux d’artifice sur la baie d’Auckland
20h00 : Coup d’envoi du premier match de la RWC : NewZealand – Tonga au Eden Park

Comme vous pouvez le constater, la plupart des trucs chouettes se déroulent au Cloud. Kesako ? C’est un bâtiment construit sur le Queen’s Warf, un des quais de Auckland et qui est prévu pour …12.000 personnes. Si on compte les 100.000 touristes venus juste pour l’occasion et les 1,3 millions de Aucklandais, je vous laisse faire le calcul. « Arrivez bien en avance ! » qu’on nous avait dit ! 
Le bâtiment avec un clocher, c'est le début de la queue
 Sarah, Manu et 2 autres français fraichement débarqués étaient donc dans le début de la file à midi et demi, sous un soleil de plomb comme seuls la Nouvelle-Zélande et son trou dans la couche d’ozone en sont capables. Moi, beaucoup moins motivée, je suis arrivée à 14h pour découvrir une file d’attente d’environ 1km qui s’étendait depuis le débarcadère des ferrys jusque de l’autre côté du port industriel, là où se trouve la plaque du Rainbow Warrior. 
Là ,c'est la fin, on voit le clocher au bout.
 Après une longue hésitation et une glace à la menthe, je me résigne à me mettre dans la file et attendre Christophe. Je me retrouve entourée d’une dizaine d’étudiantes venant de Syrie, d’Afrique du Sud, du Japon, d’Albanie et d’Argentine et nous commençons à discuter dans notre seule langue commune : l’anglais approximatif. 

A 15h00, les portes du Cloud s’ouvrent enfin et la file commence à avancer doucement. Vers 15h30, nous avons parcouru la moitié du chemin et Christophe vient de me rejoindre. A 16h, alors que la file semble avancer de plus en plus vite, un officier passe et annonce que le Cloud est plein, ce n’est plus la peine de faire la queue. Avec tout ça, nous avons complètement raté l’arrivée des wakas et nous sommes assez loin des écrans géants. 

Nous finissons par réussir à nous rapprocher de l’un des écrans pour voir la retransmission de Dave Bidule qui commence son concert. Premièrement, nous n’avons rien à faire du concert, deuxièmement, il n’y a pas le son et enfin, l’écran est orienté à l’est donc nous avons le soleil en face. 

Nous ne pouvons rien voir avec la foule, mais il y a des jeunes kiwis qui font un haka près de notre grand écran. Du coup, le son de notre écran a été coupé pour qu’on puisse entendre le haka. Résultat : nous pouvons voir le concert mais sans le son, et entendre un haka sans le voir. Il y a une foule compacte qui nous bouscule et il est impossible de s’arrêter, il nous faut suivre les mouvements de foule. De temps à autre, le son du concert revient, entre deux haka que nous ne voyons toujours pas.

Au bout d’un moment, l’écran cesse de diffuser le concert et montre les images de la procession de guerriers (kaihoe en maori). Il n’y a toujours pas de son mais je reconnais sur le fond de l’image les bâtiments qui sont tout autour de nous. En fait, la procession était en train de passer devant nous, mais avec la foule, on ne voyait rien. Finalement, on arrive un peu à se rapprocher pour voir passer le haut de quelques pagaies et des plumes de coiffes traditionnelles. Christophe mitraille au hasard avec son reflex, on regardera les photos pour savoir ce qu'il s'est passé.

Lorsque le défilé est passé, le concert reprend et nous n’avons plus grand-chose à faire. Notre principal souci est maintenant de trouver un endroit pour voir le feu d’artifice et la cérémonie d’ouverture. Nous pensons un moment monter au Mont Eden pour prendre de la hauteur mais il n’y aura pas d’écran pour voir la cérémonie au Eden Park. Finalement, un peu fatigués d’être bousculés et d’avoir raté les wakas, les hakas et les kaihoes, nous déambulons sans trop de but mais avec l’objectif de s’éloigner de la foule.

Nous nous éloignons du bord de mer et après avoir fait un tour de pâté de building, nous nous retrouvons sur le Princes Warf, le quai parallèle au Queen’s Warf où se trouve le Cloud.  Il n’y a pratiquement personne comparé à Quay Street et nous nous baladons le long du quai pour admirer le soleil qui commence à se coucher. Alors que nous faisons demi-tour, j’avise un groupe de français qui s’est assis au bord du quai, les pieds dans le vide et je me rend-compte que depuis ce quai, on voit parfaitement les deux écrans géants du Cloud, sur l’autre quai. Nous nous faisons une place et nous réalisons alors qu’on a aussi une vue imprenable sur toute la baie d’Auckland d’un côté et sur la ville de l’autre. 
L'inaccessible Cloud


Nous passons 1h30  à attendre, presque confortablement assis, en discutant un peu avec les autres français. Comme le soleil se couche, la température tombe rapidement et nous sortons avec bonheur les manteaux de ski que nous avons baladé durement toute l’après-midi. Comme, je ne vais nulle part sans à manger, à boire et un manteaux, nous en profitons aussi pour manger les croque-monsieur que j’avais préparé avant de partir. Sur fond de coucher de soleil, c’est le paradis. Ma voisine française, n’ayant pas fait preuve d’autant de prévoyance, se pèle les fesses et le reste. Il faut dire que la température est passée de 20°C à 7°C, je ne boude pas mon manteaux. Prise de pitié, je lui prête mes gants et mon bonnet en attendant la cérémonie.

Enfin, à 19h30, la nuit est complètement tombée et la fête commence. De notre position, nous voyons une partie des écrans, ça à l’air d’être vraiment bien au Eden Park. 

Mais le clou du spectacle, c’est le feu d’artifice. J’avoue qu’avec ma condescendance habituelle de française, j’avais un peu peur que « l’extraordinaire firework » annoncé soit à l’échelle de la Nouvelle-Zélande donc un peu ridicule. En fait, nous sommes tous restés scotchés à notre morceau de quai. Le feu était tiré simultanément de 4 barges sur la baie et de tous les plus hauts toits du CBD, ainsi, évidemment que de la SkyTower.  La SkyTower changeait entièrement de couleur selon les thèmes du feu d’artifice, en même temps que des dizaines de spots sur les toits faisaient un spectacle de lumière sur les rideaux d’eau d’un bateau-pompe au milieu de la baie, et même le port industriel participait avec les éclairages des ponts de levage et des porte-conteneurs. 


Pendant 12 minutes, nous sommes restés bouche-bée en criant de grands « AAAAAH » et « OOOOH » à chaque fois que le feu d’artifice redoublait de splendeur. La seule difficulté a été de voir tout le feu d’artifice puisque les barges étaient à notre gauche et la ville était à notre droite. Nous ne savions plus où donner de la tête et des yeux. Enfin, alors que nous avions ratés tous les wakas, un immense bateau de guerre est passé juste sous nos yeux, mené par 50 maoris. A la fin du feu d’artifice, la ville entière a explosé en applaudissements et en hurlements de joie, nous les premiers.

Des étoiles plein les yeux nous avons quitté le Princes Warf dans le but de rentrer à la maison voir le match à la télé. Aucun bus ne circulant vers chez nous (toutes les routes pour Eden Park étaient coupées), nous avions environ une heure de marche pour rentrer. Ne voulant pas partir sans prendre de précautions, j’insiste pour passer à des toilettes publiques. Les plus proches sont sur le Viaduc, un quai très huppé d’Auckland, perpendiculaire au Princes Warf. Alors que nous approchons le Viaduc, nous constatons qu’un écran géant s’y trouve et diffuse le match. Nous arrivons pile au moment du lancement, pour entendre les hymnes tonga et néozélandais, repris en cœur par les spectateurs autour de nous. Ensuite, c’est le meilleur moment d’un tel match : chaque équipe fait un haka devant l’autre. Impressionnant ! 

Pour votre culturation, voici les drapeau de la Nouvelle-Zélande et de Tonga
 Finalement, après être passés aux toilettes, nous sommes happés par le match et nous restons à le regarder jusqu’au bout. Nous sommes bien-sûr supporters de la NZ et nous ne sommes pas déçus par notre équipe d’adoptions : les essais s’enchainent à toute vitesse et les All Blacks sont presque élégants pour des rugbymen. Il faut reconnaître que l’équipe de Tonga s’est bien défendu malgré tout. A la deuxième mi-temps, elle a réussi à amener le ballon jusqu’à 5 mètres de la ligne d’embut des All Blacks et, au prix de 5 minutes et d’une dizaine de mêlées, a réussi à marquer un laborieux mais satisfaisant essai.

Lorsque le match se termine, il est temps de rentrer. Demain, le premier match des bleus nous attend. Nous avons des places pour France-Japon au North Harbour Stadium d’Albany, et à ce moment-là, notre victoire ne fait aucun doute, du moins contre le Japon. Par contre, pour le match France-NZ du 24 septembre, nous nous sentons un peu moins en confiance.

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