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samedi 21 janvier 2012

Deux semaines au sud du sud, suite et fin

Jour 8
Aujourd’hui, nous récupérons de notre randonnée de la mort. Globalement, nous avons préparé des beignets aux pommes avec Bacon (le hollandais, pas le morceau de cochon), nous nous sommes prélassés au bord du lac Hayes, nous avons fait quelques courses et le soir, nous avons préparé un merveilleux plat de lasagne. Une belle journée de vacances.

Jour 9
Aujourd’hui, une longue journée nous attend. Nous avons prévu d’aller à Milford Sound et après avoir longuement soupesé toutes les options, nous avons choisi d’y aller en car avec un tour organisé. L’autre possibilité aurait été de conduire jusqu’à Milford Sound (plus de 3h30 de route), faire la croisière sur le sound puis redescendre à nouveau jusqu’à Te Anau. L’avantage de notre choix c’est qu’on pourra dormir dans le car et, au retour, nous aurons une nuit de plus au chaud chez Antoine et Sabrina.

L’excursion commence d’une manière un peu particulière : il n’y a pas de point de rendez-vous pour le car, c’est celui-ci qui est censé passez cherchez les touristes à leurs divers hôtels en ville. Or, nous ne sommes ni à l’hotêl, ni en ville. Du coup, nous avons donné rendez-vous au car devant un hotêl de Queenstown. Ce que nous ne savions pas, c’est qu’il existait deux hôtels portant ce nom à Queenstown. Bref, au bout d’une bonne heure d’attente, nous avisons le grand car vert et violet de Jucy Aventure et nous voila en route pour Milford Sound !

Nous passons la première moitié du voyage à dormir confortablement, laissant tout les soucis de la conduite au chauffeur. Qu’il est bon d’être passager parfois ! A Te Anau, une petite ville balayée par un vent glacial au bord du lac du même nom, le car fait une pause de 15 minutes pour nous permettre d’acheter des cartes postales puis nous repartons.

Sur la route, le car s’arrête à plusieurs endroits pour nous faire faire de rapides balades à travers les curiosités du chemin et en profite pour donner plein d’explications sur le pays, la région, les animaux et les plantes. Les montagnes à l’approche de Milford Sound sont impressionnantes : extrêmement pentues, les avalanches dévalent régulièrement leurs flans et la route, emportant tout sur leur passage. Quand ce ne sont pas des avalanches de neige, ce sont des avalanches d’arbres : sur la pierre, les arbres poussent grâce à un réseau complexe de racines. Lors de fortes pluies, il arrive d’un arbre se décroche et emporte avec lui tous ses voisins.

Vers 14h30, nous franchissons le fameux Homer Tunnel, un tunnel qui permet de franchir la barre de montagne séparant Milford Sound du reste du monde. Au bout du tunnel, à peine assez large pour que deux voitures se croisent, s’ouvre une vue panoramique sur le Sound. Malheureusement, il s’y trouve aussi un tournant à 90° avant un précipice et il arrive que des touristes, émerveillés par la vue, oublient tout simplement de tourner.

Une demi-heure plus tard, nous avons descendu les 950m d’altitude et nous sommes de nouveau au bord de la mer : le Milford Sound, le mal-nommé. Comme nous l’explique le guide, un Sound est une vallée creusée par une rivière jusqu’à la mer et qui est en forme de V. Milford est une vallée en forme de U creusée par un gigantesque glacier, c’est donc un fjord. On se couchera moins ignorant ce soir.

Pas le temps de trainasser, tout le monde embarque sur le Milford Aventurer pour une croisière jusqu'au bout du fjord. J’ai oublié de préciser qu’il pleut 200 jours par ans à Milford Sound, hé bien aujourd’hui, il fait beau, rien que pour nous !


Le bateau longe lentement les falaises du fjord, fait demi-tour au bout et revient en longeant l’autre côté. Une colonie de phoques fait bronzette sur des pierres au soleil et se laissent approcher et prendre en photo avec bonne volonté.
Des phoques, déguisés en rocher et pas beaucoup plus actifs


Un peu plus loin, une immense cascade se jette depuis la falaise directement dans la mer. « C’est extraordinaire ! C’est magnifique ! il ne manquerait plus qu’on voit les dauphins ! » dis-je émerveillée… juste avant qu’un dauphin ne fasse son apparition un peu plus loin. Malheureusement, il n’a pas suivi le bateau mais le voir sauter joyeusement me suffit amplement.

Un peu moins de 2 heures de croisière plus tard, nous sommes de retour dans le car en direction de Te Anau puis Queenstown. Sur le retour, le chauffeur nous diffuse deux films. Le premier, « Whale Rider » est un beau film Maori sur une gamine qui a pour seule tort d’être une fille et qui se bat malgré tout pour être reconnue à sa juste valeur. Sans vous révéler toute l’histoire, je peux vous dire que le car entier tentait de retenir ses larmes à la fin et reniflait bruyamment.

Le second film, « The World Fastest Indian » est un film kiwi sur Burt Monroe, un papi d’Invercargill dont le rêve de toute une vie a été d’aller essayer sa moto aux USA et battre le record de vitesse. Quand il apprend que son cœur n’en a plus pour longtemps, il décide enfin de tenter sa chance. C’est mignon et drôle et Anthony Hopkins est impressionnant dans le rôle du papi.

A Te Anau, un fish and chips nous est offert en diner puis, vers 21h nous arrivons enfin à Queenstown pour le coucher du soleil. Pour fêter ça, nous allons chez Patagonia avec Antoine, Sabrina, Bacon et un autre français pour dévorer une énorme glace.

Jour 10
Il est temps de quitter nos amis et Queenstown et de reprendre notre périple. Nous prenons la route du sud vers Invercargill mais au moment de quitter Queenstown, nous avisons une jeune autostoppeuse. Elle ne va pas du tout dans la même direction que nous mais elle nous demande de la déposer au croisement des principaux axes routiers…qui s’est avéré être 500m plus loin.

Une heure plus tard, nous prenons deux nouveaux autostoppeurs : deux adolescents d’Invercargill qui ont réussi à se tromper de bus et se sont retrouvés au milieu de nulle part. Une fois à Invercargill, nous réalisons qu’on est encore tombé sur un jour férié et qu’il n’y a rien d’autre à y faire que le plein d'essence. Nous descendons jusqu’à Bluff, la ville la plus au sud du sud mais contrairement à ce que dit le guide, ça n’a pas vraiment de charme.

Comme nous ne sommes pas vraiment en avance sur notre programme (c’est la faute de Sabrina et Antoine qui nous ont retenus chez eux plus que de raison), nous prenons la route des Catlins, la côte du Pacifique, le bout du bout du monde. Finalement il n’y a rien de très intéressant à avoir jusqu’à Curio Bay et sa forêt fossilisée. Bon, ça ne ressemble pas vraiment à une forêt de prime abord mais si on regarde bien, on peut voir la forme des troncs couchés au sol et les anciennes souches changées en pierre.

La forêt fossilisée
Curio Bay a une autre curiosité en réserve : le très rare manchot à œil jaune ! Nous sommes arrivés juste au bon moment, lorsque les manchots rentrent de leur journée de pêche en mer. Ils sortent alors de l’eau et traversent toute la plage de fossile en dandinant jusqu’à leurs nids dans la végétation. Un peu plus loin, un lion de mer fait la  sieste (ils ne font que ça), mais tout le monde n’a d’yeux que pour les manchots.

Comme le soir tombe et que nous sommes au milieu de rien, nous décidons de passer notre première nuit de vrai camping : sans cuisine, sans douche, berk. Enfin, tant qu’il y aura des bières, nous survivrons.

Jour 11
Nous reprenons la route le long de Catlins. Ce morceaux-ci de la route est un peu plus intéressant à voir, il y a Nugget Point, ses lions de mers et ses rochers qui ferait frémir le Costa Concordia (rooooh, si on ne peut plus plaisanter !).
Nugget Point
Un peu plus loin se trouve les Moreaki Boulders, des rochers assez extraordinaires tout ronds posés sur la plage. Ce sont des œufs de dragon, j’en suis certaine, mais un panneau explique que ce sont juste une accumulation de couches de pierres autour d’un cœur cristallin et que ceux qui ont roulé dans la mer seront érodés jusqu’à leur destruction complète. Je suis quand même sure que ce sont des œufs de dragon et le 21 décembre 2012 sera le jour de leur éclosion. Il faudrait que j’arrête de lire Games of Thrones.


Enfin, juste avant Dunedin, nous nous arrêtons pour aller voir le Jack's Blowhole, au bout de la route la plus mal indiquée de la planète. Le Blowhole est un énorme trou dans le sol, au fond duquel on peut voir la mer s'écraser sur les parois rocheuses. Les premières personnes qui sont tombées dessus ont dues avoir une sacrée surprise.
Jack's Blowhole
Vers 14h la route des Catlins s’achève à Dunedin. Nous trouvons un backpacker avant de partir visiter Dunedin, la ville écossaise. En fait, nous avons visité le Subway de Dunedin pour un wrap à l’ananas et au poulet, l’église de Dunedin de 50m², la gare de Dunedin et le magasin de sport de Dunedin. Voila à peu près pour l’intérêt touristique de la ville. C’est malheureux mais avec un pays si jeune, il n’y a rien à voir dans les villes, aucun charme, aucune particularité architecturale, aucune balade piétonne bordée de boutiques et de marchzants de glaces… Par contre, il y a un pub, et comme ça faisait longtemps, nous prenons une bière en écrivant une trentaine de carte postale.

Pour diner, nous avions prévu d’aller à un fameux restaurant japonais de la ville mais il était fermé pour les vacances. Note à tous les touristes : n’allez pas en Nouvelle-Zélande au Nouvel An, tout est fermé.

Jour 12
Après une nuit merveilleuse dans un vrai lit, avec de vrais murs, une vraie couette et même des oreillers, nous reprenons la route vers le nord. Ce soir, nous devons être au pied du Mont Cook et il y a du chemin.

A part quelques lacs d’un bleu surnaturel, il n’y a pas grand-chose à voir en route et nous arrivons vers 15h à Twizel, notre étape du jour. Le temps de monter la tente et Christophe veut aller se baigner dans le lac d’un bleu étrange. Malheureusement le lac est glacé et le temps commence à tourner. Nous passons donc le reste de l’après-midi à bouquiner et à analyser le comportement d’un groupe d’ado coincés au camping.

C’est particulièrement amusant lorsque qu’une ado femelle approche le groupe d’ados mâles. Les mâles rivalisent alors de bêtise et de bruit pour attirer l’attention de la femelle et la femelle prend bien soin de paraître complètement détachée de toute cette agitation.

La nuit, nos voisins ont décidé de faire la fête sans se soucier du reste du camping et nous avons droit à un mix musical digne des Bronzés ou de Camping. Je hais le camping.

Jour 13
Aujourd’hui, nous allons enfin voir le Mt Cook mais la journée commence assez mal lorsque nous nous rendons compte que quelqu’un s’est servi de notre bouteille de lait, rangée dans le frigo commun du camping, comme d’un cendrier. Il y a même un mégot qui flotte dedans. Je mettrais bien le feu au camping mais Christophe n’est pas d’accord.

C’est donc le ventre un peu vide que nous partons vers le Mont Cook. Il bruine un peu mais les couleurs sur le lac Pukaki et les montagnes à moitié cachées par les nuages sont magnifiques.

Une fois au Mt Cook, le temps ne s’est pas amélioré. Après nous être renseignés au gigantesque centre de tourisme, nous optons pour deux balades : celle du lac Hooker pour voir le fameux Mt Cook, et celle du lac Tasman, dans la vallée voisine.

Munis de nos capes de pluie qui font toujours autant rire les touristes (sauf les autres français qui en ont aussi), nous longeons l’immense glacier Mueller, traversons deux ponts suspendus et une bonne partie de la vallée Hooker jusqu'à son lac.


Pendant ce temps, les nuages, changeant à toute vitesse, révèlent des morceaux de montagne, de neige et de glaciers avant de les cacher à nouveau, et à chaque fois c’est un nouvel émerveillement.

Enfin, au bout du chemin, surgit le fameux Mt Cook ! Encore, une fois, il est à moitié caché par les nuages mais ce sera la plus belle vue qu’on aura eue sur cette montagne orgueilleuse. Et à son pied, voici le terminal du glacier Hooker, fondant en un lac d’un bleu laiteux.
Le Mt Cook !

Hooker Glacier
Nous ne nous y attarderons pas. Le vent est glacial et la pluie recommence à tomber donc nous décidons de retourner au refuge pour déjeuner. Le refuge est une simple cabane en bois infestée de sandfies mais ses murs et son plafond sont entièrement recouverts d’inscriptions que les randonneurs ont laissées. Il y en a dans toutes les langues, de tous les pays et la plus vieille qu’on ait trouvé date de 1971.

Nous rentrons ensuite à la voiture pour changer de vallée. La balade du lac Tasman  ne dure qu’une petite heure et nous amène au terminal du glacier Tasman. Encore un fois, vous pouvez constater qu’en Nouvelle-Zélande, tout s’appelle Cook ou Tasman : Mt Cook, Détroit de Cook, National Park Tasman, Mer de Tasman, Lac Tasman, Vallée Tasman etc. Bref, le lac est aussi un lac de glacier et on peut y voir flotter d’énormes icebergs. Je cite notre guide : « le lac Tasman, lieu idéal de baignade en été ». Huuuum.
Tasman Glacier et sa plage ensoleilée, le Ibiza kiwi
Après un bon chocolat chaud au café du Mt Cook Village, nous reprenons la route vers le lac Tekapo pour le campement. Le lac Tekapo est au-delà du surnaturel, il est d’un bleu turquoise opaque.
Lac Tekapo


Nous installons notre tente sur le terrain du YHA du village et nous partons en quête des Hot Pools de Tekapo pour une baignade-cuisson à une température bien plus humaine que le lac Tasman.
Hot Pools de Tekapo
Pendant la nuit, le mauvais temps nous retrouve et il pleut des trombes d’eau sur notre tente bancale.

Jour 14
Il a plu toute la nuit, l’intérieur de la tente est inondé. Heureusement, nous dormions sur notre matelas et seuls les sacs à dos sont un peu mouillés. Après avoir démonté et entassé tout ça dans la voiture, nous partons pour la Mt John Walk, une randonnée de l’enfer de 3 heures jusqu’à l’observatoire du Mt John. Du haut de ses 300 mètres, on voit toute la vallée et le lac à ses pieds.
Mt John


Enfin, il est temps de reprendre la route vers Christchurch, terminus de notre voyage, avant de rentrer à Auckland sous la bruine et le vent.

samedi 29 octobre 2011

3 jours dans le Coromandel


Vendredi 21 octobre

Lundi c’est la fête du travail australienne et néozélandaise donc nous avons un magnifique weekend de trois jours qui s’étend devant nous. En fait, on ne sait pas si c’est vraiment lundi puisqu’ici, les jours fériés qui tombent le weekend sont reportés à la semaine. Du coup, le 1er mai peut bien être un dimanche, ici, on s’en tape de kiwi.

Au boulot, les patrons ont eu le malheur de quitter la boite vers 15h. A 15h30, heure de la « siesta », Rolla débarque avec un énorme spongecake (un gâteau pas mauvais) et un pack de 30 Speiths, la bière locale. « One for the road » comme disent mes collègues. Nous passons donc une petite heure à siroter une bière au soleil en jouant aux fléchettes. Au passage, je constate que mon collègue iranien que les autres appellent « terrorist », n’est pas si terroriste que ça au vu du nombre de bières qu’il descend.

Pour ce weekend de début de printemps et malgré la finale de la RWC11, nous avons décidé de quitter Auckland et aller visiter la péninsule de Coromandel, à l’est d’Auckland. Nous sommes beaux, grands, forts, motivés, demain, nous partons à 9 heures tapantes !

Samedi 22 octobre

C’est ainsi que le samedi matin, nous partons vers 10h. Nous avions prévu de faire de tour de la péninsule dans le sens des aiguilles d’une montre en faisant moult randonnées et visites de musées mais le patron de Christophe lui a concocté tout un itinéraire à suivre. Comme on n’est jamais mieux conseillé que par les locaux (particulièrement en Croatie), nous décidons de suivre ses conseils et nous mettons le cap vers Whangamata.

Contrairement à ce que je craignais, la route n’est pas très chargée et nous arrivons à Whangamata en un peu moins de 2 heures de routes. La ville et sa plage ne cassent pas 3 pattes à un canard, le ciel est couvert et il ne fait pas très chaud. Nous passons rapidement à l’office de tourisme pour chercher une balade à faire dans le coin. Nous optons pour une randonnée qui devrait nous amener voir une cascade dans la forêt.  
Comme d’habitude, en dehors des grands axes, la route n’est pas goudronnée bien longtemps et il nous faut même traverser un cours d’eau à gué. Finalement, nous arrivons au départ de la balade. 

La balade en question est épuisante mais longe un joli cours d’eau et serpente dans la forêt. Au bout d’une heure de montée, hors d’haleine, je fais une pause pour récupérer en boire un coup. « Elle est horrible cette rando, elle est encore loin la cascade ? ». La cascade était derrière le tournant suivant.

La cascade est assez impressionnante, elle se compose en fait de deux cascades l’une sur l’autre, avec un petit bassin entre les deux. Le résultat est une chute d’eau d’environ 30 mètres. Nous en profitions pour déjeuner de croque-monsieurs et de tomates cerise, c’est bon le luxe.

Le temps de rentrer à la voiture, il est déjà 15h. Nous reprenons la route vers le nord pour aller voir la fameuse plage d’Opoutere dont tous les guides parlent. Opoutere n’est guère plus qu’un hameau avec un camping mais sa plage est à couper le souffle. Pour y accéder, il faut marcher une dizaine de minutes dans la pinède, on se croirait dans les Landes. Le soleil commence à sortir des nuages, on a rapidement chaud sur la plage. Christophe entreprend de ramasser tous coquillages qu’il trouve joli et de me les offrir. Chouette. 

Après s’être baladé le long de la plage, nous rentrons à la voiture et nous continuons vers le nord pour rejoindre Whitianga, où nous espérons trouver un logement pour la nuit. Le guide parle d’un Holiday Park avec spa, je suis accro au spa ! Il y a bien de la place mais c’est 65$ la nuit, plus 5$ pour les draps et encore 5$ par personne et par demi-heure pour le spa. Au diable l’avarice, nous nous payons tout ça.
Huuuum que c’est bon le spa ! Toutes mes tensions de la route fondent en même temps que moi dans le bain. J’avais commencé à râler (ah vraiment ?) en voyant qu’on n’aurait qu’une demi-heure de trempette mais au bout de 10 minutes, on commençait déjà à cuire. Il nous a fallu toute notre volonté pour rester dans le bain pendant 30 minutes. 

Avec tout ça, il est l’heure de se faire à manger. Or, dans la cuisine du camping, impossible de trouver une casserole ou un quelconque récipient pour faire cuire nos spaghettis. « On va au resto ? »

Le guide parle d’un très bon restaurant indien : le Sangam. Je choisis le fameux Butter Chicken, plat indien que tous les kiwis mangent, et Christophe prend un Fish Massala. Ensuite il nous faut choisir le degré de piment : mild, medium, kiwi spicy ou indian spicy. Le « indian spicy » a l’air effrayant. J’opte prudemment pour le mild et Christophe pour le medium. On rajoute à cela un nam aïl-fromage et un accompagnement qui ressemble à du tzatziki. S’en suit une loooongue attente. Le serveur nous explique que le Fish Massala va encore prendre une dizaine de minute pour être prêt est nous offre des petites galettes craquantes pour patienter. 

Lorsqu’enfin nous sommes servis, nous oublions immédiatement toute velléité et nous fondons de plaisir. C’est absolument délicieux ! Malgré la faim et la saveur des plats, j’ai bien du mal à finir ma portion et je n’ai même pas touché au nam. Heureusement, je peux toujours compter sur Christophe pour ne pas laisser de restes, que ce soit dans son assiette ou dans la mienne. En y repensant, j’aurais pu demander un « doggy-bag », ça se fait beaucoup ici. 

Alors que nous nous trainons difficilement sur le chemin du retour, nous croisons un énergumène passablement alcoolisé qui nous voit et s’écrit « GO FRAAAANCE !!». Comment cet homme a-t-il su qu’on était français ?

Dimanche  23 octobre

Aujourd’hui, nous avons prévu d’aller voir Hot Water Beach. C’est une plage sous laquelle coule une source chaude. Il suffit donc de s’armer d’une pelle et, dès que la marée est assez basse, creuser un trou qui se remplit d’eau chaude pour y trempouiller en regardant l’océan. Nous nous sommes renseignés sur l’horaire de la marée, il nous faut y être entre 10h et midi pour ne pas rater le bon créneau. 

Lorsque nous arrivons à la plage en question, il nous suffit de suivre l’armée de kiwis brandissant une pelle pour trouver le bon coin. Il faut savoir que la source ne coule que sous une petite section de la plage et si vous avez le malheur de creuser trop à l’extérieur, vous aurez une piscine d’eau glacée. En toute logique, nous trouvons un micro morceau de plage où sont agglutinées 200 personnes et qui ne ressemble plus à rien tellement il a été creusé. 


Comme il est un peu tard et que la marée ne va pas tarder à remonter, plusieurs familles sont déjà reparties, laissant leur bassin libre mais rien n’y fait, Christophe a apporté sa pelle, il veut creuser. Je ne l’ai pas encore dit mais Hot Water Beach devrait s’appeler Very Very Hot Water Beach, l’eau sort à 70°C, ce n’est pas très confortable. J’attends donc patiemment sur la plage que mon mâle ait fini de construire le nid. Il a trouvé un endroit un peu de dehors de la source et nous faisons rentrer l’eau chaude depuis une bassine voisine, tout en la mélangeant avec l’eau fraiche qui est sous notre sable. Le résultat est parfait. Le soleil est sorti et cogne de toutes ses forces, l’eau chaude n’est donc pas toujours confortable et nous faisons de rapides aller-retour dans la mer pour nous raffraichir.

La trempette ne dure pas bien longtemps, la marée n’était pas très forte et remonte vite. Avec elle, elle emporte toutes les constructions durement creusées et bâties…jusqu’à la prochaine marée basse.

Après cette courte formation dans le BTP, nous prenons la route de Hahei, à quelques kilomètres de là. La deuxième activité prévue de la journée est la visite de la très célèbre Cathedrale Cove. Pour ceux qui ont un minimum de culture cinématographique, il s’agit de la falaise et de la plage que l’on voit au début du Monde de Narnia et le Prince Caspian. Incultes. 

Depuis que nous sommes en Nouvelle-Zélande, j’ai une idée fixe : je veux faire du kayak de mer. Je sais, j’ai peur de l’eau, et particulièrement de la mer mais quitte à avoir des peurs stupides, autant avoir des idées stupides pour aller avec. Bref, nous avisons l’unique boutique de location de kayak de Hahei et nous réservons un tour à Cathedrale Cove pour l’après-midi. C’est plus facile à dire qu’à faire puisqu’on doit réserver par téléphone et que Christophe m’oblige à le faire. Le résultat est donc un approximatif « Euuuuh I would like euuuuh to book a tour euuuh for two person ». Le gars me répond en kiwi à toute allure mais je comprends quand même « 14h » et « credit card ». Tout va bien. 

En attendant 14h, nous piqueniquons sur la plage de Hahei, harcelés par une quinzaine de mouettes. A 14h, nous rejoignons 3 autres couples ainsi qu’un homme grand, beau, jeune, merveilleusement musclé, blond aux yeux bleus qui sera notre guide. Je n’ai plus peur de l’eau. Après nous avoir expliqué les bases de la navigation en kayak, nous voila propulsés dans l’océan. C’est Christophe qui manœuvre le gouvernail de notre double-kayak et force est de constater qu’il n’est pas plus doué en kayak qu’en voiture. Pardon poussin. 

Nous longeons la côté et nous visitons plusieurs baies. De temps à autre, le guide nous demande de nous regrouper pour former un radeau pendant qu’il nous raconte l’histoire de la baie et de la réserve naturelle. 
Son accent n’est pas facile à suivre et alors que nous entrons dans une petite crique, il nous dit quelque chose que nous ne comprenons pas mais tous nos camarades se penchent sur leur kayak et scrutent le fond de l’eau. Christophe pense avoir compris qu’il parlait de méduses. Soudain une grande forme sombre et triangulaire passe près de nous en semblant voler sous l’eau : une raie ! J’en suis euphorique dans mon kayak, on a vu une vraie raie dans son milieu naturel ! Bon après, le guide nous raconte que selon les saisons, on croise plutôt des dauphins ou des orques. Il ne faut pas tomber au  mauvais moment. 

Après plus d’une heure à pagayer, nous arrivons enfin à la fameuse Cathédrale Cove. Je suis un peu déçue, ce n’est pas aussi impressionnant que ce que les photos montraient. Le guide nous propose alors une collation avec une offre de boisson chaude digne d’un café. Pendant que nous visitons la plage et sa Cove, le guide nous prépare donc le gouter et nous reprenons des forces. Nous discutons avec un couple d’australien dont la femme voudrait enseigner l’anglais en France. Nous subissons aussi immanquablement des petites boutades sur le match de finale du soir. 

Comme dans le film !
Nous repartons, et à mon grand regret, nous ne reprenons pas la route du retour. Nous traversons d’abord une grande étendue de mer pour atteindre des îles au large. Nous en faisons le tour et en revenant, le guide nous dit que dans la mythologie maorie, l’une des îles à la forme d’une partie de l’anatomie humaine et qu’il faut deviner laquelle. Connaissant les hommes, dans ce genre de situation, il s’agit soit d’un pénis soit d’une paire de seins. Alors que nous nous éloignons de l’île pour la voir de loin, je dis à Christophe « on dirait une femme allongée sur le dos avec les cuisses ouvertes ». Il est assez d’accord. En fait, c’était un nez avec deux grandes narines. Perdu. Ou alors, le guide ne comprend pas bien le maori.

Lorsque nous rentrons enfin à bon port, il est déjà 17h et nous devons être à Coromandel Town et y trouver un logement avant le match de la finale. Sur la carte routière, la nationale fait un immense tour tout au nord de la péninsule avant de redescendre de l’autre côté vers Coromandel Town. Par contre, il y a une petite route qui semble traverser la péninsule sans faire le détour. Nous avons un moment de doute en ne voyant pas la route sur notre guide. « Il l’ont peut-être oubliée ». Hélas, trois fois hélas, nous savions pourtant que les routes néozélandaises étaient une catastrophe. A peine nous étions nous engagés sur le fameux raccourci que le goudron disparaissait pour être remplacé par une étroite piste en terre. Pendant plus d’une heure nous gravissons une colline dans la terre avant de redescendre de l’autre côté. Finalement, nous rejoignons Coromandel Town dans le même temps qu’il nous aurait fallu en prenant la nationale qui fait le tour. La voiture n’est plus qu’un tas de poussière mais elle a tenu le coup. 

A Coromandel Town, nous trouvons un adorable backpacker, le Tui Lodge, tenu par un couple de retraités. Nous prenons une bonne douche et mangeons enfin nos spaghettis avant de prendre le chemin de l’unique pub de Coromandel Town. 

J’ai bien pensé à apporter mes écharpes de supporter et il y a un moment de silence lorsque nous entrons dans le pub, nous sommes repérés. J’avise deux places à une table de kiwis qui nous laissent aimablement nous asseoir avec eux. Apparemment ce sont les deux plus mauvais néozélandais du pays puisqu’ils ne connaissent rien au rugby. Ils ne comprennent pas pourquoi la France est encore dans la course alors qu’elle a déjà été battue par les All Blacks. 

Le match est fantastique et les kiwis tremblent pendant tout le jeu. A chaque fois qu’on se prend un point, tous nos voisins se tournent vers nous pour observer nos réactions. Lorsque le match se termine par notre défaite, nous reprenons la route du backpacker. Christophe est passablement saoul et très agaçant, il veut absolument me piquer la lampe de poche, et quand je finis par la lui donner, il éclaire tout sauf le chemin.

Lundi 24 octobre

Aujourd’hui, nous avons prévu de faire du cheval. C’est ma deuxième idée fixe depuis que nous sommes en Nouvelle-Zélande : faire une randonnée équestre. C’est encore moi qui ai réservé mais cette fois-ci j’ai été bien plus douée que pour le kayak. Comme nous n’avons rendez-vous qu’à midi, nous prenons tranquillement le déjeuner sur la terrasse puis nous empruntons des vélos à l’auberge pour faire un tour de la baie de Coromandel. 

Alors que nous comptons prendre la route de Colville pour la randonnée, la voiture semble nous en vouloir d’avoir pris le raccourci hier, impossible de la démarrer. Comme je commence à bien la connaitre, je sais qu’il faut attendre quelques minutes avant de réessayer et là, ça marche.

A midi, nous sommes à Colville, prêts pour la randonnée. Notre guide est une jeune femme accompagnée de sa fille. Elle donne à Christophe un grand cheval baie particulièrement fainéant tandis que j’obtiens un cheval alezan. La guide me prévient que le mien est assez têtu et qu’il faut savoir être « bossy » avec lui. Je lui réponds que ça ne devrait pas être un problème et elle me fait un grand sourire, on se comprend.
Christophe n’est jamais monté à cheval et celui-ci sent rapidement qu’il a affaire à un cavalier bien trop gentil, qu’il pourra balader à sa guise. C’est donc avec une mauvaise volonté manifeste que son cheval suit le plus lentement possible les autres. Il semble aussi que tous nos chevaux ont peur du sien, ce qui leur fait parfois faire des brutaux écarts quand il s’approche un peu trop. 

La balade a lieu dans les collines et les pâturages du nord de Coromandel, c’est magnifique. Ds que nous sommes dans un pré, la guide nous propose de trotter voir galoper un peu, au grand dam de Christophe qui se fait balader comme un sac de pommes de terre. A la fin des deux heures de balade, nous avons bien du mal à tenir sur nos jambes et nos fesses sont particulièrement douloureuses. 

Il nous à présent reprendre la route d’Auckland. Nous arrivons vers 19h, fourbus mais ravis de ce weekend. Encore une étape à ajouter sur le programme des futurs visiteurs.
Hors sujet : voici le Lady Barbara en fleur
 

mardi 21 juin 2011

Tout sur la voiture en Nouvelle-Zélande


Un peu comme La Belle et la Bête, la voiture et le néozélandais est une véritable histoire d’amour. N’ayons pas peur des mots, le néozélandais est un kéké. Il aime les grosses voitures, avec un gros moteur, des grosses jantes chromées et du encore plus gros son pour couvrir le bruit du gros moteur. Heureusement, contrairement aux véritables anglais d’Angleterre, les néozélandais sont bien élevés et ne démarre pas leur voiture sous votre fenêtre 20 minutes avant de l’utiliser.
Le must-have de l’automobile ici, c’est le pick-up 4x4 surbaissé, de préférence vert pomme ou rose fuchsia. C’est épatant d’inutilité, j’essayerai d’en prendre un en photo, je suis sure que les propriétaires se sentiront flattés.

La conduite du kiwi

En ce qui concerne la conduite, il y a deux types de néozélandais : le « nantais » et le « parisien ». Le nantais met environ 30 secondes à démarrer au feu, ce qui permet à deux ou trois voitures de passer par feu vert. C’est un fait qui mériterait de figurer au Guinness Book des records puisque je vous rappelle que les voitures néozélandaises sont majoritairement automatiques. Point d’embrayage à enclencher, de vitesse à passer puis d’accélération au point de patinage. Avec une voiture automatique, il faut lever le pied du frein et le poser sur l’accélérateur. 

Là ne s’arrête pas les méfaits du kiwi « nantais » ! Le kiwi nantais met également un point d’honneur à rouler 10km/h en dessous de la limite de vitesse. Il s’agit donc selon toute vraisemblance d’un complot destiné à me pousser à un génocide massif chaque fois que je prends ma voiture. Ils sont fourbes ces kiwis.
L’autre type de kiwi, c’est le parisien. Dès que le feu passe au vert, il écrase la pédale d’accélération et bondit en avant dans un hurlement de son moteur. Il est content. Après cela, il peut rouler à toute vitesse, c'est-à-dire à 5 km/h en dessous de la limite de vitesse.

Détail intéressant : en Nouvelle-Zélande, on conduit à gauche… sauf sur l’autoroute. Sur les rares morceaux de routes à plus d’une voie dans chaque sens, le kiwi prend soin de se mettre sur la voie la plus à droite, surement au cas où il y aurait une voiture à gauche à dépasser. Et bien sûr, il y roule toujours 10km/h sous la limite. Malgré ma patience légendaire au volant, je vous laisse imaginer mon humeur quand je dois utiliser l’autoroute. J’avoue que c’est très mal mais du coup, comme il n’y a personne sur la voie de gauche, je double par la gauche, tout comme les kiwis de type « parisien » qui eux, ne roulent qu’à 5km/h sous la limite.

Passer les permis kiwi

Malgré de nombreux revers en France, Christophe n’a pas abandonné pour autant le désir d’avoir le permis. Je l’encourage moi-même dans ce sens car je suis parfois fatiguée d’être la seule à conduire lorsque nous nous baladons. Christophe a donc entrepris de passer le permis néozélandais.

Nous nous sommes donc renseigné sur la procédure et en voici un résumé avec des jolis schémas. Pour nos amis motards, j’ai aussi décris la méthode pour le permis moto. 

Commençons par la voiture. Le jeune kiwi, lorsqu’il atteint l’âge de 15 ans, à le droit de commencer à conduire. Il lui faut seulement passer le test du code de la route. Dès lors, il devient Learner et il peut conduire une voiture s’il est accompagné d’une personne ayant un permis de conduire complet depuis plus de deux ans. Il ne peut conduire que de jour, c'est-à-dire de 5h à 22h, et doit afficher un signe « L » sur la voiture.

Après six mois de pratique et d’engueulade avec ses parents, le kiwi peut alors passer un examen qui lui donnera le statut de « Restricted ». Il peut alors se débarrasser de ses parents mais ne peut toujours pas conduire de nuit. Il ne peut pas prendre de passagers autre que sa famille proche : compagne, compagnon ou enfants. Les Learner et les Restricted ont une limite d’alcoolémie de 0,3g/L de sang, ce qui ne sert à rien puisqu’un seul verre de bière suffit pour la dépasser. La police est particulièrement féroce sur ce dernier point.

Enfin, après dix-huit mois en tant que Restricted, si contre toute attente, le jeune kiwi ne s’est pas tué sur la route. Il peut passer l’examen final et accéder au statut suprême de danger public sur la route, aussi appelé Full Licence Driver. Il peut à son  tour pondre plein de petits kiwis et leur apprendre à conduire.
Schéma : 

Et les auto-écoles ? Les auto-quoi ? Si, si, ça existe, j’en ai déjà vu une. Les auto-écoles servent aux gens pressés. Il suffit des prendre quelques cours pour pouvoir réduire la période Restricted de 18 à 12 mois. 

Cette méthode est-elle meilleur que la méthode française ? Pas si sûr lorsque l’on compare le taux de mortalité sur la route en fonction du nombre d’habitant. Ramené aux 5 millions de néozélandais, ça fait dans les 180 morts par an, ça ne parait pas si impressionnant. En fait, je n’ai pas réussi à refaire le calcul mais il parait que leur taux de mort sur les routes est supérieur au notre.

Et pour la moto ? Pour la moto c’est pareil sauf que c’est le contraire. C’est pareil puisque ça commence par le code. Mais c’est différent parce qu’avant de se lancer comme un pti con sur la route, il faut passer le Basic Handling Test. C’est une sorte de cours de 2h avec évaluation continue où tu apprends à rouler, passer une vitesse, tourner et freiner, le tout sur un parking et sans jamais dépasser 20km/h. 

Ensuite, rebelote : 6 mois de learner puis 18 mois de restricted puis mort violente. Le tout pas forcément dans l’ordre indiqué. 
Reschéma :

L’un des avantages indéniables de ces méthodes est le coût de l’opération. Quand un permis français coûte en moyenne 2000€ (voire plus pour ceux qui l’ont raté 2 fois, je ne vise personne), le permis néozélandais coute 120$ pour le code, 110$ pour l’examen du restricted, 150$ pour le full, soit 200€ pour le tout.

Avec tout ça, Christophe n’a aucune excuse pour ne pas avoir son permis ! Par contre, il a une excuse pour ne pas rentrer en France avant minimum 1 an et demi. Nous vous tiendrons bien-sûr au courant de ses progrès. 

De mon côté, j'ai fait traduire mon permis et me voilà avec un Full Driving License : 

Un code de la route fantaisiste

Grâce à Christophe qui vient de passer son code avec succès, nous avons eu l’occasion de découvrir le code de la route kiwi. Grand bien nous en a pris puisque nous y avons découvert quelques subtiles différences avec notre code franchouillard. 

Passage en revue des fantaisies locales :

- Ici, on conduit à gauche. Je sens que je vous apprends quelque chose. Mais… !

- … La priorité est à droite. Ce n’est pas plus mal pour les touristes parce qu’avec les réflexes ça aurait pu être dangereux. Autant le piéton qui regarde du mauvais côté risque de faire une rayure sur le pare-choc, autant tourner dans une rue en se trompant dans les priorités peut faire de réels dégâts à sa voiture et gâcher les vacances. 

Autre avantage, il n’y a pas à guetter les panneaux « laissez la priorité » au rond-point, puisque les voitures viennent de la droite ET que la priorité est à droite. Ce sont donc TOUJOURS les voitures sur l’anneau qui ont la priorité sur ceux qui rentrent. 

Par contre, cette règle donne lieu à une situation pour laquelle il vaut mieux être préparé : lorsque vous voulez tourner à gauche et qu’une voiture arrivant en face veut tourner dans la même rue, elle a la priorité (priorité à droite). SAUF si d’autres voitures arrivent derrière vous, alors c’est vous qui avez la priorité (priorité loufoque). Damdamdidoumpoupou… ok je l’avoue, je tourne un peu au hasard, en général, ça passe.

- Les croisements se font  « à l’indonésienne », c’est-à-dire qui vous ne tournez pas autour de l’autre voiture pour tourner à droite.

- Les zébras servent à vraiment décorer. Je m’étais déjà interrogée sur l’utilité des zébras puisque tout le monde semblait rouler dessus à qui mieux mieux. En Nouvelle-Zélande, le zébra est une voie de rangement pour les gens qui tournent ou qui veulent s’insérer dans une grosse artère. 

Exemple : je roule sur une avenue et je veux tourner à droite, je dois donc traverser la voie avec les voitures qui viennent d’en face. Au lieu de m’arrêter au milieu de la route et emmerder les gens qui viennent derrière, je me mets sur les zébras et j’attends un trou dans la circulation pour traverser.

- On a le droit de franchir une ligne blanche continue pour tourner ou pour faire demi-tour. Cette règle nous a tout simplement laissé sur le c**.

- On a le droit de dépasser une voiture à une intersection si on a bien regardé avant que personne n’arrivait.

- On a le droit de dépasser même lorsqu’il y a une ligne continue, pour peu que la voiture devant ait l’amabilité de se pousser un peu sur la bande d’arrêt d’urgence et qu’il y ait la place de rouler à deux de front SANS mordre sur la ligne blanche.

- On a le droit de dépasser par la gauche si c’est fait avec précaution. J’adore cette règle !

- Un chargement ne doit pas dépasser de plus de 3 mètres à l’avant et 4 mètres à l'arrière de la voiture. 

- Il est déconseillé de conduire en mangeant avec des baguettes. 

- Une règle qui ferait un tollé en France : ici c’est la police qui fixe la tolérance sur les radars. Lors de notre grand weekend à Taupo, la tolérance avait été fixée à 4km/h. Bon, au moins ils ne sont pas mauvais joueurs, la tolérance est annoncée par avance dans les journaux. Les radars ne sont pas fixes, ils sont tous dans des voitures de police, banalisées ou non.

- Le permis NZ n’est pas vraiment un permis à points. Par contre, à chaque infraction, on gagne des points de « démérite » et au point de 100 points, on perd son permis pour une durée limitée. Heureusement pour moi, on ne gagne pas de mauvais point en se faisant flasher. 

- La limite d’alcoolémie est de 0,8g/L de sang. C’est chouette. Par contre, au-delà, si on se fait contrôler, on perd son permis sans passer par la case « point de démérite ». 

- Si on perd son permis après avoir eu trop de mauvais points, on peut aller au tribunal et demander un permis spécial qui autorise à conduire son véhicule pour aller au boulot. 

Divers : 

- Les piétons ne sont PAS prioritaires et les passages piétons sont assez rares. Il n’y a pas de larges bandes horizontales sur le sol pour matérialiser le passage, seulement deux fines lignes en travers de la chaussée.

- L’ordre de passage des voitures aux feux est aussi assez étrange. Il y a un moment pour les voitures qui vont tout droit, puis un moment pour les voitures qui tournent à droite (et qui traverse donc la voie d’en face). Ensuite c’est aux voitures des voies perpendiculaires de passer. Et ENFIN, au bout de 10 minutes de ce manège, tous les feux passent au rouge, et les piétons ont 10 secondes pour traverser, accompagnés d’un bruit de mitraillette strident venant du feu. Nous avouons nous être lassés plusieurs fois d’attendre au feu et traverser n’importe comment, à la française.

Acheter-vendre une voiture en NZ

Acheter une voiture en Nouvelle-Zélande, c’est encore plus facile que d’acheter son pain, surtout qu’il n’y a pas de pain digne de ce nom dans ce pays. 

Pour acheter une voiture, il faut aller à la poste, remplir un formulaire, donner une pièce d’identité et payer 9,51$. Ensuite, vous avez un bout de papier de la taille d’un morceau de PQ qui dit que la voiture est à vous.

Pour vendre une voiture, il faut aussi aller à la poste, remplir un formulaire en donnant des infos sur la voiture et son nom, et poster le formulaire. 

Et voilaaaa ! Bon, je ne l’ai pas précisé, mais à un moment, il faut aussi que l’acheteur paye la voiture au vendeur.

A quel moment assure-t-on la voiture ? Ben quand on veut, ou même quand on ne veut pas. L’assurance n’est pas obligatoire en NZ, pas même au tiers. Si on a un accident responsable, l’état prend en charge les soins aux victimes et le responsable doit payer les réparations matérielles. 

Nous avons tout de même pris une assurance au tiers pour la nôtre. Ca coute 170$ par an, avec une franchise de 300$. Comme j’ai moins de 24ans, j’ai une surcharge qui porte la franchise à 800$, et si je n’avais pas fait traduire mon permis, ça aurait été 1800$. On va essayer de ne pas avoir d’accident.

Bon par contre, nous n’avons pas s’assistance routière donc on va aussi éviter de tomber en panne au milieu de rien, c’est-à-dire hors d’Auckland. Pays de bouseux. Je plaisante.

Entretenir une voiture en NZ

Acheter une voiture c’est facile, la garder c’est chiant. 

Jusqu’aux 6 ans de la voiture, elle doit passer le contrôle technique (WOF) tous les ans. Après 6 ans, il faut passer le WOF tous les 6 mois. Heureusement, le WOF coute entre 25$ et 60$ selon que tu te fasses pigeonner ou non. 

En dehors du WOF, il faut aussi faire enregistrer sa voiture, c’est-à-dire déclarer qui est le responsable de la voiture. 

Enfin, il faut régulièrement payer la licence de la voiture : tous les 3 mois, 6 mois ou 12 mois au choix. C’est une taxe qui autorise à utiliser les routes de Nouvelle-Zélande. Je ne sais pas encore très bien comment ça marche mais il doit falloir remplir un formulaire (ils adorent les formulaires) et payer pour la durée qu’on veut et on a un nouveau papillon à mettre sur le pare-brise. 

Avoir une voiture, c’est aussi se prendre des PV. Voici un exemple tout beau de contravention pour excès de vitesse. Pour ça aussi, on peut aller à la Poste et payer.

Voici pour la liste non exhaustive de ce qui concerne les voitures et leurs conducteurs en Nouvelle-Zélande et la liste s’allongera surement avec le temps.