Mardi 19 avril
Aujourd’hui, j’ai 24 ans et deux jours. Bon ok, j’arrête.
Aujourd’hui, donc, est une nouvelle journée qui porte avec elle un bel espoir de trouver enfin l’Eldorado, la Mecque ou encore le Graal, bref, un logement. Alors allons-y gaiement.
Visite n°8 : le bazar hippie guidé par un hyperactif
La première visite de la journée me ramène dans le quartier tranquille de Sandringham (parfaitement imprononçable, les chauffeurs de bus ne comprennent jamais). C’est le même quartier que pour celle qui nous fait hésiter et dont il faut refaire le lino.
En parlant du bus, celui-ci vaut le détour. Déjà, la conductrice ne comprenant pas où je souhaite me rendre, elle me vend un ticket le moins cher possible (c’est incroyablement honnête). Ce qui a fait que j’ai dû rajouter quelques dollars 4 km plus tard quand nous avons changé de zone. Au passage, le bus est atrocement cher ici : 3,40$ pour faire le trajet centre-ville – Sandrigham, que je pourrais faire à pied si j’étais moins fainéante. Revenons à nos moutons, quand je monte dans le bus, je cherche par habitude à me placer à un endroit stratégique par rapport aux boutons de demande d’arrêt. Sauf que dans ce bus il n’y a pas de bouton. Il y a une corde à linge. La corde à linge fait tout le tour du bus en suivant les fenêtres et est retenu par des petits anneaux fixés dans la paroi. J’ai réalisé à quoi servait le fil à linge en voyant un autre passager tirer dessus, ce qui a eu pour résultat de tirer un petit marteau qui a tapé sur une cloche. Quand je vous disais que la Nouvelle-Zélande c’était le tiers-monde.
Après le bus vient la visite. C’est une petite maison en bois qui a été coupée en deux dans le sens de la longueur, avec un petit bout de pelouse clôturée devant. Charmant. Sauf que le propriétaire, je parlerais plus en détail de lui plus tard, n’arrive pas à ouvrir la porte. On bataille 5 minutes, puis on essaye la porte de derrière, puis on revient à la porte de devant et, enfin, la porte s’ouvre ! Au moins je sais que je serai en sécurité si j’habite là.
Cette maison est un véritable foutoir. Il y a des vêtements, des objets, des livres, des assiettes avec des restes et n’importe quoi qui traine par terre et sur les meubles. Par contre il y a une grande chambre avec un immeeeeeeense dressing. Dans toute la maison, le plafond est très haut, un peu comme dans notre maison au Vietnam. Le proprio me guide en me donnant des informations sans importances et en faisant une grande démonstration des rideaux, qui ferment grâce à une tringle. La cuisine n’est pas très grande mais il y a pas mal de rangements et un bar, c’est classe. Derrière la cuisine vient la salle de bain, pas terrible mais fonctionnelle. Tout ça me semble très bien mais quelque chose me titille sans que j’arrive à trouver quoi.
Tout à coup, je tilt : la fenêtre du salon ! La fenêtre du salon fait toute la longueur de la pièce mais… 50 cm de haut et elle est à 1,80m du sol, comme un très long soupirail. Je suis perplexe, quelle idée de mettre une fenêtre comme ça dans un salon ??
Pendant ce temps, le proprio s’agite partout en pestant contre le bordelisme des locataires. Il me raconte aussi la vie des 3 voisins en se répétant 10 fois. Maintenant je sais que ma voisine s’appelle Louise et qu’elle fait de la reliure de livre dans son atelier. Cool.
J’essaye de me débarrasser de lui pour aller prendre mon bus mais il insiste pour me ramener où je veux. Ma radinerie prend le dessus, voila l’occasion d’économiser un ticket de bus. Sauf que Peter, c’est son nom, ne sait pas où est Symonds Street, une des plus grosses rue d’Auckland. Du coup, le retour prend plus longtemps que si j’avais pris le bus.
Dans la voiture, Peter m’apprend qu’il y a 42 personnes de prévues pour la visite du lendemain. Là je dois dire que je suis assez fière de moi, j’ai obtenu de visiter la maison un jour avant la date officielle. Par contre, si on veut la maison, il faut nos deux signatures, et de préférence avant le lendemain. Il a un accent abominable. Il prononce « rid » au lieu de « red » et « disk » au lieu de « desk ».
Le midi, car avec tout ça on est encore le matin, je déjeune avec Christophe à notre japonais définitivement préféré : 5€ la barquette de 6 sushi au saumon et un gobelet de soupe miso.
Je saute, par une habille ellipse temporelle, à la visite du soir.
Visite n°9 : l’appartement de Georges J.
Ma visite de l’après-midi se passe un peu au dessus de Sandringham, dans une rue tranquille mais assez peu desservie par les bus, et qui grimpe sérieusement. Et là, c’est le choc, l’homme qui m’accueille pour la visite est le sosie du célèbre régisseur de notre résidence étudiante aux Mines, je ne le citerai pas.
Il me fait un sourire radieux et me raconte un tas d’ânerie à une vitesse déconcertante. Là aussi j’ai le droit à la biographie de mes éventuels voisins. Le proprio me fait aussi l’apologie de la serrure super anti-méchant à l’entrée de l’appartement, ça prend une petite dizaine de minutes avant de pouvoir visiter l’appart. La visite est tout aussi imagée et dynamique, sans oublié le flot d’ânerie qu’il raconte. C’est grand, c’est propre, c’est joli. Il y a une grande cuisine, un grand salon, une grande chambre avec un grand dressing (moins grand que l’autre quand même) et une petite salle de bain.
Me voila qui hésite entre cet appartement et le précédent. C’est vrai que celui-ci est assez cher : 325$ par semaine et qu’on n’aura pas de jardin privatif. En plus, le bus passe assez loin. Mais le pire, c’est l’idée d’habiter chez ce monsieur. Ca veut dire que chaque fois que je le croiserai, il me racontera tout un tas d’idiotie en rigolant, ça tue tout.
La décision final – ze final decijion.
En plus, je crois que je préfère le petit jadin privatif de l’autre maison. J’appelle Christophe pour qu’il vienne visiter l’appartement de Sandringham et Peter pour qu’il apporte les papiers au cas où Christophe serait convaincu.
Cette fois, les hippies sont rentrés, ils ont fait un peu de rangement, si on peut appeler ça du rangement. Peter est venu avec ses enfants qui ont 5ans et 3ans et qui sont aussi hyperactifs que leur père. Au bout de 5 minutes, la fille de 5 ans a déjà lancé la tong de son frère sur le toît du garage et leur père escalade la paroi pour la récupérer. Christophe est d’accord pour la maison, Peter est on ne peut plus ravi d’annuler toutes les visites de demain, tout le monde est content.
Signer les papiers nous prend 3 fois le temps normal, le temps que Peter rattrape ses gamins qui courent partout et vont sonner chez les voisins.
Cette fois encore, Peter insiste pour nous ramener où on veut, et une fois encore nous acceptons. Nous montons avec les 2 monstres et Peter nous dépose devant le Mustang Grill&Pub pour … notre premier rendez-vous entre français !!!
Youhouuu enfin des francophones !! Ils sont tous de notre âge et très sympa. Je retrouve notamment Ismaël, avec qui j’étais en contact avant même de partir. Le seul hic, c’est qu’il y a des kiwis parmi nous et qu’il faut donc encore parler anglais. Une petite pinte plus tard, nous allons dans un petit resto-pizzeria. Les pizzas sont très bizarres, leurs garnitures ne sont pas du tout comme en France : à la place du jambon, il y a du poulet grillé. Ca fait très bizarre. Pour ne pas prendre de risque je tente la 4 fromages qui était à peu près une quatre fromages.
De longues discussions sur les bizarreries néozélandaises plus tard, nous décidons de créer un Ikea, un Décathlon et un vrai FAI comme Free. Nous nous quittons sur ces grands projets et nous rentrons chacun de notre côté.
Je suis vraiment soulagée à l’idée d’avoir un appartement. Un seul problème : il ne sera libre que le 30 avril, ce qui nous laisse une semaine sans logement. Ca attendra bien demain.
En voilà une bonne nouvelle!
RépondreSupprimerReste plus qu'à meubler tout çà...
A tchao !
Tes parents sont enfin rassurés, vous avez un toit sur la tête. Grâce au miracle de Google machin, on a même presque pu entrer dans le jardinet...
RépondreSupprimerBonne excursion pour ce week-end, et on attend tous avec impatience que vous puissiez de nouveau vous connecter.
Joyeuses Pâques!
Félicitations pour l'appartement ! J'espère qu'il est mieux que celui de Versailles :)
RépondreSupprimerBon courage pour tout nettoyer quand les hippies seront partis...