mardi 21 juin 2011

Tout sur la voiture en Nouvelle-Zélande


Un peu comme La Belle et la Bête, la voiture et le néozélandais est une véritable histoire d’amour. N’ayons pas peur des mots, le néozélandais est un kéké. Il aime les grosses voitures, avec un gros moteur, des grosses jantes chromées et du encore plus gros son pour couvrir le bruit du gros moteur. Heureusement, contrairement aux véritables anglais d’Angleterre, les néozélandais sont bien élevés et ne démarre pas leur voiture sous votre fenêtre 20 minutes avant de l’utiliser.
Le must-have de l’automobile ici, c’est le pick-up 4x4 surbaissé, de préférence vert pomme ou rose fuchsia. C’est épatant d’inutilité, j’essayerai d’en prendre un en photo, je suis sure que les propriétaires se sentiront flattés.

La conduite du kiwi

En ce qui concerne la conduite, il y a deux types de néozélandais : le « nantais » et le « parisien ». Le nantais met environ 30 secondes à démarrer au feu, ce qui permet à deux ou trois voitures de passer par feu vert. C’est un fait qui mériterait de figurer au Guinness Book des records puisque je vous rappelle que les voitures néozélandaises sont majoritairement automatiques. Point d’embrayage à enclencher, de vitesse à passer puis d’accélération au point de patinage. Avec une voiture automatique, il faut lever le pied du frein et le poser sur l’accélérateur. 

Là ne s’arrête pas les méfaits du kiwi « nantais » ! Le kiwi nantais met également un point d’honneur à rouler 10km/h en dessous de la limite de vitesse. Il s’agit donc selon toute vraisemblance d’un complot destiné à me pousser à un génocide massif chaque fois que je prends ma voiture. Ils sont fourbes ces kiwis.
L’autre type de kiwi, c’est le parisien. Dès que le feu passe au vert, il écrase la pédale d’accélération et bondit en avant dans un hurlement de son moteur. Il est content. Après cela, il peut rouler à toute vitesse, c'est-à-dire à 5 km/h en dessous de la limite de vitesse.

Détail intéressant : en Nouvelle-Zélande, on conduit à gauche… sauf sur l’autoroute. Sur les rares morceaux de routes à plus d’une voie dans chaque sens, le kiwi prend soin de se mettre sur la voie la plus à droite, surement au cas où il y aurait une voiture à gauche à dépasser. Et bien sûr, il y roule toujours 10km/h sous la limite. Malgré ma patience légendaire au volant, je vous laisse imaginer mon humeur quand je dois utiliser l’autoroute. J’avoue que c’est très mal mais du coup, comme il n’y a personne sur la voie de gauche, je double par la gauche, tout comme les kiwis de type « parisien » qui eux, ne roulent qu’à 5km/h sous la limite.

Passer les permis kiwi

Malgré de nombreux revers en France, Christophe n’a pas abandonné pour autant le désir d’avoir le permis. Je l’encourage moi-même dans ce sens car je suis parfois fatiguée d’être la seule à conduire lorsque nous nous baladons. Christophe a donc entrepris de passer le permis néozélandais.

Nous nous sommes donc renseigné sur la procédure et en voici un résumé avec des jolis schémas. Pour nos amis motards, j’ai aussi décris la méthode pour le permis moto. 

Commençons par la voiture. Le jeune kiwi, lorsqu’il atteint l’âge de 15 ans, à le droit de commencer à conduire. Il lui faut seulement passer le test du code de la route. Dès lors, il devient Learner et il peut conduire une voiture s’il est accompagné d’une personne ayant un permis de conduire complet depuis plus de deux ans. Il ne peut conduire que de jour, c'est-à-dire de 5h à 22h, et doit afficher un signe « L » sur la voiture.

Après six mois de pratique et d’engueulade avec ses parents, le kiwi peut alors passer un examen qui lui donnera le statut de « Restricted ». Il peut alors se débarrasser de ses parents mais ne peut toujours pas conduire de nuit. Il ne peut pas prendre de passagers autre que sa famille proche : compagne, compagnon ou enfants. Les Learner et les Restricted ont une limite d’alcoolémie de 0,3g/L de sang, ce qui ne sert à rien puisqu’un seul verre de bière suffit pour la dépasser. La police est particulièrement féroce sur ce dernier point.

Enfin, après dix-huit mois en tant que Restricted, si contre toute attente, le jeune kiwi ne s’est pas tué sur la route. Il peut passer l’examen final et accéder au statut suprême de danger public sur la route, aussi appelé Full Licence Driver. Il peut à son  tour pondre plein de petits kiwis et leur apprendre à conduire.
Schéma : 

Et les auto-écoles ? Les auto-quoi ? Si, si, ça existe, j’en ai déjà vu une. Les auto-écoles servent aux gens pressés. Il suffit des prendre quelques cours pour pouvoir réduire la période Restricted de 18 à 12 mois. 

Cette méthode est-elle meilleur que la méthode française ? Pas si sûr lorsque l’on compare le taux de mortalité sur la route en fonction du nombre d’habitant. Ramené aux 5 millions de néozélandais, ça fait dans les 180 morts par an, ça ne parait pas si impressionnant. En fait, je n’ai pas réussi à refaire le calcul mais il parait que leur taux de mort sur les routes est supérieur au notre.

Et pour la moto ? Pour la moto c’est pareil sauf que c’est le contraire. C’est pareil puisque ça commence par le code. Mais c’est différent parce qu’avant de se lancer comme un pti con sur la route, il faut passer le Basic Handling Test. C’est une sorte de cours de 2h avec évaluation continue où tu apprends à rouler, passer une vitesse, tourner et freiner, le tout sur un parking et sans jamais dépasser 20km/h. 

Ensuite, rebelote : 6 mois de learner puis 18 mois de restricted puis mort violente. Le tout pas forcément dans l’ordre indiqué. 
Reschéma :

L’un des avantages indéniables de ces méthodes est le coût de l’opération. Quand un permis français coûte en moyenne 2000€ (voire plus pour ceux qui l’ont raté 2 fois, je ne vise personne), le permis néozélandais coute 120$ pour le code, 110$ pour l’examen du restricted, 150$ pour le full, soit 200€ pour le tout.

Avec tout ça, Christophe n’a aucune excuse pour ne pas avoir son permis ! Par contre, il a une excuse pour ne pas rentrer en France avant minimum 1 an et demi. Nous vous tiendrons bien-sûr au courant de ses progrès. 

De mon côté, j'ai fait traduire mon permis et me voilà avec un Full Driving License : 

Un code de la route fantaisiste

Grâce à Christophe qui vient de passer son code avec succès, nous avons eu l’occasion de découvrir le code de la route kiwi. Grand bien nous en a pris puisque nous y avons découvert quelques subtiles différences avec notre code franchouillard. 

Passage en revue des fantaisies locales :

- Ici, on conduit à gauche. Je sens que je vous apprends quelque chose. Mais… !

- … La priorité est à droite. Ce n’est pas plus mal pour les touristes parce qu’avec les réflexes ça aurait pu être dangereux. Autant le piéton qui regarde du mauvais côté risque de faire une rayure sur le pare-choc, autant tourner dans une rue en se trompant dans les priorités peut faire de réels dégâts à sa voiture et gâcher les vacances. 

Autre avantage, il n’y a pas à guetter les panneaux « laissez la priorité » au rond-point, puisque les voitures viennent de la droite ET que la priorité est à droite. Ce sont donc TOUJOURS les voitures sur l’anneau qui ont la priorité sur ceux qui rentrent. 

Par contre, cette règle donne lieu à une situation pour laquelle il vaut mieux être préparé : lorsque vous voulez tourner à gauche et qu’une voiture arrivant en face veut tourner dans la même rue, elle a la priorité (priorité à droite). SAUF si d’autres voitures arrivent derrière vous, alors c’est vous qui avez la priorité (priorité loufoque). Damdamdidoumpoupou… ok je l’avoue, je tourne un peu au hasard, en général, ça passe.

- Les croisements se font  « à l’indonésienne », c’est-à-dire qui vous ne tournez pas autour de l’autre voiture pour tourner à droite.

- Les zébras servent à vraiment décorer. Je m’étais déjà interrogée sur l’utilité des zébras puisque tout le monde semblait rouler dessus à qui mieux mieux. En Nouvelle-Zélande, le zébra est une voie de rangement pour les gens qui tournent ou qui veulent s’insérer dans une grosse artère. 

Exemple : je roule sur une avenue et je veux tourner à droite, je dois donc traverser la voie avec les voitures qui viennent d’en face. Au lieu de m’arrêter au milieu de la route et emmerder les gens qui viennent derrière, je me mets sur les zébras et j’attends un trou dans la circulation pour traverser.

- On a le droit de franchir une ligne blanche continue pour tourner ou pour faire demi-tour. Cette règle nous a tout simplement laissé sur le c**.

- On a le droit de dépasser une voiture à une intersection si on a bien regardé avant que personne n’arrivait.

- On a le droit de dépasser même lorsqu’il y a une ligne continue, pour peu que la voiture devant ait l’amabilité de se pousser un peu sur la bande d’arrêt d’urgence et qu’il y ait la place de rouler à deux de front SANS mordre sur la ligne blanche.

- On a le droit de dépasser par la gauche si c’est fait avec précaution. J’adore cette règle !

- Un chargement ne doit pas dépasser de plus de 3 mètres à l’avant et 4 mètres à l'arrière de la voiture. 

- Il est déconseillé de conduire en mangeant avec des baguettes. 

- Une règle qui ferait un tollé en France : ici c’est la police qui fixe la tolérance sur les radars. Lors de notre grand weekend à Taupo, la tolérance avait été fixée à 4km/h. Bon, au moins ils ne sont pas mauvais joueurs, la tolérance est annoncée par avance dans les journaux. Les radars ne sont pas fixes, ils sont tous dans des voitures de police, banalisées ou non.

- Le permis NZ n’est pas vraiment un permis à points. Par contre, à chaque infraction, on gagne des points de « démérite » et au point de 100 points, on perd son permis pour une durée limitée. Heureusement pour moi, on ne gagne pas de mauvais point en se faisant flasher. 

- La limite d’alcoolémie est de 0,8g/L de sang. C’est chouette. Par contre, au-delà, si on se fait contrôler, on perd son permis sans passer par la case « point de démérite ». 

- Si on perd son permis après avoir eu trop de mauvais points, on peut aller au tribunal et demander un permis spécial qui autorise à conduire son véhicule pour aller au boulot. 

Divers : 

- Les piétons ne sont PAS prioritaires et les passages piétons sont assez rares. Il n’y a pas de larges bandes horizontales sur le sol pour matérialiser le passage, seulement deux fines lignes en travers de la chaussée.

- L’ordre de passage des voitures aux feux est aussi assez étrange. Il y a un moment pour les voitures qui vont tout droit, puis un moment pour les voitures qui tournent à droite (et qui traverse donc la voie d’en face). Ensuite c’est aux voitures des voies perpendiculaires de passer. Et ENFIN, au bout de 10 minutes de ce manège, tous les feux passent au rouge, et les piétons ont 10 secondes pour traverser, accompagnés d’un bruit de mitraillette strident venant du feu. Nous avouons nous être lassés plusieurs fois d’attendre au feu et traverser n’importe comment, à la française.

Acheter-vendre une voiture en NZ

Acheter une voiture en Nouvelle-Zélande, c’est encore plus facile que d’acheter son pain, surtout qu’il n’y a pas de pain digne de ce nom dans ce pays. 

Pour acheter une voiture, il faut aller à la poste, remplir un formulaire, donner une pièce d’identité et payer 9,51$. Ensuite, vous avez un bout de papier de la taille d’un morceau de PQ qui dit que la voiture est à vous.

Pour vendre une voiture, il faut aussi aller à la poste, remplir un formulaire en donnant des infos sur la voiture et son nom, et poster le formulaire. 

Et voilaaaa ! Bon, je ne l’ai pas précisé, mais à un moment, il faut aussi que l’acheteur paye la voiture au vendeur.

A quel moment assure-t-on la voiture ? Ben quand on veut, ou même quand on ne veut pas. L’assurance n’est pas obligatoire en NZ, pas même au tiers. Si on a un accident responsable, l’état prend en charge les soins aux victimes et le responsable doit payer les réparations matérielles. 

Nous avons tout de même pris une assurance au tiers pour la nôtre. Ca coute 170$ par an, avec une franchise de 300$. Comme j’ai moins de 24ans, j’ai une surcharge qui porte la franchise à 800$, et si je n’avais pas fait traduire mon permis, ça aurait été 1800$. On va essayer de ne pas avoir d’accident.

Bon par contre, nous n’avons pas s’assistance routière donc on va aussi éviter de tomber en panne au milieu de rien, c’est-à-dire hors d’Auckland. Pays de bouseux. Je plaisante.

Entretenir une voiture en NZ

Acheter une voiture c’est facile, la garder c’est chiant. 

Jusqu’aux 6 ans de la voiture, elle doit passer le contrôle technique (WOF) tous les ans. Après 6 ans, il faut passer le WOF tous les 6 mois. Heureusement, le WOF coute entre 25$ et 60$ selon que tu te fasses pigeonner ou non. 

En dehors du WOF, il faut aussi faire enregistrer sa voiture, c’est-à-dire déclarer qui est le responsable de la voiture. 

Enfin, il faut régulièrement payer la licence de la voiture : tous les 3 mois, 6 mois ou 12 mois au choix. C’est une taxe qui autorise à utiliser les routes de Nouvelle-Zélande. Je ne sais pas encore très bien comment ça marche mais il doit falloir remplir un formulaire (ils adorent les formulaires) et payer pour la durée qu’on veut et on a un nouveau papillon à mettre sur le pare-brise. 

Avoir une voiture, c’est aussi se prendre des PV. Voici un exemple tout beau de contravention pour excès de vitesse. Pour ça aussi, on peut aller à la Poste et payer.

Voici pour la liste non exhaustive de ce qui concerne les voitures et leurs conducteurs en Nouvelle-Zélande et la liste s’allongera surement avec le temps.

1 commentaire:

  1. Toujours aussi amusant de vous lire, je me régale!
    Bon courage à Christophe pour son permis...Et bonne continuation à vous 2

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