jeudi 22 septembre 2011

Entrainement des bleus à Takapuna


Mardi 13 septembre

Aujourd’hui, les bleus s’entrainent au terrain de Takapuna et la séance est ouverte aux badauds. Pour l’occasion, Auckland nous sert sa spécialité : les showers. Ce sont des averses qui ne durent que quelques minutes et qui sont généralement séparées par d’assez longues périodes ensoleillées. Mais aujourd’hui, nous avons aussi la deuxième spécialité d’Auckland : les southwesterlies ! Ce sont des bourrasques de vent à en décorner les bœufs et, associées aux showers, le résultat est un temps typiquement Aucklandais : des showers séparées par de très fugaces rayons de soleil.

L’avantage d’un temps typique, c’est que les locaux y sont parés. Lorsque nous arrivons (à demi-motivés) au terrain, les organisateurs ont les bras chargés de poncho et de petits drapeaux français en carton. Autant dire que les drapeaux n’ont pas tenu deux minutes mais les ponchos ont été agréablement accueillis. Il n’y avait plus qu’à attendre le bon vouloir des bleus, qui n’avaient toujours pas quitté leur hôtel alors que nous pestions sur nos bancs.

Je dois dire que la séance n’a pas eu un grand intérêt, je ne connaissais aucun des joueurs malgré les tentatives de Manu de me raconter leurs vies en long, en large, et en travers. Entre deux averses, Sarah, Sabrina et moi échangeons les derniers potins et discutons de tout et de rien pendant que Antoine mitraille les joueurs avec son reflex et que Manu, qui s’est trouvé un autre Perpignanais, discute rugby avec animation.

A un moment, un homme en costume me tape sur l’épaule. C’est le journaliste de TF1, il va faire un reportage et il voudrait que je me mette derrière lui avec mon drapeau (toujours le plus beau drapeau du monde) pour décorer. Je convaincs Sarah de venir avec moi et nous retrouvons une famille de français toute peinturlurée qui servira aussi de « fond d’écran ». 

En fait, ce n’est pas aussi simple que je l’espérais. Le journaliste, en criant pour couvrir les bourrasques de vent, nous explique qu’il va dire « Les français sont tous là blablabla pour supporter les bleus », qu’on devra se retourner vers la caméra, puis qu’il ajoutera « blablabla supporter » et qu’on devra alors crier « On va gagner ! ». Mes collègues figurants et moi-même nous regardons le regard vide : il a dit quoi ? 

Le premier essai n’est pas concluant, nous ne l’avons pas entendu parler donc la moitié s’est retournée trop tôt et l’autre trop tard. On recommence.

La deuxième est un peu mieux mais nous n’étions toujours pas assez coordonnés. On recommence.

La troisième ne va pas non plus, nous n’étions pas assez enjoués, pas assez convaincants. La perchiste propose une variation et le cameraman une autre mais devant nos regards encore plus vides, ils renoncent « bon, on refait la même, mais plus motivés ! ». Là, une shower nous tombe dessus et nous piétine de toutes ses forces.

La quatrième n’est pas vraiment mieux mais de toute façon aucun d’entre nous n’a envie de continuer à faire le pitre devant la camera et encore moins la spontanéité et la motivation dans la voix quand il cri « On va gagner !». Le journaliste laisse tomber et nous rejoignons les autres qui semblent s’être bien moqués de nous.

Enfin, les bleus, que nous n’avons pratiquement pas regardés de la séance, se prêtent au jeu des photos et des autographes. Antoine s’est faufilé jusqu’à la barrière et alpague tous les joueurs pour faire des photos. Moi je n’ai réussi à en avoir qu’un : on m’a dit qu’il s’appelait Marc Lièvremont et c’est le sélectionneur. 
Marc Lièvremont et le plus beau drapeau du monde.

Et voici le gribouillage de Dimitri Yachvili, un beau brun vachement bien foutu ^^. Maintenant mon drapeau est le plus beau du monde et il vaut de l’or. Enfin, surtout si on gagne.
Dimitri Yachvili, qu'il est beau.


Après avoir passé plus de 2 heures sous les averses et dans le vent incessant, nous sommes gelés jusqu’aux os. Nous rentrons à la maison exténués. Aujourd’hui, j’ai gagné un autographe, une photo et une pneumonie. 

Message spécial à un certain Peter Bills, pseudo-journaliste : GO HOME, YOU ENGLISH BASTARD ! 

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