Dimanche 18 juillet
Je viens de réaliser qu’une légère ellipse temporelle s’est glissée dans mon précédent récit : ce n’est pas le lendemain du bal que nous nous sommes levés à 8h mais le dimanche, soit, le surlendemain. Il n’empêche que ça fait quand même tôt pour un dimanche, même quand on se lève à 11h30 toute la semaine.
Bref, aujourd’hui le monsieur de la météo a dit qu’il allait faire beau, et comme c’est la première fois depuis 10 jours, ça se fête. Aujourd’hui, Christophe ne passera pas sa journée en pijama sur le canapé à user une montagne de piles pour sa manette de Xbox. Aujourd’hui, nous allons à Karekare !
Dès 9h, nous sommes donc dans la voiture, la bouteille d’eau dans mon sac à dos, et la piquenique dans celui de Christophe. D’après Google Maps, il y a 50km d’ici Karekare. Je compte donc une heure en prévoyant large.
Une heure et quart, une pause-pipi, trois demi-tours et de nombreuses insultes envers les panneaux plus qu’approximatifs néozélandais plus tard, nous sommes à Karekare ! Admirez le panorama depuis le parking ! Pour un peu, on resterait dans la voiture. La colline que l’on voit s’appelle Zion Hill (231m) et c’est la première partie de la rando que j’ai concoctée hier, pendant que Christophe se resservait une troisième fois du cheddar.
C’est parti pour une boucle de 8km à travers le bush, la fôret tropical, les marais et enfin, le retour par la plage de Karekare, celle-là même où à été tournée « La leçon de piano ». Si vous ne vous êtes pas endormi devant le film, vous reconnaîtrez peut-être la plage sur les photos.
La première demi-heure se passe plutôt bien même si on en prend plein les jambes. Les néozélandais ne font pas dans la demi-mesure alors quand ils ont décidé de tracer un chemin qui mène jusqu’en haut de la colline, ils l’ont tracé tout droit. Ils ont quand même planté un ou deux bancs avec vue sur la crique de Karekare. « Aqueu c’est beau ! » comme dirait Jonnhy.
| Baie de Karekare |
Ensuite, ça devient Fear Factor. D’abord je commence par une crise d’hypoglycémie sortie d’on-ne-sait-où et je me retrouve à ne plus pouvoir faire un pas. Rassurez-vous, comme dans la pub : un mars et ça repart, sauf que j’ai remplacé le mars par une barre de céréales mais je suis repartie quand même. Et voilà qu’à peine avons-nous fait deux cents mètres que le terrain devient étrangement humide, puis mouillé puis carrément boueux.
Nous suivons les traces de gens passés avant nous et nous repérons dans les longues trainées de boue les marques de glissades peu ou pas contrôlée. Christophe est derrière moi et s’inquiète « Glisse pas poussin hein ! »…..Swiiiiiiip… « AAAAaaaaHHhhh » …. Splouich ! Christophe s’étale de tout son long dans la boue. Heureusement, il tombe du côté gauche et épargne son reflex. Je prends bien le temps de sécuriser ma position en enfonçant les crampons dans les fougères voisines avant de prendre une photo de mon pauvre lapin tout crotté.
| Bain de boue gratuit |
Bientôt, nous quittons le bush et son chemin boueux pour la forêt et son chemin toujours boueux, voire pire. Christophe ne fait plus aucun effort pour éviter la boue et fait de gros « Smoutch-Smoutch » à chaque pas. J’essaye encore un peu de lutter contre les éléments avant de m’enfoncer jusqu’à la cheville dans une flaque particulièrement vicieuse et manque d’y laisser ma chaussure. Finalement, c’est assez rigolo de marcher dans la boue et faire des glissades, ça rappelle la jeunesse.
Mais bientôt, on ne fait plus les malins. On est arrivé en haut de la colline et quand on ne peut plus monter, il faut descendre, toujours dans la boue. Des arbres providentiels semblent disposés exprès pour rattraper les glisseurs et il nous arrive plusieurs fois de nous suspendre à une branche avant d’oser poser les pieds pour le pas suivant. Je suis particulièrement fière de mon sens de l’équilibre jusqu’à ce que la gravité impose de nouveau sa loi et je me retrouve à mon tour à quatre-pattes dans la boue.
Enfin, nous arrivons à un charmant petit ruisseau que nous franchissons à gué en profitant pour rincer un peu nos chaussures. Admirez un peu mon jean et mes chaussures ! Heureusement qu’elles sont déjà beiges d’origine. Quant à nettoyer les chaussures, autant pisser dans un violon, comme dit le proverbe, puisque le chemin repart du ruisseau toujours aussi boueux voire plus.
Enfin, après une heure descente à pas prudents à travers la forêt, nous nous retrouvons de l’autre côté de la colline Zion et nous retrouvons le bush. Encore 10 minutes de marche et nous sommes tout en bas. Le terrain s’est transformé en marécage et le chemin est maintenant constitué d’un ponton de bois qui affleure à peine de l’eau, quand il affleure.
| Le ponton un poil trop court |
D’ailleurs, à la fin du ponton, les constructeurs ont dû voir un peu court et le ponton n’affleure plus du tout du tout. Nous rangeons précautionneusement nos appareils photos et nous franchissons les flots, tels Moises et la mer Rouge. Qu’est ce que je suis cultivée.
| I beleive I can fly...plouf |
Après les marais viennent les dunes, et comme le sable blanc c’est trop surfait pour la Nouvelle-Zélande, le sable est noir et il brille. En haut de la dune, nous avisons un couple de canard assez volubile et comme il est presque 13h, ça nous donne faim. Nous étendons notre cape de pluie sur le sable et nous préparons nos sandwichs. Je sors mon Laguiole pour nous couper du fromage et il faut bien constater que la Nouvelle-Zélande a encore frappé : il est tout rouillé. Ca nous fera donc des sandwichs jambon-tétanos. Un bon coup de vent plus tard, et nous voilà avec des sandwichs jambon-tétanos-sable noir. Vive la nature.
| Double cheese burger supplément sable |
Après un sandwich bien étouffant, nous repartons en direction de la plage pour voir la mer de Tasmanie et ses énormes rouleaux. Nous comptons tracer tout droit à travers les dunes mais c’est sans compter sur les marécages qui nous encerclent toujours. Nous suivons donc ce qui semble être une vieille piste de quad en se sentant rassurés lorsque nous trouvons des traces de pas qui vont dans la même direction. « Au moins d’autres gens sont passés par là, on n’est pas perdus ». « Sauf si on retrouve leurs corps desséchés dans 5 minutes ». Beuuuh.
Enfin nous atteignons la plage ! En plus d’être célèbre pour un film qu’aucun kiwi n’a jamais vu, c’est aussi un des meilleurs spots de surf de la côte ouest, et pour cause : les rouleaux sont gigantesques et la mer fait un vacarme assourdissant. Les courants marins sont aussi très forts et il est interdit de se baigner en dehors des drapeaux et sous la surveillance d’un sauveteur.
Le spectacle est assez extraordinaire : la plage est immense, entièrement bordée par des falaises, et avec le soleil, une brume sort de la mer et plonge le panorama dans un flou irréel. Qu’est ce que je cause bien ! C’est le moment d’ôter ses chaussures aussi trempées à l’intérieur qu’à l’extérieur et laisser le sable noir brulant et l’eau salé chouchouter mes ampoules sanguinolentes.
| La plage de La leçon de piano |
![]() |
| Si si, c'est la même on vous dit ! |
Il nous faut encore une bonne demi-heure de marche pour rejoindre la plage principale de Karekare ou nous retrouvons un bon nombre de promeneurs. Il est 14h30, nous en avons plein les pattes : « on fait la balade jusqu’à la cascade ? » « Bof, la flemme » « Ouais, pareil ». Nous retournons au parking pour retrouver notre voiture presque complètement bloquée par un crétin garé en travers. On ne peut pas dire que notre break soit conçu pour les manœuvres et il faut bien 10 minutes de tortillage et d’insultes qui font bien rire d’autres touristes français pour sortir la voiture.
Nous rentrons sur Auckland en beaucoup moins de temps qu’il en a fallu pour venir et nous nous déshabillons sur le pas de la porte avant d’aller se laver les pieds dans la douche. Les chaussures et les jeans sont couverts de boue, ça va demander un sacré travail de les nettoyer. Au vu de l’état de mes chaussures de rando, je pense qu’elles ont rendu leur dernier souffle après 7 années de bons et loyaux services, paix à leurs âmes.
Ainsi s’achève notre escapade dominicale. Nous sommes assez émerveillés de voir les décors que la Nouvelle-Zélande peut offrir à tout juste une heure de voiture d’Auckland. Encore une sortie à mettre sur la liste lorsque les parents viendront nous voir, en espérant quand même que le chemin aura un peu séché d’ici-là.

Tout simplement superbe et....folklo !!!
RépondreSupprimerQuelle température en ce moment ?
Coucou chère admiratrice ! :)
RépondreSupprimerCe soir, il fait 9°c dehors et 7° dedans mais dimanche dans la journée, il faisait bien 20°C, c'était très agréable.
On a quand même hâte de voir l'été arriver !
Quoi, c'est pas les chaussures de rando de liverpool ??
RépondreSupprimerJe suis assez triste là ...
Pfiou Anne ! Heureusement que je n'avais pas les petites chaussures de marche, je serais rentrée pied-nus avec toute cette boue.
RépondreSupprimerQuand est-ce que tu prends un voilier pour venir nous voir ? Y a plein de place de stationnement dans la baie.