dimanche 2 octobre 2011

Chronique d'une semaine traumatisante

Vendredi 30 septembre

Aujourd’hui s’achève ma première semaine de travail depuis plus de 5 mois. Voici un rapide récapitulatif des évènements les plus importants de cette semaine.

Lundi : Mon premier jour de boulot. Comme le patron n’est pas trop sûr de mes compétences, il m’a confié à Gérald, le responsable de la production, pour travailler comme ouvrière. Mon boulot consiste à souder des composants sur des circuits puis souder les circuits dans leurs boitiers et cela devrait durer une semaine. A la fin de la première journée, je ne peux déjà plus voir un fer à souder en peinture.

Mardi : Ma journée est bien partie pour être exactement la même que la veille. Vers les 10h (juste avant le tea time), Anna, la patronne et mère poule de la compagnie, passe voir comment je me débrouille en soudure. « Elle est plutôt douée » répond Gérald. « Parfait, elle va pouvoir passer dans le local des techniciens pour voir les méthodes et les outils de test. Cullen la remplacera ». Me voila promue technicienne ! Sur le moment, j’ai un peu de peine pour Cullen, le neveu d’Anna, qui va passer de technicien à ouvrier. Le moment de peine est vite passé, mon nouveau boulot est mille fois plus chiant que le précédent : je dois placer un circuit sur le banc de test, lancer le test en cliquant sur un bouton et attendre 2 minutes. Ensuite je peux retirer le circuit, y poser une étiquette « tested » et passer au suivant. C’est à mourir d’ennui. Cesar, le technicien mexicain prend pitié et me donne d’autres composants à souder entre deux changements de circuit.

Heureusement, l’ambiance est bonne : Cesar parle à peine anglais mais un autre technicien, Carmello, est un vieux philippin très rigolo. De plus, cette semaine, Rolla le directeur commercial travaille avec nous pour remplacer un autre technicien en vacances. Rolla a un horrible accent sud-africain-kiwi et fini toutes ses phrases par « hey !». C’est d’ailleurs le seul mot que je comprends de ses phrases mais comme il a l’air de raconter des trucs marrants, ça me fait rire. Apparemment, il passe le plus clair de son temps dans les clubs et les boites de nuit d’Auckland.

Mercredi : Quand j’arrive, un homme que je ne connais pas se trouve dans le local des techniciens. C’est Francisco, un autre mexicain, qui vient d’atterrir à Auckland avec sa copine française. Il parle un français impressionnant et m’explique que l’oncle de Cesar a travaillé avec lui et qu’il lui a fait une recommandation pour Texmate. Il a donc rendez-vous avec Anthony pour un entretien. En attendant, il discute avec nous. 

Vers midi, Rolla nous propose de nous emmener déjeuner. Je suis un peu ennuyée, j’ai mon déjeuner dans mon sac. « Allez, un repas gratuit, ça ne se refuse pas » me dit-il. Bon d’accord. Nous montons alors dans son énorme 4x4 Lexus et nous parcourons 400m pour traverser la rue et nous garer sur le parking du café d’en-face. Le menu est un peu étrange mais j’opte pour une salade avec des côtelettes  d’agneau. Le plus dur est bien-sûr de leur faire comprendre « saignant » pour la cuisson. Une demi-heure plus tard, je reçois une assiette de côtelettes bien cuites. Francisco s’inquiète « je croyais qu’on avait qu’une demi-heure pour le repas ». « T’inquiète, vous êtes avec moi » lui répond Rolla en engouffrant un énorme steak. 

Pendant le reste de l’après-midi, je continue mes tests et mes soudures. Lorsque je demande si je dois partir à 17h30 au lieu de 17h à cause de la longue pause déjeuner, mes collègues me regardent étrangement « bah non, pourquoi ? ».

Jeudi : Aujourd’hui, je reçois enfin mes ordres de technicienne ! Anthony, le patron (et mari d’Anna), me parle des différents outils de tests et de ce qu’il aimerait améliorer. Pour l’instant je dois me concentrer sur mon testeur actuel et créer un outil de suivi des résultats pour savoir combien d’entre eux échouent et pour quelles raisons. C’est du super boulot d’ingénieur, je suis ravie.

A la pause déjeuner, Anna annonce qu’un repas sera offert par la boite le lendemain. Rolla ajoute qu’il est donc indispensable de prévoir du vin pour moi. Super. Après quoi il me demande si je préfère du rouge ou du blanc. Question stupide à laquelle je réponds «  bah ça dépend de ce qu’on mange », ce qui me vaut  l’approbation générale. Je n’ajoute pas que, de toute façon, le vin néo-zélandais est dégueulasse.

Vendredi : Thanks god it’s Friday. J’ai un peu du mal à me lever ce matin et je dors à moitié sur mes tests. A la première pause-thé, tout le monde se regroupe autour de la table de la cuisine pour choisir le repas du midi. Il est prévu de manger chinois et en moins d’un quart d’heure, pratiquement tous les plats marqués sur le menu sont entourés.
-           « Ajoute un canard façon BBQ ! »
-          « Ah ouais c’est trop bon ça » 
-          « Il faut aussi du porc sucré-salé ! »
-           « Ok mais il faut aussi un poulet-citron »
-          « On prend combien de portion de riz ? »
-          « Bah on est 20, t’as qu’à en prendre une quinzaine »
-          « Et la bière ?» (ça c’est Rolla).

Vers midi et demi, c’est donc le festin. Je suis particulièrement fan du poulet sucré-salé avec des morceaux d’ananas. Autant dire que le travail reprend difficilement, sinon pas du tout. César et moi jouons aux fléchettes sur une cible au fond de l’atelier et apparemment, je ne suis pas la première à percer les cartons entreposés près de la cible. 

Vers 16h30, alors que nous avons péniblement repris le boulot après la seconde pause-thé, Rolla passe nous taper dans le dos « Allez, éteignez moi tout ça ! » et Gérald de le suivre de près et de me mettre une canette de bière dans la main.
C’est vendredi soir, il fait beau, on s’assoit tous dehors au soleil sous le regard médusé des autres entreprise du bloc. Consciente de devoir reprendre le volant pour rentrer, je demande quelle est la limite légale d’alcoolémie pour pouvoir conduire. Rolla et Cullen, qui font dans les 110 kg chacun, m’expliquent : « La règle, c’est que tu peux boire 3 bières coup sur coup et qu’après il faut attendre une heure avant d’en reprendre une ». Je suis un poil dubitative donc je me contente de mon unique bière avant de rentrer pour mon premier weekend de femme active en Nouvelle-Zélande.

Note : après vérification, la limite légale d’alcoolémie dans le sang en Nouvelle-Zélande est de 0,8g par litre de sang. Mais Rolla me rassure : « Une fois, j’étais complètement bourré au volant, je me suis fais contrôlé et les flics m’ont laissé repartir. Leur machine ne marche jamais ». C’est bon à savoir.

Note2 : Comme dit le proverbe, mieux vaut être traumatisée que pas assez.

9 commentaires:

  1. troooop bien !!!!
    je suis vraiment fan............
    bisou à tous les 2

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  2. Merci, merci :) Ca fait plaisir d'avoir au moins un commentaire pas post. Tous des fainéants !

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  3. C'est pas une raison pour rouler bourrée!
    PS: A ce propos (!), ça existe le McDo en NZ?

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  4. Oui oui Mc DO existe, même qu'on a été malade les deux fois où on y a été. Sinon, il y a le Nirvana du fast-food : le Burger Fuel ! C'est une chaine avec des vrais burgers de malade et ils sont délicieux.

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  5. Bon, ben ça a l'air marrant la NZ :)

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  6. Tu devrais introduire la pause café de 11h et de 15h en plus des autres pauses pour renforcer la productivité de la boite :p

    Ca a l'air tellement burlesque

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  7. Si c'est une entwepweneuse qui le dit, je vais transmettre la suggestion. Tu me fais un ppt pour soutenir tout ça ?

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  8. Mieux que le Burger Gourmet Kitchen ???!!!

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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