Vendredi 15 juillet
Ce soir, c’est le bal de notre fête nationale! Pour le 14, Auckland avait changé l’éclairage de la Sky Tower en Bleu-Blanc-Rouge. Ils sont gentils les kiwis mais ce n'est pas ça qui va nous empêcher de leur mettre la pâté pour la RWC. Le bal est organisé par Auckland Accueil, une association française, dans une salle des fêtes de Freemans Bay.
Comme les bus sont un peu capricieux, surtout la nuit, nous avons décidé d’y aller en voiture et puis quitte à ne pas pouvoir boire, autant en faire profiter les autres : nous sommes passés chercher Nelly, une amie française très bavarde, chez elle.
Bien évidemment, un bal, ça se prépare et, pour une fois, je n’étais pas trop stressée pour ma tenue. On ne change pas une équipe qui gagne donc j’avais décidé de remettre la même robe, faire la même coiffure et porter les mêmes chaussures que pour le BECA ball et voilà. C’est seulement 15 minutes avant de partir, voyant Christophe toujours dans son jean troué et son blouson de ski, que je lui demande si il compte se changer.
- « Me changer ? Pourquoi ? »
- « Je ne sais pas, peut-être pour être élégant au bal »
- « On n’est pas élégant pour un bal du 14 juillet, c’est un truc pour finir rond comme une queue de pelle et rouler sous les tables, tout le monde sera en jean. »
- « Me changer ? Pourquoi ? »
- « Je ne sais pas, peut-être pour être élégant au bal »
- « On n’est pas élégant pour un bal du 14 juillet, c’est un truc pour finir rond comme une queue de pelle et rouler sous les tables, tout le monde sera en jean. »
Là, un doute affreux m’assaille : et si il avait raison, si j’étais la seule à y aller en robe de soirée, j’aurais l’air ridicule, mais c’est terrible ! Voilà à peu près la chaine de pensées qui a traversé mon esprit à ce moment là. Vite ! Je saute sur mon pc où je vois Nelly connectée !
- « Nellyyyyyyyy ! Tu vas porter quoi ce soir ? Christophe compte y aller en jean ! »
- « Euh, moi aussi je suis en jean. »
- « Nellyyyyyyyy ! Tu vas porter quoi ce soir ? Christophe compte y aller en jean ! »
- « Euh, moi aussi je suis en jean. »
AAAAAaaaaaaaaaah ! Panique à bord, il faut tout reconsidérer ! Faut que je trouve quelque chose de casual pour ne pas avoir l’air déguisée, mais suffisamment élégant pour me différencier de la populace tout de même. Finalement, j’opte pour une robe-pull rouge, une ceinture large et des escarpins noirs, c’est classe mais pas trop. Cette fois, c’est Christophe qui n’est pas content parce qu’il se trouve trop pouilleux comparé à ma tenue (moi être contente). Du coup, effort suprême, il troc son jean troué contre un jean intact, épatant.
Finalement, à 19h nous récupérons Nelly devant chez elle, à 19h20 nous sommes perdus dans Auckland et à 19h30 nous sommes dans la place ! Par contre, nous n’avons pas de liquide pour payer les consommations. Christophe est désigné volontaire pour trouver un distributeur pendant que nous entrons nous mettre au chaud (c'est l'hiver, rappelons-le).
Dans la salle, il y a facilement 300 personnes, ça fait bizarre d’entendre parler français tout autour de soi. Il faut se rappeler que les gens peuvent nous comprendre et que ce n’est donc pas le moment de lancer des commentaires comme « t’as vu la grosse en mini-jupe ? Il y a vraiment des gens qui n’ont pas de goûts ». Si vous vous posez la question : oui c’est typiquement le genre de remarque que je fais, surement un héritage familial (je ne désigne personne).
Lorsque nous arrivons, des musiciens sur scène font une démonstration de percussions. C’est rythmé mais on ne s’entend plus parler. Un peu plus tard, c’est une démonstration de danse tahitienne, et plus aucun mâle dans l’assistance n’a envie de parler, hypnotisé par les mouvements rapides des hanches des danseuses. La fréquence est assez impressionnante et on peut comprendre que les premiers explorateurs de Tahiti n’aient jamais eu envie de rentrer après ça.
Lorsque Christophe nous rejoins, nous allons nous prendre un verre au bar. Comme je n’ai le droit qu’à un seul verre, j’opte pour du côtes-du-rhône, un vrai de vrai avec l’étiquette en français. Christophe et Nelly choisissent une bière 33 Export, les pauvres.
Dans la salle, les tahitiennes ont été relayées par des mamies en panoplie bretonne et font une démonstration de danse sur fond de musique bretonne remixée en techno. C’est tout de suite bien moins hypnotisant.
Enfin, les démonstrations s’arrêtent, on chante rapidement le premier couplet de la Marseillaise et c’est parti pour le bal ! Par contre, notre DJ n’est pas une perle. La majorité de son répertoire est composé de chansons rock américaines et notre fibre patriotique s’en trouve choquée. Comment ? Point de danse des canards ? Et la chenille alors ? Claude François ? Non rien de tout ça. Bon finalement on danse aussi bien sur du « YMCA », du «Twist and Shout » et des Black Eyed Peas.
Alors que la salle est chauffée à blanc, que tous les danseurs sont sur la piste, les organisateurs décident d’annoncer les gagnants d’une tombola dont tout le monde se fout, et la fièvre retombe un peu comme un soufflé. Nous décidons de faire un tour aux étals de nourriture. Le choix est cornélien entre le croque-monsieur, un cassoulet maison, des sandwichs baguette-jambon de pays et des galettes sucrées et salées. Finalement, nous voyons passer une assiette de tartiflette sous notre nez et notre choix est fait.
Malheureusement, c’était la dernière assiette et la prochaine fournée est dans une heure ! Ce n’est que partie remise, nous nous rabattons sur un petit sandwich au jambon cru en attendant.
Il y a pas mal de monde dans la salle et je crois plusieurs fois reconnaitre des silhouettes, avant de regarder de plus près et me rendre compte de mon erreur. A un moment, je pense reconnaitre l’un de nos ancien camarade de classe et plus je regarde, plus il lui ressemble. Du coup je tente le tout pour le tout et me plante devant lui. Plus aucun doute possible, c’est bien Grégoire Gaume, surnommé « RTT » pour de nombreuses raisons. Grégoire nous explique qu’après 7 ans passés à l’EMN sans succès, il est maintenant à Centrale et passe son stage de fin d’étude à Auckland, avec sa copine espagnole. Normal.
Nous le présentons à nos connaissances d’Auckland, ainsi qu’à Ismael, le collègue de mon oncle que nous avons retrouvé à Auckland. Le monde est vraiment minuscule.
Après tant d’émotions, nous retournons danser sur le rythme des « Démons de Minuit » et de « Cotton Eyes Joe », en faisant tout de même une petite pause pour la tartiflette qui est enfin prête. Nous faisons aussi un tour sur scène pour se prendre en photo à Paris. Remarquez l'écharpe de Christophe, c'est moi qui l'ai tricotée. Il faut dire que j'ai temps d'apprendre le tricot en attendant de trouver un job. Par contre, va falloir trouver un moyen pour empêcher le point jersey de rouler, c'est pas pratique.
A minuit, la fête se termine déjà et nous rentrons à la maison, tels des Cendrillons en Subaru Legacy. Nelly veut absolument que je la dépose n’importe où sur Dominion Road en disant qu’elle ne veut pas nous déranger et qu’elle peut tout à fait faire les 3km jusqu’à chez elle à pieds. Heureusement, elle est tellement pipelette que j’arrive à détourner son attention jusqu’à ce qu’on soit arrivés chez elle.
Deux minutes plus tard, nous sommes à la maison et nous sautons dans nos pijamas en ayant réglé le réveil pour 8h le lendemain.
Que va-t-il nous arriver le lendemain ? Pourquoi se lèvent-ils si tôt un dimanche ? Pourquoi est-ce que Barbara dort dans un pijama intégral en flanelle bleu layette avec des petits moutons de toutes les couleurs qui font « Bââââââah » ?
La réponse dans notre prochain article. Bon pour le pijama, c’est parce qu’il fait froid et qu’on a encore rien inventé de plus fantastique que la flanelle pour dormir au chaud.
Elle est où la photo de Barbara en pyjama bleu ????
RépondreSupprimerSinon, ne changez rien, vous êtes au TOP et on se régale toujours autant! Merci...