Dimanche 22 mai
Aujourd’hui, comme pour se faire pardonner de ses dernières nuits glaciales, la météo nous a prévu une journée magnifique comme on en fait peu à Auckland. Nous allons donc passer la journée sur l’île volcanique de Rangitoto, dans la baie d’Auckland.
Les transports en commun ne sont pas foule le weekend, il y a un bus par heure et seulement deux ferrys desservent Rangitoto dans la journée. Nous avons donc prévu de prendre le bus de 9h45 puis le ferry de 10h30 en ville.
Nous nous réveillons difficilement à 9h00, nous petit-déjeunons au soleil sur la terrasse et à 9h30, lorsque nous jetons un coup d’œil endormi à l’heure, nous sommes toujours en pijama. Un rapide empaquetage du pique-nique et un sprint plus tard, nous sommes dans le bus pour le port.
Nous avons encore 30 minutes avant le départ du ferry alors nous passons rapidement à Katmandu, un magasin d’équipement de rando et de camping. La moindre veste est à 500$ et les polaires à 300$. Ici, il n’y a pas de Décathlon, Go Sport ou Intersport pour acheter du matériel pas cher. Il n’y a que des grandes marques et le prix va avec. Il faudra faire le plein de parka, polaire, chaussure de rando en France.
A 10h30, le ferry bondé quitte Auckland avec tout ses passagers sur la terrasse au soleil. Nous avons le droit à une demi-heure de trajet, le temps que le ferry fasse un tour commenté de la côte autour d’Auckland auquel nous n’avons rien compris.
A 11h00, nous débarquons enfin, avec le vif conseil d’être de retour à 16h pour le ferry, sous peine de passer une nuit très très froide sur l’île. Rangitoto est une île conique de 5,5km de large, avec un cratère haut de 260m. Elle a été formée il y a à peine 600 ans lors d’une violente éruption sous-marine. Il ne devait pas faire bon habiter à Auckland à ce moment là.
L’île était habitée jusqu’à ce qu’elle soit transformée en parc naturel. Aujourd’hui, il reste des petites maisons au confort spartiate (même au standard néozélandais) que l’on peut louer l’été. Par contre, il faut apporter son eau et sa nourriture avec soi puisqu’il n’y a aucun commerce sur l’île.
Nous avons un petit plan de l’île qui indique le sommet à 1 heure de marche. C’est parti !
Au début de notre ascension, un jeune couple nous dépasse, tous deux chaussés de tongs. Je leur jette un regard condescendant en commentant « ces touristes alors ! Faire de la rando en tong, ils ne pensent à rien. »
Le long du chemin, des panneaux expliquent la formation de l’île puis sa colonisation par des plantes puis par des animaux. Ici comme ailleurs, les rongeurs sont une véritable nuisance. Les opossums détruisent la végétation en se goinfrant de jeunes pousses et les souris mangent les œufs des oiseaux protégés de l’île. Enfin bon, les panneaux sont l’occasion de pauses bien accueillies dans notre ascension. Nous n’avons ni chapeau ni lunettes de soleil et il fait très chaud. Heureusement, la plus grande partie du chemin est abritée sous les arbres mais je souffre quand même.
Une heure plus tard de rude effort, nous arrivons trempés au cratère. Il va sans dire que les touristes en tong étaient déjà arrivés et redescendus alors que nous en étions au ¾ de la montée. Enfin, notre effort est récompensé ! Le cratère fait 200m de diamètre et 60m de profondeur. Avec la végétation, c’est moins impressionnant mais ça vaut le coup d’œil. « Woooaaah c’est énoooorme » m’écris-je en essayant de reprendre mon souffle après l’effort. « Ah ! Des français » répond un jeune derrière nous. Hé oui, il y en a partout.
Encore 2 minutes de montée et nous sommes au plus haut du cratère, sur une plateforme d’où nous voyons toute la baie d’Auckland. Le regard porte jusqu’à l’horizon et tout ce qu’on peut voir est magnifique.
Voici l'île de Motutapu, à laquelle on peut accéder à pied de Rangitoto à marée basse. Elle a un petit air d'Irlande.
Devonport avec le North Head et Mont Victoria, et le CBD d'Auckland en arrière plan.Et Mission Bay, une des marina d'Auckland. On dirait que tous les voiliers sont de sortie aujourd'hui.
Après quelques photos, je vais demander au français de tout à l’heure s’il peut nous prendre tous les deux en photo. Il accepte volontiers et nous voilà parti dans la grande discussion habituelle entre des français qui se retrouve à 18000km de chez eux : d’où on vient (en France), qu’est ce qu’on fait là, depuis combien de temps, pour combien de temps, etc. Comme il est tout seul, il nous demande s’il peut se joindre à notre balade et nous voilà reparti à faire le tour du cratère en échangeant nos sensations sur les bizarreries de ce pays.
A la fin du tour, nous nous installons pour pique-niquer. Notre nouvel ami, Karim, a eu une soirée un peu festive et a quitté son auberge les mains dans les poches et un peu précipitamment. Il ne savait pas qu’il n’y avait rien à manger ni à boire sur l’île. Nous partageons nos sandwichs au jambon et notre eau avec l’écervelé. Les sandwichs sont un peu secs : dans notre hâte, nous avons oublié de prendre le couteau pour découper notre bloc de cheddar.
Je vous vois d’ici faire une moue de dégout à l’évocation du cheddar en vous imaginant le bloc blanc sans consistance ni goût que nous connaissons en France. Et bien sachez qu’un cheddar de 18 mois n’a rien de fade, il faut même en couper de petites tranches pour pouvoir le manger. Toujours est-il que nous n’avons pas de couteau donc pas de fromage dans nos sandwichs. Heureusement, il y a aussi des chips et des tomates séchées délicieuses pour aller avec. Karim a beau être de Nice, il a du mal à cacher son dégout devant les tomates fripées baignant dans l’huile. Ca en fait plus pour nous.
Après le pique-nique, nous repartons en direction des « Lava Caves », des grottes naturelles dans la lave refroidie. Dans le guide, ils préconisaient de prendre une torche pour les visiter. C’est donc tout naturellement que nous avons oublié notre torche à la maison. Finalement, nous avons suivi une famille dont les gamins avaient des torches. C’était en fait un long tunnel dans la lave qui nous a fait ressortir de l’autre côté. Christophe n’a pas pu s’empêcher de se relever avant la sortie du tunnel, au grand dam de son dos.
Après les lava caves, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire en cette saison. Il est 14h30, nous décidons de retourner au débarcadère par la « grande route ». La descente est interminable, même en discutant de nos différents voyages et de nos projets.
Voici notre ami Karim sur une coulée de lave.
Arrivés en bas, ma tendinite au genou s’est réveillée et je boite comme une mamie. Nous avons 30 minutes à attendre avant l’arrivée du ferry alors nous nous installons dans l’herbe près de l’eau.
Quand le ferry arrive, les gens se pressent pour monter, anxieux d’être laissés sur l’île pour la nuit. Il faut dire que le ferry n’a pas attendu une seconde après 16h pour repartir. Nous nous installons dans les sièges moelleux du ferry qui fait le retour en 3 fois moins de temps qu’à l’aller.
En débarquant, nous disons au revoir à Karim et nous rentrons prendre notre bus. Comme j’ai était sage, je pense avoir bien mérité mon chocolat préféré au Esquires de Queen Street. Christophe s’étonne que nous payions 10,40$ pour deux chocolats affichés à 4,80$. « C’est parce que il y a eu une petite augmentation des prix ce weekend mais nous n’avons pas encore reçu les nouveaux panneaux des prix », nous explique le vendeur. Déjà 30cts d’augmentation sur un chocolat, ce n’est pas « petit » et normalement, on devrait payer le prix indiqué, panneau à jour ou non. Ca aurait été en France, j’aurais été sure de mon droit et j’aurais récupéré mes 60cts mais en NZ, je ne connais pas la loi. Va falloir que j’investigue là-dessus, je risquerais de perdre mon habitude de faire mes esclandres habituels.
Dans le bus, c’est la même pagaille que d’habitude. Il y a 3 lignes qui desservent notre arrêt en venant du centre-ville. Deux d’entre-elles sont opérées par MetroLink et l’autre par WakaPacific. Or ! Wakapacific est passé au système HOP depuis mi-mai, alors que Link n’y est pas encore! Christophe prenant généralement le bus Link, il a toujours son ancienne carte de bus. Nous n’avons donc pas pu utiliser sa carte pour payer avec la réduction. Enfin bon, le chauffeur étant sympa, il a offert le trajet a Christophe et j’ai payé le mien en cash.
Et voila encore une journée riche en découvertes et en émotions. Le prochain devrait être le weekend prolongé du 6 juin, où nous irons à Taupo Lake à l’occasion de l’anniversaire de la Reine. Happy Birthday !
Superbe! eh bien nous hier et avant-hier nous nous sommes empifrés de cerises et de fraises.
RépondreSupprimerSi vous pouviez zoomer un peu plus, quelquefois on peut agrandir les photos, et d'autres fois non.
Bon j'y vais, je suis toujours au boulot et il est 18h30.
A bientôt
Marie
Des fraises, des cerises, j'en ai oublié le goût depuis le temps !
RépondreSupprimerPour les photos, elles sont bien plus grandes à l'origine mais ça met trop de temps à les charger. On est obligé de les redimensionner quand il y en a beaucoup.
Bisous