Aujourd'hui, c'est l'effervescence dans la communauté française d'Auckland : à peine 10 jours avant le lancement de la coupe du monde de rugby, les joueurs de l'équipe de France posent le pied en Nouvelle-Zélande (Aotearoa en maori).
Leur arrivée est prévue vers 13h et Auckland Accueil, l'association française, a même affrété des bus pour tous les français qui désireraient de rendre à l'aéroport. Christophe bosse mais j'ai décidé d'aller les voir avec Manu et Sarah. Vu qu'ils habitent en ce moment dans le sud d'Auckland, sur le chemin de l'aéroport, j'ai décidé de prendre ma voiture et de passer les chercher pour qu'on y aille ensemble, sans avoir à remonter dans le CBD pour prendre le bus.
Manu étant joueur de rugby à Perpignan, il a tout l'attirail du supporter catalan, dont un immense drapeau de la région. Moi, j'ai mon béret-raté-bonnet tricolore et une écharpe assortie, nous sommes parés.
Nous arrivons à l'aéroport vers midi et demi et nous sommes un peu surpris de n'y trouver personne. Deux personnes avec des petits drapeaux nous indiquent alors l'espace spécial VIP pour l'arrivée des équipes, et là nous retrouvons environ 300 français peinturlurés et indisciplinés. On se sent tout de suite chez nous. Nous retrouvons Nelly, une française survoltée qui courre partout coiffée d'une perruque bleu-blanc-rouge.
Commence alors une loooongue attente à piétiner sur place. S'il y a bien une chose à ne pas faire avec un troupeau de français, c'est bien de les laisser attendre sans surveillance et sans les occuper. Un brave jeune homme de l'organisation tente bien de meubler le temps en parlant sur scène mais la stratégie ne marche qu'un temps. Des haut-parleurs diffusent de la musique de fanfare en fond sonore quand soudain, un morceau se trouve être l'air de la célèbre chanson "Un petit ricard dans un verre à ballon". Chanson bien connue des adèptes des férias et qui permet à la foule ennuyée, menée par des basques encore plus indisciplinés, de se lancer dans un paquito endiablé.
| Un paquito |
Les journalistes kiwis en reste bouche-bée et j'en entends un commenter "les anglais, hier, ils n'ont pas fait ça". Précisons ici que les français sont la deuxième équipe à atterrir après les anglais.
Lorsqu'après déjà 1h30 d'attente, l'organisateur annonce encore 30 minutes de retard, le public est prêt à démonter la scène. Des danseuses et un orchestre tahitiens font alors une démonstration de danse, toujours aussi appréciée du public masculin. Nos voisins basques font d'ailleurs des commentaires assez peu élégants mais on ne peut pas trop en demander à des provinciaux.
Après 2 heures interminables d'attente, les portes s'ouvrent enfin et laissent apparaitre une cinquantaine de grands gaillards tout de bleu vêtus. Il faut bien le dire, ils ont l'air complétement paumés et n'ont pas l'air de comprendre pourquoi 300 personnes hurlent devant la scène en agitant des petits drapeaux.
Le maire d'Auckland fait son apparition et tente quelques mots de français avant de faire un sympathique discours de bienvenu. Les bleus n'ont pas l'air de comprendre un traitre mot d'anglais et regardent autour d'eux avec des yeux vides. Des jeunes kiwis montent alors sur scène pour chanter un chant maori de bienvenu puis faire le fameux haka. A peine ont-ils fini leur chant que les 300 barbares spectateurs contrent avec une Marseillaise retentissante. Les bleus réagissent un poil à la marseillaise mais l'encéphalogramme semble toujours plat.
| Len Brown, Maire d'Auckland |
Enfin, l'entraineur de notre équipe national prend la parole (en français) pour balbutier quelques mots de remerciement pour les jeunes kiwis et l'accueil qu'ils ont reçu, et fini par un aimable "Nous sommes venus pour gagner". Pendant ce temps, un traducteur officiel essaye de placer sa traduction à la fin de chacune des phrases de l'entraineur puis abandonne en attendant la fin du discours pour en faire un rapide résumé en anglais.
| "Euh..merci..euh...on va gagner..euh..merci..." |
Après cela, les joueurs et leurs accompagnateurs signent quelques autographes et montent dans leur car pour leur hôtel. Un français à côté de moi lance avec un parfait accent de râleur "pfff, c'était bien la peine de les attendre si longtemps, ils ne font même pas un sourire". Douce France.
La foule se disperse rapidement alors que des danseurs kiwis font une démonstration de danse maorie qui ne semble intéresser personne.
| Maxime Mermoz, le seul à avoir signé des autographes de bon coeur |
De notre côté, Manu prend juste à temps son avion pour Brisbane et Sarah et moi allons faire les boutiques d'usine de Onehunga. Nous irons voir les français s'entrainer jeudi lors de la séance ouverte au public. Espérons qu'ils se soient bien reposés d'ici-là.
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