vendredi 12 avril 2013

Pâques à Abel Tasman National Park

Voici la troisième fois que nous fêtons Pâques en Nouvelle-Zélande ! Comme les deux fois précédentes, le Good Friday et le Easter Monday sont fériés, ce qui nous laisse 4 jours pour partir à l'aventure.

Cette année, l'aventure se passe dans le parc national Abel Tasman, tout au nord de l'île du sud. Là :
 Au programme : bein on ne sait pas trop mais ça va impliquer du kayak, de la marche et du camping, nous aviserons bien sur place.

Vendredi 29 mars

Aussitôt dit, aussitôt fait, vendredi 29 mars 2013, nous nous levons à 4h du matin (tu parles d'un Good Friday) pour prendre notre avion pour Nelson. A travers les vitres de la salle d'embarquement, nous voyons un coucou à hélice ridicule que nous prenons pour le nôtre et dont nous nous moquons allègrement. En fait, notre avion arrive un peu plus tard et il est encore plus petit. A peine avons-nous décollés que nous atterrissons à Wellington, capitale du pays (400 000 âmes). 

Il nous faut donc prendre un second avion entre Wellington et Nelson. Dans la salle d'embarquement, on nous annonce que le vol aura 1h de retard. Pour un vol de 30 minutes, c'est un peu beaucoup mais nous patientons. Christophe pose alors une question intéressante : "où est mon appareil photo ?". Heureusement, l'appareil a été sorti par une hôtesse de l'air et l'attend toujours bien sagement à la porte de débarquement. Tout va bien. 

Une heure et demi plus tard, notre avion, encore plus petit que le précédent, atterrit à l'Aéroport International  de Nelson. Non, je plaisante, l'aéroport de Nelson est pratiquement plus petit que notre salon. Il y a une porte pour entrer et une porte pour sortir. Les bagages sont débarqués sous un auvent à l'extérieur du bâtiment. D'ailleurs, nous mettons un peu trop de temps à récupérer notre bagage et celui-ci se retrouve embarqué par la "sécurité". 

Vers 10h30, nous avons tous les bagages, l'appareil photo et le cerveau de Christophe, tout va bien. Un minibus vient nous chercher pour nous emmener à l'entrée du parc, dans le village de Marahau. Nous avons finalement décidé de louer un kayak pour les 2 premiers jours puis de poursuivre à pied, avant de revenir au point de départ en water-taxi.

Itinéraire en orange avec des traits pas droits :
Bon, en fait, ne voit rien.
On ne peut pas mettre les sacs de rando dans le kayak donc nous vidons tout ce dont nous aurons besoin les 2 premiers jours dans des sacs plastiques que nous glissons dans les compartiments du kayak, et un water-taxi nous apportera le reste dans 2 jours. C'est réglé comme du papier à musique, les kiwis sont très organisés.

Ensuite vient une formation rapide à l'utilisation du kayak. Les 2/3 du cours consistent à nous expliquer comment s'arracher du kayak en cas de chavirage, comment le remettre à flot et comment lancer un signal de détresse en cas de mort imminente. Tout va bien, pas de stress. 

Nous voila partis ! Seuls au milieu des flots déchaînés sans nul point de repère ni espoir d'être secourus ! En fait, il fait très beau, il y a juste une petite brise qui nous rafraîchit dans notre effort. Les 10 premières minutes consistent à s'engueuler sur la direction à prendre et le rythme de pagayage (oui, je sais, ce mot n'existe pas) mais ensuite nous prenons le pli et nous montrons bigrement efficaces. Il faut dire que l'instructeur a dit qu'il fallait compter entre 3 et 5 heures pour rejoindre Anchorage Bay, notre première destination et comme il est déjà 13h30, nous avons peur de ne pas arriver avant la nuit.
Une petite escale en chemin
Une petite vidéo du parc Abel Tasman, vu depuis un kayak. Attention à ne pas attraper le mal de mer :



Nous prenons tout de même le temps d'aller à Adele Island voir une colonie de phoques paresseux, puis de faire un petit tour sur nous-même pour récupérer notre bouteille tombée à l'eau, puis un deuxième petit tour  un peu plus tard pour récupérer, cette fois, le chapeau de Christophe.


Enfin, juste avant d'entrer dans Anchorage bay, alors que la fatigue de la courte nuit et d'une demi-journée de pagayage commencent à se faire sentir, nous entrons dans la zone du "Mad Mile". C'est une zone incontournable où le vent est tellement fort que nous avons l'impression de reculer malgré toutes les forces que l'on met à pagayer. Nous finissons par surmonter le Mad Mile et entrer dans la baie, notre première escale du weekend.

Mais les efforts ne s'arrêtent pas là. Pour ne pas que le kayak parte se balader pendant la nuit, il nous faut le hisser sur des rails, derrière la ligne des arbres de la plage. Nous avons donc pu découvrir à quel point il est peu pratique de porter un kayak d'une centaine de kilos alors qu'on a les épaules en miette et les genoux bloqués par 3 heures passées accroupis. Heureusement, on est malin : nous vidons les compartiments du kayak sur la plage pour gagner du poids et nous finissons par réussir à hisser/trainer/tirer le kayak jusqu'en haut de la plage.

Il n'y a plus qu'à faire signe à l'équipage du backpacker pour qu'il vienne nous chercher. L'équipage ? Et oui  ! Nous dormons ce soir sur un bateau-backpacker! Et dans le prix est compris un diner-BBQ et un petit-déjeuner le lendemain. De quoi nous remettre d'aplomb.

Dimanche 30 mars

Ce matin c'est grasse matinée, nous nous levons à 8h et petit-déjeunons en regardant le soleil se lever.
Lever du jour sur Anchorage Bay

Lorsque nous sommes prêts, nous sommes débarqués sur la plage avec nos bagages-sacs plastiques. Nous laissons les sacs sur la plage et partons rechercher notre pesant kayak sur son rail. Alors que nous le rapportons tant bien que mal sur la plage, un homme s'approche et nous dit "excusez-moi, mais il me semble qu'une mouette s'est barrée avec votre déjeuner". En effet, des mouettes sont en train de ravager nos sacs plastiques et de se servir dans nos victuailles. Je cours vers elles en poussant force hurlement pour les faire fuir mais un énorme goéland parvient à s'emparer de notre bloc de fromage et s'envoler un peu plus loin pour le manger. Je pars donc à sa poursuite en hurlant et en lui jetant tout ce qui passe à portée main. La bestiole finit par abandonner le fromage mais pas avant de l'avoir réduit en miette et couvert de sable. Autour de moi, les quelques passants sont écroulés de rire sur la plage et pas un seul de ces idiots n'a pensé à m'aider.
Le coupable, si vous en voyez un, jetez-lui une claquette de ma part.
Enfin, après ce sprint qui me sert d'échauffement, nous reprenons la mer et nous suivons tranquillement la côte. La marée est en train de monter, c'est une chance qui nous permet d'entrer dans les lagons des diverses baies, inaccessibles à marée basse. La palme du lagon paradisiaque revient à Frenchmans Bay (qui d'autre!). Nous entrons dans la baie avec la marée et n'avons plus qu'à nous laisser porter jusqu'au bout du lagon.

Il n'y a que nous, notre kayak jaune fluo et la nature. C'est le moment de piquer une petite tête!


Un peu plus tard, nous reprenons les pagaies et traversons jusqu'à une petite île abritant une colonie de phoques. Comme d'habitude, ceux-ci sont fort occupés à ne rien faire sur leurs rochers. Au passage, notre instructeur savait très bien dire "phoque" en français et ça l'amusait beaucoup. Entre le phoque et le coq, on n'est pas aidé chez les rosbifs. 

Finalement, nous arrivons à Bark Bay vers midi et demi, la destination de notre seconde journée. Nous n'avons plus qu'à attendre que le water-taxi nous apporte nos sacs et récupère le kayak.
L'estuaire de Bark Bay à marée basse

Deux heures et demi plus tard, on s'ennuit fermement sur notre plage paradisiaque. Pas sûr qu'aller au Paradis soit une bonne idée après tout. Le water-taxi fini tout de même par arriver et nous débarquer nos sacs. Au passage, il embarque le kayak qu'il hisse sur son bateau d'une seule main. Pour nous, il est temps d'installer le bivouac.

Encore faut-il trouver un bon emplacement sur le camping du DOC. "Ici ? non c'est trop en pente. Ici ? Non, il y a quelques cailloux. Et là ? C'est un peu trop près d'un des emplacement de feu, il va y avoir du bruit." Enfin, au moment où Christophe s'apprete à m'assomer à coup de piquet de tente, je me décide pour un emplacement bien plat, sans cailloux bien qu'un peu près d'un foyer. Nous pouvons donc monter la tente. Easy-peacy, comme le fait remarquer Christophe "on ne s'est pas trop engueulés en montant la tente".

Vient ensuite le temps du diner : pates à la bolognaise avec du parmesan (pas le fromage mangé par le goeland).

Il est 20h00, il fait nuit noire mais ça me déprime d'aller me coucher à cette heure-ci. Nous nous joignons donc à un feu de camp et commençons à discuter avec d'autres voyageurs, et notamment un groupe de 3 kiwis et un finlandais très sympathiques. Et là, au beau milieu d'un parc national, débarquent 3 kiwies fetant les 30 ans de l'une d'elle dans la grande tradition anglo-saxonne : elles boivent des mugs entiers de vodka, sont habillées de couleurs flashy et hurlent de rire en racontant des aneries. Elles entreprennent de danser le Harlem Shake puis Gagnam Style avec la musique de leur ipod, toujours en beuglant, sans aucune considération pour les familles tout autour. Finalement, j'ai bien fait de ne pas me coucher tout de suite.

Vers 22h, nous quittons le feu de camp et les 3 folles pour aller nous coucher. Le ciel est complétement dégagé mais il est prévu de la pluie pendant la nuit donc nous pensons à aller mettre nos sacs sous l'abri de la cuisine.

Dimanche 31 mars

Comme prévu, au lever du jour, il pleut des hallebarde, impossible de sortir de la tente. Heureusement, le déluge se calme et il fait bientôt un temps splendide. Nous prenons le petit-dejeuner sous les regards assassins des autres campeurs qui semblent penser que nous sommes ceux qui ont fait tout ce raffut la nuit précédente. Nous avons vite fait de dénoncer les autres et tout va bien.

Nous plions bagage tranquillement, de toute façon la marée a commencé à monter et il est trop tard pour prendre le raccourci accessible à marée basse. Le chemin passe par la forêt primitive mais longe tout de même la côte de sorte que nous avons vu sur les superbes plages du parc. 
Bark Bay vu d'en haut, le camping est sur la petit langue de foret au centre.
Deux heures de marche plus tard, nous avons chaud et les sacs sont lourds. Nous nous arrêtons à un camping sur notre route pour nous baigner. Seulement, le ciel se couvre presque immédiatement de gros nuages noirs et j'enfile ma polaire plutôt que mon maillot de bain. Christophe, lui, est déjà dans l'eau, mais seulement jusqu'aux hanches. On dirait que l'eau est un peu fraîche.


Alors que nous profitons de la pause pour déjeuner rapidement, la pluie se met à tomber. Tout les randonneurs se retrouvent entassés dans l'abri de cuisine. Nous y retrouvons le groupe avec le finlandais ainsi que les 3 "Dames Ginette" comme nous avons surnommé les 3 folles kiwies. Elles sont toujours aussi bruyantes, on n'entend qu'elles dans l'abri. Nous avisons aussi un groupe de 3 français, les premiers que nous rencontrons en 3 jours. "Chouette, on va pouvoir jacasser un peu" me dis-je, mais finalement, nous n'avons rien à nous dire.

L'averse ne dure qu'une dizaine de minutes mais nous sommes coincés quand même. Pour pouvoir continuer, il faut franchir une embouchure à gué et la marée est trop haute, il nous faut encore attendre 2 heures sur notre berge. Peu à peu l'eau baisse et un groupe de trois chilien tente la traversée. Les deux premiers passent sans trop de difficulté mais avec de l'eau jusqu'aux fesses. Le troisième fait un faux-pas et se retrouve sur les fesses. Heureusement, il se relève vite et son équipement n'a pas l'air d'avoir pris l'eau. 
Le gué. Et oui, c'est profond et il y a du courrant.
Nous traversons 15 minutes plus tard avec de l'eau jusqu'aux cuisses et nous reprenons le chemin. Encore une heure de marche plus tard, nous arrivons à un embranchement en même temps que le groupe de français. A droite : le camping à 1h30 de marche, à gauche : le camping à 1h de marche et un café-bar au milieu. Ni une, ni deux, nous prenons la direction du bar et les français suivent peu après, sans avoir fait aucun signe de vouloir engager la conversation. 

Nous arrivons enfin au bar et retrouvons  avec surprise tous nos compagnons de marche : les kiwis avec le finlandais, les dames Ginette, les chiliens et les français ! Je crois que tout le monde en a marre de marcher, traverser des gués et se faire manger par les sandflies. Nous commandons des cidres en même temps que les autres français qui vont ostensiblement s'asseoir entre eux. Ca me déprime profondément, personne ne m'aime, on est associable c'est nul. Mais les kiwis-finlandais nous font signe de les rejoindre et ça va mieux. Finalement, nous ne sommes pas associables, ce sont juste ces français qui sont cons. 

Avec tout ça, nous ne sommes pas encore arrivés, il reste encore 45 minutes jusqu'au camping de ce soir. Mine de rien, un cidre complètement à jeun après de l'effort et avant de reprendre l'effort, ça cogne drôlement et ça ne facilite pas du tout la tâche. Un peu plus bas, il y a encore un estuaire à traverser à gué mais la marée est suffisamment descendu pour pouvoir traverser sans enlever les chaussures. Par contre, le vent s'est levé et souffle pile face à nous. 
Les 15 dernières minutes sont les pire : marcher dans le sable, contre le vent et avec les sacs qui gagnent du poids à chaque pas, la galère!
Ca ne se voit pas mais on en a marre de marcher. (Ne faite pas attention à l'horizontalité de la photo.)

Enfin surgit le camping d'Awaroa (essayez de le prononcer en anglais)! Halleluia, on est arrivé ! Les kiwis-finlandais nous proposent de nous installer à côté d'eux, un coin parfaitement plat, sans cailloux et abrité du vent ! Nous avons d'ailleurs la même tente qu'un des kiwis et il n'a pas l'air de savoir la monter mieux que nous. Après échange de suggestion et comparaison, nous finissons par avoir un résultat correct. 
La tente de Christophe Hoch, montée par Christophe Jay
Christophe et moi avons chacun un tapis de sol, le mien est un auto-gonflant et celui de Christophe est un fin matelas de mousse qu'un visiteur nous a laissé, c'est une horreur. Par soucis d'égalité des sexes, cette nuit c'est moi qui aurait le tapis de sol pourri. Tu parles d'un progrès! 

Pour diner, pas de fataisie, les pates-bolognaise sont au menu. Après manger, il n'y a pas de feu de camp dans ce camping donc nous finissons "au lit" de bonne heure. De toute façon, le ranger a dit que pour traverser l'estuaire et continuer le chemin, il fallait traverser avant 9h le lendemain. Nous entendons quelques vagues mugissement en provenance du coin des dames Ginette mais heureusement, elles n'ont plus de batterie à leur ipod ni de feu de camp où emmerder tout le monde.

Lundi 1er avril

Ce matin, il fait très beau. Nous petit-dejeunons près d'une famille kiwie pendant qu'un weka, une sorte de caille sans aile de la taille d'un poulet, fait le tour des tables pour chercher des miettes. 

Dès 8h30, nous attaquons la traversée de l'estuaire. Cela prend plus de 20 minutes, pied-nus, dans la vase glaciale avec occasionnellement des cours d'eau tout aussi glacial à traverser. Super. En plus, j'ai envie de faire pipi. Mon sac à dos à un fantastique harnais qui me sert bien la taille, et accessoirement, la vessie. 
Lever du jour sur l'estuaire d'Awaroa, et de la vase entre les orteils.
De l'autre côté de l'estuaire, je bénie le DOC qui a eu l'idée de disposer des toilettes. C'est probablement pour les gens qui attendent la marée basse de l'autre côté mais ça me va très bien. Quand j'en ressort, c'est pour voir Christophe en train de s'essuyer consciencieusement la vase de ses pieds avec ma serviette de bain. Les cigognes ne doivent pas livrer les cerveaux jusqu'à La Ciotat, je ne vois pas d'autre explication. D'ailleurs Christophe confirme mon hypothèse : "je sais pas, j'y ai pas pensé".

Bref, nous reprenons la route. L'étape d'aujourd'hui ne fait qu'1h30 de marche mais on en a déjà plein les pattes. Je n'ose pas imaginer 4 jours entiers de randonnée avec sacs et nourriture. Nous faisons bien une petite pause sur une plage mais nous nous faisons tellement dévorés par les sandflies que nous reprenons la marche avant de nous être reposés.

Encore une bonne colline à gravir puis redescendre et nous voila en vue de Totaranui, la fin de notre périple. Pour le coup, c'est un camping grand luxe avec électricité et rempli d'énorme camping-car. Nous nous trainons jusqu'au point d'accès au water-taxi qui devrait passer vers 13h45. Il à peine 11h, encore une longue attente en perspective. La ciel est bien couvert, même Christophe ne propose pas d'aller se baigner. Nous nous empiffrons plutôt de chocolat. 

Vers midi, j'ai fini mon bouquin d'Hemingway. C'est pas mal, mais aucune histoire ne se finit bien. On dirait du Zola mais au moins, les décors ont l'air magnifique, pas comme Paris vu par Zola. 
Un capitaine de water-taxi s'approche de nous et nous demande si nous ne sommes pas ses clients. Nous ne sommes pas ceux qu'il cherche mais comme les clients en question sont introuvables, il nous propose de nous ramener immédiatement à Marahau.

Nous embarquons donc sur le water-taxi et voyons bientôt défiler toute la côte du parc national. Tout le chemin que nous avons fait en 3 jours, notre hors-bord le parcours en 20 minutes. Nous arrivons enfin à Marahau mais le bateau ne ralenti pas pour nous laisser descendre. Il fonce droit sur une rampe de mise à l'eau où l'attend une remorque et fait monter directement le bateau sur la remorque. Un tracteur tire alors la remorque hors de l'eau et nous embarque tous, remorque, bateau et passagers, sur la route de l'agence de water-taxi. Terminus, tout le monde descend. 
Notre bateau-taxi-bus-chose.
La navette pour Nelson ne part pas avant 16h, et nous avons faim. A Marahau, il y a un unique café-bar mais tout le monde a eu la même idée que nous et leur cuisine est fermée parce qu'ils sont débordés. Christophe choisi alors un gateau et moi un smoothie. Bouhou, je voulais un burger, ou plutôt des frites, pleines de sel et de graisse, avec de l'aïoli (les kiwis sont fous d'aïoli).

Vers 15h, nous retournons près du point de départ de la navette. Et là, Halleluia ! Une baraque à frite a réouvert ! Je choisi un énorme cornet de "wedges", des grosses frites, avec de la crème et de la sauce sweet chili. Au moins 2000Kcal ! La vie vaut finalement la peine d'être vécue.

A 16h, la navette passe comme prévue. Notre avion étant à 18h30 à Nelson, la conductrice est ravie : "cool ! Comme ça je peux rouler vite et j'aurai une excuse si on se fait arrêter !". beuuh... Pendant tout le trajet, elle jacasse avec une passagère hollandaise à l'anglais parfait. Les habitants de Nelson ont une drôle d'habitude qui consiste à regarder son interlocuteur quand on lui parle, même quand on est au volant. Le premier chauffeur de navette le faisait aussi, ainsi que le capitaine de water-taxi.

A 17h tapante, nous sommes à l'aéroport de Nelson où nous imprimons nos billets. Ceux-ci indiquent "vol à 19h50". Il doit y avoir une erreur, ce n'est pas le bon vol. Si, si, il est juste très en retard, nous assure l’hôtesse d'accueil. Ah oui, sur un vol de 30 minutes, ça commence à faire beaucoup. C'est reparti pour 3 heures d'attente. Je pense que 50% de notre weekend de 4 jours a consisté à attendre : attendre le water-taxi, attendre la marée, attendre l'avion et bientôt, attendre la navette de l'aéroport d'Auckland.

Enfin, lorsque l'avion arrive, nous embarquons rapidement, atterrissons tout aussi vite à Wellington. A Wellington, l'officier de la sécurité trouve un objet suspect dans mon sac, le scanner voit quelque chose de métallique, long et fin. Après avoir vidé mon sac, nous trouvons les coupables : j'ai les fourchettes et les cuillères avec moi. Ah bah c'est bon alors, merci. Donc sachez qu'un coupe-ongle est trop dangereux mais une fourchette en acier, ça va.

Après cela, nous rembarquons pour Auckland et atterrissons avec une bonne heure de retard. Encore une fois, nous attendons la navette puis récupérons la voiture. Le temps de rentrer, il est à peine 23h mais nous nous écroulons de fatigue. Normalement, nous en avons fini avec les balades jusqu'au printemps prochain.

Remerciements : pfiou, j'ai failli oublier ! Un gros gros merci à Christophe Hoch pour sa tente de randonnée, bien plus pratique que la nôtre. Et merci aussi pour son grand sac à dos qui nous a permis de balader une grande quantité de bazar sur 4 jours. Pas de remerciement en revanche à Valentin pour nous avoir laissé son tapis de sol tout pourri. Merci à Leslie de m'avoir remerciée sur son blog, qui est quand même moins bien que le mien. Et enfin merci à Elsa de nous avoir conseillé l'Aquapacker pour notre première nuit, probablement la meilleure du weekend.

samedi 2 mars 2013

Coromandel, toussa toussa

Yeah! Déjà 6 mois que mon récit sur l'Australie est en retard ! Du coup, je me suis dit que je n'allais pas le finir. Sydney c'était pas trop mal, mais pas de quoi casser des barreaux de chaise. En plus j'ai eu mal aux pied pendant les 3 jours. Globalement, on a fait une randonnée de la mort qui tue (en ayant mal aux pieds), on a mangé des glaces, pris le ferry, on s'est battu a mort avec des chinois sur le ferry pour pouvoir faire des photos du pont et de l'opéra, on a vu un crocodile et des kangourous au zoos, ça nous a donné faim alors on a mangé un fillet de kangourou délicieux au resto d'en face, et le dernier jour on a joué une voiture pour aller voir les Blue Mountains au pas de course et rentrer à l'aéroport en fin d'après-midi.

Au final, Sydney c'est cher, ça fait mal au pieds et l'eau du robinet est dégueulasse. Par contre, le kangourou c'est excellent. Enfin, si ça se trouve, c'était du cheval.

Depuis cet épisode, nous avons fait moult  choses, dont des vacances bien méritées dans la mère patrie en famille et entre amis. C'était bien sympathique mais on ne peut pas dire qu'on était déçus de quitter 3 semaines de pluie froide et retrouver les eaux turquoises de Nouvelle-Zélande.

Nous profitons bien de l'été, particulièrement chaud et sec cette année. Il faut dire qu'il n'a plu qu'une ou deux fois ces deux derniers mois. Les jardins et les cultures ne sont pas franchement ravies. Nous par contre...

L'été en photo :

Peu après notre retour, Max, Marie-Line et Denis, des amis d'enfance de Christophe, sont venus nous voir pour 2 semaines. Nous avons donc commencé par un pique-nique à Raglan (comme les manches).


De l'avis général de nos invités, le Nouvelle-Zélande a plus de charme que l'hiver breton.

Après leur départ, c'est Laura-Maï qui est arrivée. Maï est parmi nous pour quelques mois, le temps de parfaire son anglais. Enfin, il faut quand même commencer doucement et nous l'avons donc emmener voir notre coin favori : le Coromandel. Evidemment, la marée n'était pas avec nous donc nous avons dû faire une croix sur Hot Water Beach et sa source d'eau chaude (brulante en fait).

Par contre, à Cathédrale Cove, c'était parfait :




Après tout un samedi à ne rien faire que se baigner dans les eaux translucides du Pacifique, j'ai proposé qu'on fasse une petite randonnée le lendemain. Cette randonnée est conseillée sur deux jour avec une nuit à la hutte, mais comme il était indiqué qu'elle faisait 7 à 9 heures, on s'est dit que c'était facilement faisable en une journée. C'était horrible, 4 heures de montée sur des énormes marches puis des petites marches, et pour nous achever...des échelles et enfin de l'escalade.

Enfin, ça fait joli sur les photos.
Ce n'est pas encore le Pinnacles mais c'est un peu le même principe. Il y a fort fort longtemps, c'était un peu le bazar en Nouvelle-Zélande. Il y avait des volcans en eruption dans tous les sens. Quand ils se sont calmés, un bouchon de lave s'est formé en se refroidissant dans le cratère.
Au fil des années, les parois des volcans se sont érodées et il n'est resté que les bouchons, plus solide que le reste, et qui forme ces petits pics.
A loin, très très loin, notre destination, The Pinnacles.
On se rapproche !


330, 331, 332, je hais les randos, 333, 334, mais qu'est ce que je fous là, 335, 336, arrivé à 400 je m'arrête et je boude, 337.... (il y  avait 550 marches depuis la hutte au pied du Pinnacles)

Le pied du Pinnacles en question
 Vous n'aimez pas les marches ? Pas de problème, on a prévu des échelons pour les 200 derniers mètres.
Bah c'était pas si dur finalement ! Elle est où Barbara ? ( Maï prétend qu'elle n'a pas fait de sport depuis le lycée, elle fume et son père et son frère la surnomment "la grosse", pourtant elle a fait la rando en courrant et en faisant des pauses clopes pour nous attendre)
 

I did it !
 
 Dire qu'il va falloir redescendre tout ça.
Et en prime, la photo panorama, maintenant que je sais les faire. Vive Hugin, petit logiciel super balèze.

Après cela, j'avais de telles courbatures aux mollets que je n'ai pas pu marcher pendant 3 jours, et encore moins descendre les marches au boulot.

Le weekend suivant, j'ai promis à Laura-Maï qu'on ne ferait pas de randonnée. On a été à Karekare, la plage mystique d'Auckland. Sauf qu'il faisait très beau, que la mer était chaude et qu'il n'y avait pas de brume donc ce n'était pas du tout mystique.
Du coup, on s'est baigné et on a brûlé. Même après 2 ans, on se fait encore avoir.


 Je vous présent Johann, français fraichement débarqué chez les kiwis. Du coup, on lui fait aussi faire le tour du propriétaire.


Je dois dire qu'on a bien fait d'aller à Karekare ce weekend-là parce que le lundi suivant, un homme qui se baignait dans une baie un peu au nord a été attaqué par un requin blanc. L'homme et un des requins sont morts mais les plages du coin sont fermées. Un peu plus et on n'aurait pas pu se baigner.

Voilà pour les dernières nouvelles de Down Under. Ne perdez pas courage, l'été sera bientôt de votre côté.

vendredi 26 octobre 2012

Australie! oh non, pas encore...

Ca y est ! Je me suis mise à la rédaction du récit de notre weekend à Sydney, NSW, Australie. Il faut dire que j'ai eu une sorte d'angoisse de la page blanche, doublée d'une déception à la vue de nos photos-souvenirs. Ca m'apprendra, il ne faut jamais laisser la responsabilité d'une chose aussi importante que les photos à quelqu'un d'autre (au hasard, Christophe, hem). Celui-ci ayant sournoisement jeté mon appareil photo dans le sable de Te Paki, il ne nous est resté que son reflex pour immortaliser notre weekend. Or, Christophe a un reflex mais semble avoir horreur de prendre des photos. Et celles qu'il prend ne sont pas droites (si si, vous verrez).

Bref, passons au récit :
Parmi les hérésies du monde britannique, il y a le Labour Day, la fête du travail, qui tombe un 22 octobre en Nouvelle-Zélande (et le 4 octobre en Australie).  Voulant fuir le froid hivernal de la Nouvelle-Zélande, nous nous sommes tournés vers le bled le plus proche : Sydney (2153 km, 1338 miles). Ayant posé notre vendredi pour faire bonne mesure, nous avons dégoté un super deal sur Expedia et nous avons fait nos bagages.

Vendredi 19 octobre


Lever à 4h30, les vacances c'est tout d'abord fait pour se reposer. Nous sautons dans la voiture, nous la garons au parking longue durée et nous sommes à l'enregistrement à 6h tapante (le vol était à 7h). Nous avions vaguement oublié que Auckland-Sydney était un vol international et qu'il est généralement de bon ton d'être à l'aéroport 2h avant le vol. Le temps d'avoir un léger arrêt cardiaque en ne voyant pas notre vol dans la liste des départs, une hôtesse nous indique que le vol 8001 de Virgin Australia est en fait le vol 101 d'Air New Zealand. Jusqu'ici rien que de très logique. N'ayant que des bagages cabines (nos super sacs de rando Décathlon, vive Décathlon), nous fonçons à la sécurité puis à la douane et enfin à la porte d'embarquement pile à temps pour embarquer. Pfiou ! A ne pas refaire pour Noël.

La traversée de la mer de Tasmanie prend tout de même 3h et nous avons le temps de regarder les classes affaire se faire servir un petit déjeuner pendant que la piétaille doit se contenter d'un verre d'eau. J'ai faim mais j'ai pensé à emporter mes michokos tout juste arrivés de France (merci maman).

Enfin ! Nous atterrissons à Sydney !  Il est 8h30, le soleil brille et il fait... 25°C. Wouhouuuu on est en vacances !! Nous passons rapidement la douane et la sécurité et nous voila prêts à partir à la conquête de la ville. Le premier objectif est de retirer des dollars australiens. Ca tombe bien, grâce à ma carte BNP, je peux retirer dans les distributeurs Westpac sans frais. Encore aurait-il fallu se souvenir du code pin. Tant pis, après deux essais, on sort la carte ANZ et on se résout à payer les 5$+2,5% de frais. Voleurs !

Maintenant il est temps de prendre la route de Sydney, et le moyen le plus simple c'est le train (ou plutôt un RER) : 15AU$ par personne, voilà qui annonce la couleur. En 20 minutes, nous sommes à Circular Quay. Que voit-on depuis Circular Quay ??? Le pont de Sydney !! et... l'Opéra de Sydney !! Bref, le duo présent sur toutes les cartes postales. C'est bon, on a tout vu, on peut rentrer à Auckland.

Le pont

L'opéra, voilà, circulez, y a plus rien à voir
Remarquez que malgré le grand soleil, je ne porte pas de chapeau et je suis encore en vie. C'est miracle pour nous, tellement nous avions oublié l'existence de la couche d'ozone. N'essayez même pas de reproduire cette expérience à Auckland, c'est l'insolation et la brulure au 3ème degré en un quart d'heure.

Reprenons. Avec tout cela, il est 10h et il commence à faire faim malgré les michokos. Une visite guidée de l'opéra commence à 11h, ce qui nous donne le temps de prendre un vrai croissant et un chocolat au pied de l'opéra en regardant le pont (le pont et l'opéra, c'est important). Nous avons aussi le temps d'aller acheter une bouteille d'eau à un convenience store, pour la modique somme de 5$ (4€). Et nous qui avions rigolé en lisant dans le guide qu'il fallait compter 200$ par jour pour une visite, une bière et un diner...

A 11h, la visite commence par une photo de chacun des visiteurs devant un écran vert pour nous vendre des photos-souvenir àlacon avec des montages moisis. Ensuite nous recevons des casques audio pour pouvoir entendre la guide. C'est pratique, on a pu l'entendre tousser des morceaux de phlegme dans nos oreilles comme si elle était juste à côté de nous.

Nous avons donc appris que l'opéra avait été dessiné par un danois Jorn Utzon, que la construction avait duré 14 ans et couté 103 millions de dollars quand il devait n'en couter que 7 millions. C'est ce qu'on appelle de la gestion de projet. Au final, Jorn a trouvé les australiens tellement idiots qu'il a abandonné et est rentré chez lui. Il faut dire qu'il avait dessiné quelque chose de plutôt cool mais personne ne savait le construire, c'est typique des designers.
Nous avons eu la chance de pouvoir visiter les 2 grandes salles : le Concert Hall (avec un orgue de 10 000 tuyaux) et l'Opera Theatre.

Après la visite, nous avons fait le tour du Botanical Garden pour prendre un peu plus de photos du pont et de l'opéra. 
Le pont et l'Opéra, avec une horizontalité très relative
Il est midi, il commence à faire très chaud et le parc grouille de coureurs. Tout Sydney doit être en train de faire son footing dans le jardin botanique. Nous, pendant ce temps, on s'est assis sur un banc et on a plutôt regardé la suite du programme. Nos sacs sont assez lourds et comme il est bientôt 14h, nous prenons le chemin de l'hotel pour y déposer nos affaires et remplacer ces insupportables jeans par un pantalon de toile. Bon en chemin, ça monte pas mal (pas autant qu'Auckland quand même) donc nous faisons quelques pauses.

Une pause
Sur le chemin de la gare, nous passons devant un beau batiment : la bibliothèque. "On va voir?" proposais-je à Christophe. "Bof" répondit-il. Après lui avoir lancé un regard furieux, je rentre dans la bibliothèque. C'est beau et en plus il fait frais. "Prends une photo !" lui dis-je enthousiasmée. "Bof" répondit-il. Nouveau regard furieux et je m’empare de l'appareil. Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi nous avons peu de photos de notre weekend.
La bibliothèque ! bof.

Deux billets de train outrageusement chers et 10 minutes plus tard, nous sommes dans le North Sydney à la recherche de l'hôtel. Le problème n'est pas tant de le trouver que de devoir se trainer jusqu'en haut de la colline où il est situé. Enfin dans notre chambre ! Nous vidons nos sacs, mettons des habits un peu plus adaptés. Au passage, je remarque que j'ai gagné une énorme ampoule sous un orteil mais un petit pansement et nous reprenons courageusement le chemin du centre-ville pour l'activité de l'après-midi : l'Aquarium de Sydney.

Arrivé à l'Aquarium, je suis sur les rotules. Mon ampoule m'empêche de poser l'avant du pied par terre. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de marcher des kilomètres uniquement sur les talons, mais au bout d'un moment on commence sérieusement à sentir son propre poids. Alors que nous nous asseyons 5 minutes, Christophe remarque que le bas de son jean est rouge : il s'est aussi fait des ampoules qui ont éclatées et couvert ses mocassins neufs de sang. Bien évidemment, les pansements sont dans la chambre. Epic win.

Mais bon, nous ne sommes pas des fillettes, des pédés, des petites natures, alors nous allons quand même visiter ce fichu aquarium. Là encore, nous sommes photographiés devant un écran vert et nous devons même faire âneries devant le photographe. 

Jusqu'à la fin de la visite, nous ne sommes pas impressionnés: le Kelly Tarlton Aquarium d'Auckland était beaucoup mieux. Et là, c'est le coup de foudre ! Un Lamentin ! Enfin, c'est un dugong et il parait que c'est différent mais pour moi, c'est un lamentin et c'est la première fois de ma vie que j'en vois un. Quand je serai maître du monde, j'aurai un dugong-lamentin dans ma piscine.
Mesdames et Messieurs : un dugong !
Instant culture :
- Le cri du dugong est le barbarouffement. Le dugong barbarouffe quand il remonte à la surface.
- Le bébé ornithorynque est appelé un puggle d'après l'Aquarium de Sydney, mais Wikipédia dit que c'est faux.
- Qu'est ce que cette chose ? (Ne trichez pas)
Réponse : un oeuf de requin léopard. Ca vous en bouche un coin, pas vrai?

Avec tout ça, il comment à faire faim et soif. Dans son super "itinéraire en trois jours", le guide propose de manger chinois dans Chinatown, juste au sud de Darling Harbour, le coin où se trouve l'Aquarium. Darling Harbour est absolument adorable, un bras de mer entouré de quais piétons bordés de restaurants et bars, j'adore ! Par contre, un vendredi soir, tous les pubs et bars sont bondés d'hommes et femmes en costumes-cravate ou tailleurs. Nous arrivons à hisser nos derrières fatigués sur un tabouret et commander deux bières. Au moins, pour ça le prix est raisonnable : 5$ le verre... sauf qu'on nous apporte des demis. 5$ la pinte à Sydney, fallait pas rêver.

Après ce petit verre et n'ayant rien mangé depuis nos croissants, nous sommes plutôt joyeux et nous prenons le chemin du Chinatown en lisant le plan avec un peu plus de difficulté. D'un autre côté, nous ne sentons plus nos ampoules.
Chinatown vu par une photographe un peu paf.
Le Chinatown n'est pas bien grand : deux rues de large sur 2 rues de long. Les rues sont couvertes de restaurant chinois pour tous les goûts. Devant chaque restaurant, une hôtesse essaye de vous fourrer le menu dans les mains et vous pousser à l'intérieur de son restaurant. Ca rapelle un peu le Vietnam. Nous finissons par choisir un restaurant avec une terasse et une belle devanture typique lampion-dragon-caractères chinois dorés.

L'hôtesse à l'entrée est une mamie et nous pousse devant elle comme si on allait s'enfuir avant d'avoir mangé. Nous avons 5 minutes montre en main pour choisir un plat et le plat arrive 5 autres minutes plus tard.
A peine avons nous commencé à manger que la mamie essaye déjà de récupérer les bols en disant "finish? finish?" "Non ! Pas finish ! Dégage morue.". A la troisième attaque de la vieille, nous avons à peu près"finish" et nous abandonnons. Une fois que nous avons payé, nous sommes poussés dehors et un autre couple prend notre place sans imaginer ce qui l'attend. Pour le coup, nous ne laissons aucun pourboire, et toc.

Il est maintenant à peine 21h mais pour nous autre petit aucklandais, il est 23h et nos yeux se ferment tous seuls. Nous rampons à nouveau la côté jusqu'à l'hotel et nous nous effondrons sur le lit. Pour la première fois depuis 6 mois, je n'ai pas eu froid de la nuit.

J'avais prévu de raconter tous le weekend d'un coup mais voila 3h que j'écris et je n'ai compté qu'une seule journée. Je publierai le récit des jours suivants... dans les jours qui suivent (hem). En attendant, voici des éléments divers sur Sydney en complément du récit.

Divers :

- Sydney se trouve dans l'état du New South Wales (NSW) : la Nouvelle Galles du Sud. Ca ne s'invente pas et ça fait rêver. Si j'établis mon propre état, je l'appellerai la Nouvelle Sarcelles ou le Nouveau Marseille-Nord.

- Les billets de 50$ sont jaunes, ce sont les "pineapple", les billets de 100$ sont verts, ce sont les "avocado" et les billets 20$ sont rouges, ce sont les "lobsters". Enfin, on n'a jamais entendu ces expressions de tout notre séjour.

- Sydney compte 4,5 millions d'habitant, la Nouvelle-Zélande compte 4,3 millions d'habitants.

- Les filles australiennes ont de plus gros seins que les néozélandaises (contribution de Christophe).

-L'eau potable de Sydney est absolument dégueulasse. La première fois qu'on a rempli notre bouteille à 5$ à une fontaine, j'ai cru qu'on n'avait pas laissé couler l'eau assez longtemps et qu'on avait récupéré 500mL de rouille et de boue. En fait, ça c'est son goût quand elle est propre. Une fois encore, vive Auckland.

- A Sydney, il y a encore plus de français qu'à Auckland. Tous nous serveurs étaient français, ainsi que le gars de la location de voiture, sans compter tous les touristes que nous avons croisés et qui parlaient à voix forte, comme si parler une langue étrangère empêche les autres de vous entendre.

- D'autres divers à suivre...

mercredi 26 septembre 2012

Des nouvelles (enfin plus si neuves) en vrac

Comme d'habitude, mon article est bien plus qu'en retard mais je pense qu'on s'est tous lassé de mes excuses donc j'ai décidé de ne plus m'excuser à partir de ce jour. Bref, voici quelques informations et anecdotes sur notre vie en NZ qui passe tranquillement mais surement. 

Le loyer augmente

Vous avez surement entendu parler du tremblement de terre qui a réduit Christchurch, la deuxième ville du pays, en miette en 2010. A la suite de ce malheureux évènement, les assurances ont décidé de ne pas dédommager leurs assurés, et dans la foulée, d'augmenter le prix des assurances pour compenser leur absence de paiement. Par conséquent, à 1200km de Christchurch, le prix des assurances maison et locataire ont fait un bon de 50%. Cette décision est parfaitement inique puisque tout le monde sait que la faille sismique sous Auckland ne doit pas se réveiller avant 200 ans.

Néanmoins, la vie est dure pour tout le monde et notre propriétaire a décidé d'augmenter le loyer de notre demi-maison pour compenser la hausse des assurances. En NZ, le propriétaire assure les murs de son bien, et les locataires assurent le contenu, si ça leur chante car bien sûr, l'assurance n'est pas obligatoire.

Le propriétaire, notre bon Peter, est donc venu taper à la porte un soir avec un énorme bac à fleurs rempli de diverses plantes aromatiques. Entre deux bafouillis et moult tours du pot, il a finalement réussi a annoncer que le loyer aller prendre 5$ par semaine et que la décision prendrait effet 64 jours plus tard. Il a immédiatement ajouté que, si nous trouvions cette hausse inacceptable, nous devions lui faire part de notre départ avec un mois de préavis.

Je l'ai regardé pendant une minute pour déterminer si il ne se foutait pas un peu de moi, puis j'ai répondu que nous consentions à cette hausse exorbitante. A ces mots, il s'est visiblement détendu et m'a dit, les larmes aux yeux "Je suis content que vous soyez là", puis il est reparti. Je ne sais pas ce qu'il sniffe mais ça a l'air puissant.

Après coup, nous avons compris son émoi : les locataires du troisième appartement du bloc lui ont annoncé leur départ. Je crois qu'entre les deux autres appartement, Peter doit trouver des nouveaux locataires tous les 3 mois.

La Subaru est vendue

Enfin ! Comme le titre l'indique, nous nous sommes débarrassés de ce tas de ferraille qui rouillait doucement dans le garage et qui obligeait ma nouvelle Ka a dormir dehors. Tout cela grâce à Antoine et Sabrina, que nous avons eu le plaisir d'héberger avant leur départ. Antoine est particulièrement calé en voiture (sans jeu de mots) : par exemple, 3 jours avant de quitter Queenstown définitivement, leur moteur a serré sans préavis. Antoine et Sabrina ont donc acheté un moteur dans une casse et remplacé l'ancien en moins de 24h. 

Quel rapport avec la Subaru, me direz-vous ? Et bien, pour accompagner nos amis à l'aéroport ainsi qu'une année entière de vêtement et d'équipement, nous étions bien en peine de tout faire rentrer dans la Ka (pourtant ils sont maigrichons). Nous avons donc entrepris de remettre la Subaru sur pied pour un baroud d'honneur jusqu'à l'aéroport avant de la mettre à la casse.

Or, c'était sans compter qu'Antoine passe la tête sous le capot et juge la bête en parfait état de marche (enfin sauf la batterie qui était à plat). Ni une, ni deux, nous empruntons un cable de remorquage au voisin et tirons la Subaru... avec la Ka ! Un câble de remorquage cassé plus tard, la Subaru ronronne comme à sa sortie d'usine. Après avoir empêché tant bien que mal Antoine de faire la vidange de la Ka, nous avons tous pu partir confortablement à l'aéroport. Bon par contre, nous n'avions ni vignette, ni controle technique, ni assurance, mais tout s'est bien passé.

Au retour, j'ai donc décidé que plutôt que de mettre la Subaru à la casse, nous allions la revendre et en tirer quelques billets. J'ai fait une belle affiche avec des papillons colorés "A vendre : 900$" (600€).

Le lendemain, un homme à l'accent incompréhensible m'appelait pour essayer la voiture. Sa femme avait eu un accident qui avait détruit la voiture et ils en cherchaient une nouvelle. J'en déduis qu'ils n'avaient pas d'assurance puisque c'est facultatif. Bref, ils sont venus essayer la voiture le soir même. Après un rapide tour, l'homme a déclaré que la direction était "bizarre" et qu'il m'en donnait 700$. Après lui avoir jeté un regard "tu me fends le coeur, comment je vais nourrir ma femme et mes 6 gosses avec 700$ ? Elle en vaut au moins le double ! 900$ c'était déjà un prix d'ami!", j'ai accepté. 

La Subaru vit donc de nouvelles aventures et je peux ranger ma petite Ka dans mon garage (elle rentre en entier, pas comme l'autre). Evidemment, Christophe, qui a une véritable conscience, m'en a un peu voulu de vendre une pareille épave qui méritait la casse mais il a changé d'avis devant la liasse de dollars. 


J'ai mon permis moto

Il y a quelques semaines, mon permis moto a eu 2 ans donc je suis passée à l'Automobile Association le faire traduire pour un permis moto kiwi. J'ai pensé naïvement que ma pause déjeuner suffirait amplement, c'était sans compter que je tomberais sur l'employée la plus lente que la Terre connaisse. Ca lui a pris 45 minutes pour prendre les 3 feuilles du formulaire, mon passeport, mon permis et une facture éléctricité. Chaque fois qu'un de ses collègues lui posait une question, elle s'arrêtait complétement dans ce qu'elle faisait pour réfléchir puis répondre. Ensuite, quelqu'un a téléphoné et malgré le fait que 2 de ses collègues n'avaient rien à faire, c'est elle qui a répondu et expliqué looonguement à un tongien qu'il ne pouvait plus utiliser son permis tongien etc.

Quand j'ai enfin cru qu'elle allait finir, elle a commencé à me parler de sa propre moto (et donc s'interrompre dans son boulot), et de comment sa chaine avait cassé sur l'autoroute et que la dépanneuse était venue ... je l'aurais étranglée. M'enfin c'est le genre de personne à qui il ne faut surtout pas dire "dites, j'ai faim et je suis pressée" sous peine de déclencher Armageddon. 

Enfin bon, 45 minutes plus tard j'ai droit de conduire une moto !! 


Et au passage, il y a eu une réforme pour les bébé-motards. Par soucis d'améliorer la sécurité routière, les apprentis ne seront plus limité à 250cc mais à 150kW/tonne dans la limité de 660cc... New Zealand logic.



La NZ licencie

Un de nos amis est rentré en France quelques semaines pour le vacances. En reprenant le boulot, il a découvert que la moitié de ses collègues avaient été licenciés pendant son absence. Lui ne faisait pas parti du lot mais la surprise était quand même de taille. "Son patron devait avoir des difficultés, ça arrive" m'étais-je dit.

Quelques semaines plus tard, Anna et Anthony nous réunissait dans la salle de pause de l'entreprise : le temps sont durs, les commandes sont décalées de semaines en semaines, et parfois, elles sont tout simplement annulées. Ils ont fait le calcul et il y a un technicien en trop dans l'entreprise pour que ça soit rentable.*Silence général dans la salle* Je commence à avoir très chaud, le dernier technicien arrivé, c'est moi. Je suis aussi la plus jeune et sans charges particulières. Heureusement pour moi, la victime sera Nick, un gros malais jovial, très sympathique mais assez peu efficace. Il aurait pu travailler à la AA dans le paragraphe  précédent par exemple. Anna annonce qu'ils ont trouvé un "arrangement" avec Nick. Personne ne sait de quoi il s'agit mais, depuis, on n'a jamais revu notre collègue. Ils annoncent aussi que le chef de production, qui avait été licencié pour faute lourde, ne sera finalement pas remplacé. Anna, Léa et Gilbert se partageront le boulot (enfin surtout Gilbert).

Deux semaines plus tard, Christophe rentre du travail et annonce "5 ingénieurs viennent d'être licenciés chez nous". Dans une boite de 20 personnes, ça fait beaucoup. Pour eux aussi, les commandes sont repoussées d'un an, voire plus. Fort heureusement pour Christophe, 3 autre de ses collègues avaient démissionné le mois précédent pour d'autre opportunités ou projets personnels. Un de moins et Christophe était parmi les départs. Au moins, avec un licenciement aussi massif, on peut espérer qu'il n'y en ai pas d'autre sous peu.

Le monde est petit

Passons complètement à autre chose. L'autre jour, Christophe et moi faisions nos courses au Countdown (qui Count plutôt Up en ce moment, au vu de nos factures). Voulant faire des saucisses aux lentilles, nous cherchions avec désespoir quelque chose ressemblant à des saucisses de morteau parmi les knakis aux fromage dont les kiwis raffolent. C'est alors que j'avise une saucisse de Boers, un truc sud africain que Rolla nous a fait essayé lors d'un bbq. Je la montre à Christophe et commence à lui raconter ce que Rolla a dit à propos de la Boers. 

C'est alors qu'un homme d'une cinquantaine d'année nous interrompt dans un français parfait : "excusez-moi mais j'ai entendu que vous parliez français, j'ai moi-même vécu en France il y a longtemps/ Vous venez d'où, si ce n'est pas indiscret". Lorsqu'il apprend que je suis de la région parisienne, il m'explique qu'il a lui-même vécu en région parisienne, dans le Val de Marne. "Ah oui, je suis justement du Val de Marne, une ville qui s'appelle St Maur des Fossés" lui dis-je.
"Ca alors !, répond-il, mon père était professeur d'anglais dans un lycée à St-Maur : le lycée d'Arsonval". 
Là, je suis sur le cul, c'est justement le lycée où j'ai étudié et même fait ma prépa.
Ray, c'est son nom, se souvient même du nom de certain professeurs que j'ai moi-même connu!  

Quelle était la probabilité pour que nous fassions les courses au même moment, qu'un homme nous entende parler français et qu'il ait habité dans la ville où nous nous sommes installés au retour du Vietnam, et que son père ait été enseignant dans mon lycée 20 ans auparavant ? Le monde est petit. Nous avons échangé nos numéros et promis de se faire un barbecue (il reste kiwi) quand les beaux jours le permettront.  

Un an jour pour jour

Bon là, je n'ai pas grand chose à raconter, si ce n'est que cela fait un an jour pour jour que je suis technicienne à Define Instruments ! Le 26 septembre dernier, je trouvais enfin un poste après 5 mois de recherche infructueuse. Ce poste, je l'ai eu grâce à Rolla : alors qu'il cherchait des clients potentiels en France, il m'avait contacté pour avoir mes relations. Je lui avais répondu que je n'avais aucune relation qui puisse l'intéresser mais qu'en revanche, je cherchais du boulot. Aussitôt dit, presque aussitôt fait, me voila technicienne en électronique ! Enfin, mon titre change selon les jours et les gens à qui on me présente : technicienne spécialiste des transmetteur, ingénieure instrumentation, ingénieure de test, senior technicienne...

Le principe c'est d'avoir du boulot, ça permet d'avoir des vacances ! Allez, happy birthday to me !

Dans le prochain épisode : 
Balade à Mokoroa Falls

mardi 10 juillet 2012

Papa et Maman Mouton au pays des kiwis (et des moutons)

Comme le titre l'indique, après la visite de la mère de Christophe, ce sont mes propres parents qui ont débarqués pour nous envahir quelques semaines.
Le jour de leur arrivée, j'avais prévu une fantastique et originale banderole marquée "Mr and Mrs Garnier, Welcome to New Zealand" mais comme les prévisions de trafic sont à peu près aussi précises que les prévisions météo, je suis arrivée 10 minutes après leur sortie de l'aéroport.

Je ne vais pas raconter leur visite heure par heure, mais sachez qu'ils ont rattrapé leur décalage horaire en 2 jours quand il m'en avait fallu 15.

Premier weekend

Dès le lendemain de leur arrivée, nous sommes partis à l'ascension de Rangitoto, le volcan de la baie d'Auckland. Une eau émeraude et turquoise, un sentier dans la jungle et les pierres volcaniques, le chant du Tui et une vue à 360° sur le Hauraki Harbour, ça met en jambe pour la NZ.

Petite anecdote à propos de Rangitoto : durant la montée du volcan, un petit groupe de personne nous a dépassé. L'un des hommes du groupe s'est alors adressé à mon père. Celui-ci n'ayant pas compris ce que l'homme venait dire, l'a pris pour un Allemand et s'apprêtait à répondre "Ich nicht sprechen Deutch", quand l'homme, voyant son désarroi, reformula en simplifiant quelque peu : "BEAUTIFUL !" et accompagnant son expression d'un grand geste autour de lui.  Ce à quoi mon père répondit "ah yes beautiful indeed" pendant que ma mère et moi pouffions en silence. Le fameux "BEAUTIFUL !" est resté pendant tout leur séjour.

Sans prendre de repos, le lendemain dimanche, nous leur avons montré le lieu le plus authentique de la Nouvelle-Zélande : Karekare. Oui, je sais, on avait fait la même chose avec Mme Jay mais bon, c'est un peu le problème quand on est agence de voyage.

Toujours est-il que, comme dirait Cartman "Karekare ça trou le c*l". D'ailleurs grâce à mes parents, nous sommes enfin allés voir la cascade à 200m de Karekare que nous n'avions jamais faite car trop fourbus de la randonnée habituelle. Et la cascade aussi, elle trouait le ...
Papa et Maman
Pendant la semaine qui suivit, mes parents sont descendus en avion voir Wellington. Voulant voyager léger, ils ont decidé de n'emporter qu'un sac de cabine : mon sac de randonnée. Et là, c'est le drame : j'ai oublié de retirer mon Laguiole du sac, impossible de passer la sécurité avec ça, et il est trop tard pour mettre le sac en soute. Mon fidèle Laguiole va-t-il être jeté ou détruit ? "Non", répond l'agent de sécurité, "vous n'avez qu'à aller à la boutique en face et l'envoyer par la poste." Ah bon d'accord. J'ai donc pu récupérer mon Laguiole dans ma boite aux lettres le lendemain matin. Je me demande si ça marche aussi avec un bâton de dynamite.

Deux jours plus tard, mes parents remontaient en train, à bord du mythique OverLander, le train qui va plus lentement qu'un char à bœufs qui proteste contre la hausse du prix du grain (relisez vos Astérix).
L'overLander
Pâques

Le weekend suivant, c'était Paques et ses 4 jours de vacances. Nous avons donc tous mis le cap au Nord pour aller visiter le Northland (que de fantaisie) comme Christophe et moi l'avions fait tout juste un an plus tôt. Sauf que cette fois, nous avions appris notre leçon, et voyant le beau temps, nous avons décidé de partir directement par l'est, où se trouvent les belles plages.

Le premier jour, nous avons roulé des heures et des heures dans les embouteillages jusqu'à Pahia, dans la Bay of Island. Le lendemain, nous avons fait une croisière dans la baie en question, qui contient en effet, un grand nombre d'îles paradisiaques (on peut passer la nuit sur l'une d'elle pour 38 000$, mon salaire annuel).
Wouhou ! Encore mieux que le RER A
Elle contient aussi un grand nombre de bottle-nose dolphins, des dauphins qui passent 30% de leur temps à manger, 30% à voyager et 30% à s'accoupler. Le reste du temps, je crois qu'ils dorment, ça fatigue tout ça. Bref, nous ne les avons vu que nager et mais pas très longtemps car ils allaient en sens inverse. Nous avons donc visité les îles et fini par un petite excursion sur une mer démontée pour aller voir le Hole in The Rock, le nom parle de lui même.
Par temps calme, le bateau passe à travers le trou.
L'après-midi, nous avons pris la route de Kaitaia, au pied de la 90-miles beach pour y chercher à dormir. C'était sans compter qu'un couple de kiwis aurait décidé de se marier ce jour-là et installé leurs invités dans TOUS les hôtels, backpackers, auberges, motels, campings etc à 10km à la ronde. Comme le soir tombait et que nous avions fait tous les sites d'hébergement possibles, nous sommes arrivés devant un établissement marqué "Motel". Lorsque je suis entrée pour demander, je suis immédiatement ressortie, pensant m'être trompée d'adresse. Il s'agissait d'un bar lugubre occupé par une demi-douzaine d'alcooliques bedonnant, fixant leur verre d'un oeil vitreux en silence. Dit comme ça, ça a presque l'air acceuillant, mais il faut imaginer que ça ne l'était pas du tout.

Bref, la tenancière, après nous avoir jugé, a annoncé qu'elle avait bien des places de libres mais que ça serait 60$ par personne. Une fois que nous avons accepté, elle est allé chercher un pauvre type (son amant d'après moi) et l'a engueulé jusqu'à ce qu'il nous montre notre "appartement". Et quel appartement ! Deux chambres, une petite euh... salle-à-manger-cuisine et une salle de bain. Sauf, que le fourneau (datant probablement d'avant-guerre) ne fonctionnait pas, qu'il n'y avait pas d’ustensiles de cuisine ni de poele ou quoique ce soit pour faire la vaisselle. Car la vaisselle, il faut le dire, était soigneusement protégée par un épaisse couche de graisse. Les fenêtres ne fermaient pas, mais alors vraiment pas et la porte tenait par miracle.

Au final, nous avons été voir "l'amant" de la dame et il nous a montré la "cuisine commune" où, de nouveau, tout était recouvert de gras et de poussière, et tout le contenu de la cuisine n'était pas identifiable. Ce soir-là, je me suis contentée de rester prostrée dans un coin, en essayent de toucher le moins de chose possible.

Le lendemain, quand nous avons réalisé que nous n'avions pas été égorgés pendant notre sommeil, nous sommes repartis en nous jurant de ne plus jamais aller nulle part sans avoir réservé un couchage. Nous avons donc passé la journée au Cap Reinga, le point le plus au Nord de la NZ, puis nous avons fait des glissades sur les dunes géantes de Te Paki et, enfin, nous sommes allés voir la 90-miles beach, qui fait 90 km comme son nom ne l'indique pas. Ca a eu l'air de surprendre mes parents, mais la limite de vitesse sur la 90 miles beach est de 100km, c'est un pays civilisé tout de même. Par contre, faut courir vite en sortant de l'eau.

Mon père est très aérodynamique

Attention en traversant la route ! Ah non, c'est une plage.
Le soir, nous avons dormi dans un motel fantastique pour 125$ à 4, avec vue imprenable sur l'eau turquoise du Hokianga Harbour. Nous avons aussi voulu diner au restaurant de l'hotel mais il semble que 19h30 soit un peu tard pour cela et nous avons mangé sous l’œil de la serveuse qui attendait de fermer le restaurant pour la nuit.

Enfin, le dernier jour, nous avons montré à nos visiteurs la merveille de la jungle kiwie : le Kauri. Comme nous n'avions pas beaucoup de temps, nous nous sommes contentés de voir Tane Mahuta et Te Matua Ngahere, les deux plus gros Kauris.

La semaine qui suivit, mes parents sont descendus dans le centre de l'île du nord, avec le projet de faire le Tongariro Alpine Crossing. C'était sans compter sur le seul jour de pluie qu'ils allaient connaître en NZ (bon ok, avec Wellington, ça fait 2 jours de pluie). La balade a donc été interdite d'accès et ils n'ont pas pu la faire. (Je crois que ma mère était secrètement soulagée).

Coromandel

A leur retour, nous avons décidé de les emmener dans le Coromandel pour ses incontournables Hot Water Beach et Cathedral Cove. Rendus prudents par notre dernière escapade, j'ai chargé Christophe de nous réserver un appartement dans le motel où nous avions dormi avec sa mère. Il y avait bien des places mais pour 200$ la nuit. J'ai donc dû rappeler, et avec mon parfait accent, négocier une remise de 10%, parce qu'il ne faut pas pousser mémé dans les orties, surtout hors-saison.

Nous nous sommes donc mis en chemin de bon matin, espérant arriver à Hot Water Beach à temps pour la marée basse, afin de pouvoir nous creuser un spa dans le sable. Comme les deux autres fois, nous sommes arrivés 5 minutes avant le retour de la marée et nous avons eu tout juste le temps de nous bruler les orteils dans l'eau bouillante avant que tout ne soit recouvert. Enfin, le principal, c'est que mon père à eu le temps de faire joujou avec la pelle pour essayer de creuser un bassin dans le sable alors que la mer emportait tout à chaque fois. C'est l'intention qui compte.

Hot Water Beach n'ayant qu'un intérêt limité lorsqu'il n'y a plus de Hot Water, nous sommes partis vers Cathédral Cove pour le pique-nique. Après nous être garés n'importe comment en marge du minuscule parking bondé du site, nous sommes partis avec tout notre attirail sur le sentier de Cathedral Cove, pendant que mes parents poussaient les habituels "ooooh" et "aaaaah" d'admiration des néophytes. Cette fois encore, nous avons fait une nouvelle découverte grâce à eux : nous sommes allés voir Stingray Bay au lieu de passer devant son embranchement en l'ignorant. Nous n'avons pas vu de raies (stingray en anglais), par contre, le chemin était couvert de boue et très glissant. Voulant faire les malines en remontant, plutot que de prendre le chemin glissant, ma mère et moi avons voulu escalader sur le côté pour rejoindre le chemin plus loin. Nous sommes toutes les deux tombées et écorchées pendant que mon père nous dépassait en prenant le chemin.

Apres avoir compté les interminables marches pour accéder à la plage de Cathédral Cove, nous avons pu pique-niquer au soleil et les plus courageux se sont baignés (tout le monde sauf moi). Le soir, nous avons pris le chemin de Whitianga où se situait notre motel. Là, nous avons pu découvrir que l'appartement payé à prix d'or avait la vu entièrement bouchée par d'enormes engins de chantier, dont les conducteurs passaient la nuit dans le même motel. Quelle chance nous avons ! Enfin, nous avons quand même fait un tour sur la plage pour que ma mère puisse ramasser de jolies coquilles de moules nacrées. En fait, c'est nous qui devions trouver les coquilles et ma mère se contentaient de les regarder d'un oeil critique puis le jeter car insatisfaite.

Le soir nous nous sommes pétés le bide au meilleur indien du monde, parce que le plus important quand on voyage, c'est de bien manger. Néanmoins, le séjour ne serait pas parfait sans exécuter sa propre fille, ce que mon père à fait d'un "ma chérie, tu parles très bien anglais, mais tu ne fais clairement aucun effort pour avoir un quelconque accent anglais". Pan! Ci-gît, le reste d'amour-propre de Barbara Garnier.  
La scène du crime

La semaine suivante, mes parents sont partis faire un rapide tour de l'île du sud : Christchurch en ruine, Mt Cook-Aoraki, Tekapo Lake, Queenstown et, bien sûr, Milford Sound.
Aoraki - Mt Cook

Milford Sound

Le Rugby Leage

Lorsqu'ils sont revenus à Auckland pour le dernier weekend, nous les avons emmener voir un emblème de la Nouvelle-Zélande : un match de rugby Australie vs New Zealand. Par contre, j'avais mal compris en achetant les billets, et en fait de All Black - Wallabies, c'était un match kiwis - kangaroos. Les pays étaient les bons, par contre, c'était du rugby leage, et non du rugby classique. Or le Rugby Leage est au Rugby ce que le catch est à la danse classique : c'est violent, sans vraiment de stratégie et le public est vaguement dissipé. Lorsque j'ai dit à Anna que j'emmenais mes parents à un match de league, ils m'ont dit que les kiwis n'avaient aucune chance de gagner. J'ai alors suggérer d'être supporter des kangaroos, ce qu'ils m'ont fortement déconseillé car "le public est un peu plus populaire que pour le rugby classique".

The Eden Park

Le jour J, un peu apeurés par la remarque d'Anna, nous avons changé le blouson jaune (couleur des Australiens) de mon père pour un noir, couleur des kiwis et nous avons pris le chemin du célèbre Eden Park, à 300m de chez nous. Pour résumer, le rugby league, c'est comme le rugby mais avec 13 joueurs, sans vraies mêlées et sans touche. Que reste-t-il ? Bah de la baston pardi ! Et 'd'autant plus de baston que la balle reste dans la même équipe jusqu'à ce que l'autre équipe ait plaqué 5 fois le porteur de balle. Ensuite la balle passe à l'autre équipe pour 5 nouvelles tenues. L'objectif est donc clair : abattre 5 porteurs de balle, et essayer de faire en sorte qu'il ne s'en relève pas.

Du coup, nous avons vite appris les rudiments d'anglais nécessaire à tout bon supporter : "SMASH HIM!!!" et "CRUSH HIM!!!" voire, mais plus rarement "KILL HIM!!!" quand l'australien approche trop près de la ligne d’en-but. Le voisin de ma mère, un colosse approchant les 120kg et 2m10, était particulièrement impliqué dans le jeu et sautait régulièrement sur place et vociférant et en jettant de la bière partout, notamment sur ma mère. Le colosse était tout de même poli puisqu'après avec hurler un retentissant "FUCK THE SHIT OUT OF HIM!!", il s'est excusé d'un "sorry, I'm a bit enthousiastic".

Hormis notre voisin enthousiaste, on peut dire qu'aller au stade pour un kiwi revient à aller aux jeux du cirque pour un romain : on y passe plus de temps à discuter avec ses voisins, boire des litres de bière, d'interpeler, téléphoner, chanter, se balader, que de vraiment regarder ce qui se passe sur le terrain. Quelque soit le moment de la partie, les gens se baladent, vont aux toilettes, se déplacent, jettent des choses et picolent. Par moment, une clameur fait tourner la tête vers le terrain et pendant quelques instant, on se concentre sur le jeu en hurlant SMASH HIM! et ses variantes puis, une fois l'ennemi à terre, on reprend les discussions.

Vient aussi à un instant, la Ola kiwie, similaire à notre Ola à un détail près : lorsque les gens lèvent les mains, ils jettent tout ce qu'ils tenaient un instant plus tôt : des papiers, des verres, des bouteilles, des drapeaux...tout. Du coup, il faut avoir un peu de chance pour ne pas être assomé lorsque les projectiles redescendent.

Enfin, après 80 minutes de combat perdu d'avance, la moitié du public prend le chemin de la sortie. L'autre moitié était partie lorsque la défaite ne faisait plus de doute (ou plus vraisemblablement, lorsqu'ils n'ont plus eu de sous pour la bière), et ce malgré les flots d'insulte déversés par notre voisin envers ces spectateurs peu respectueux de son sport.

FIN

Le dernier weekend, nous avons été diner en ville pour mon anniversaire. A cette occasion, j'ai pu faire gouter du vin blanc kiwi à mes parents qui ont décrit cela comme un mélange de jus de raisin - alcool - eau de javel - acide - sucre. On ne les y reprendra plus.

Avant que ne s'achève cet article en retard de près de 3 mois, j'ai demandé à mes parents de faire un petit récapitulatif de ce qui les a le plus étonné lors de leur séjour. Je leur laisse la parole :

Papa : 
Ca va être long! Tout est étonnant en Nouvelle Zélande. En vrac :

1/ La faune et la flore :  
On se croirait dans Avatar, le Seigneur des Anneaux ou Jurasic Park.  La végétation a l'air normal mais quelque chose cloche. On se dit que le scénariste est parti d'une prise de vue réelle et l'a un peu modifiée pour créer un aspect nouveau. Par moment, cela ressemble à la Normandie, avec des prairies grasses et des vaches noires et blanches. Mais il y a des arbres  qui ne collent pas. Des palmiers ou des fougères géantes qui ne devraient pas être là.   

Même chose pour les oiseaux. Il y a des sortes de corbeaux avec la tête et les ailes blanches. L'animal parait connu, mais la couleur n'est pas la bonne. Retouche numérique ou un peu de teinture sur les plumes?

2/ La population :  La population est en générale assez cool, même les responsables de la sécurité quand on essaye de passer en douce un couteau avec une lame de 12 cm dans les bagages à main.
Normal, avec moins de 5 Millions d'habitants pour une superficie  des 2/3 de la France, ce n'est pas la peine de se stresser, il y aura toujours de la place à l'arrivée.
La première question que te pose un Kiwi est "Tiens Salut! Comment ca va?", à quoi il est convenu de répondre "Super bien, et toi, comment va?" ce qui génère un "Très très bien, merci beaucoup", même si l'un vient de perdre ses parents et l'autre a mal aux dents. Ensuite on passe au sujet pour lequel on est venu. Et on conclu sur des souhaits mutuels de merveilleuse soirées, merci, vous aussi.  Ca peut paraitre excessif, mais c'est bien agréable quand on vient de France, et ca commence avec la police (oui, oui) des frontières. Et ce n'est pas hypocrite, car ca marche aussi avec un commerçant chez qui on rentre pour demander le chemin vers son concurrent le plus proche et qu'on ressort sans rien acheter.

Deux exceptions : Si l'interlocuteur est chinois (Auckland ressemble beaucoup à Hong Kong) auquel cas le dialogue est limité aux mots utiles. Si l'interlocuteur est indien, c'est comme un kiwi normal, sauf qu'on ne comprend pas ses réponses, ou alors on comprend qu'il n'a strictement rien compris de notre question. Enfin si un Kiwi se lance dans une longue exclamation, ca veut simplement dire "Beautifull, isn't it?"
Ce à quoi ma mère répondit : 

Pas mal, mais de mauvaise foi pour le dernier sujet. Quand un kiwi te dit "beautiful isn't it?" après une longue tirade dans sa langue au moment de te croiser dans un paysage sublime, c'est qu'il vient de s'apercevoir qu'il a parlé à un demeuré ou à un étranger - ce qui revient au même avec notre anglais de base...

3/ les plages autorisées aux voitures avec le panneau "limitation de vitesse à 100km/h". Il ne faudrait tout de même pas confondre plage et autoroute tout de même! (ndlr: les autoroutes kiwies sont limitées à 100, c'est bien d'avoir suivi, bravo maman)

4/ un panneau qui prend la peine de t'indiquer avec une flèche où il est interdit d'aller, et là en bon Français tu te dis que c'est sûrement un coin intéressant où fureter...
Et je rajoute parce qu'ils ont oublié : 
5/ Dire "Kiwi"en parlant d'un néozélandais n'est absolument pas insultant, c'est juste leur diminutif affectueux. D'ailleurs ils en sont très fiers, on peut donc trouver la KiwiBank, le KiwiBurger, le KiwiBus et même aux infos, ils parlent de "kiwiman" ou "kiwiwoman".
6/ L'opossum est l'ennemi public numéro un et c'est la première victime des accidents de la route. Il y en a tellement sur les bords des routes qu'ils pourraient s'en servir comme borne kilométrique.

mardi 15 mai 2012

J'ai pas d'idée de titre

Chers tous,

Après une longue absence, nous (me) voila de retour sur le blog. Il faut dire que d'habitude, le lundi c'est le jour où je prépare le pain mais comme je me suis ébouillantée la moitié de la main droite, j'ai décidé de me venger sur vous. Par contre, il faudra être indulgent avec moi puisque je ne tape qu'avec 8 doigts au lieu de 10. Vous me direz, c'est toujours 7 doigts de plus que quand c'est mon père qui tape au clavier (bisous papa).

PS : cet article ne comporte pas de photo car Christophe a cru bon de jeter mon appareil dans le sable.

Puisque vous vous demandez tous ce qui est arrivé à ma main, je ne vais pas entretenir le suspens plus longtemps. Il était une fois... je plaisante. Bref, ce midi, n'ayant rien préparé d'élaboré pour mon repas, je m’apprêtais à préparer un bol de nouilles instantanées. Or, je vous en ai surement déjà parlé mais les cuisines kiwies comportent 3 robinets : le froid, le chaud et le bouillant. Grâce à cet astucieux dernier robinet, on peut se faire du thé (ou des nouilles instantanées) sans avoir à attendre que l'eau bout (boue? boux? bouh?). Revers de la médaille, on peut aussi s'ébouillanter instantanément, ce qui m'arriva : alors que je me servais de l'eau bouillante dans un bol, le robinet se mit à crachoter, envoyant quelques gouttelettes brulantes dans tous les sens. Par un réflexe particulièrement inadapté, je retirai alors vivement ma main, tenant toujours le bol, et me renversai la moitié de son contenu sur la main.

Après avoir laissé plusieurs fois ma main 2 minutes sous l'eau froide, je constatai que la douleur revenait à chaque fois et que les petites cloques étaient peut-être le signe qu'il fallait prendre une mesure un peu plus efficace. Je montrai donc ma main à Anna qui poussa un cri épouvanté et ravi. "Ah ! On a tout ce qu'il faut pour ça ! Remets la main sous l'eau jusqu'à ce que j'arrive !" et celle-ci de partir chercher Léa et Winwei, les deux autres secouristes de l'entreprise. Un peu étonnée par une réaction aussi excessive pour quelques doigts un peu rougis, Anna expliqua "Tu comprends, ça n'est jamais arrivé, c'est super excitant !"
Ah.
J'ai donc fait bondir le taux d'accident au travail mais dans le même temps, ils ont peu essayer toutes les instructions du manuel de secourisme, m'enduire la main de crème et l'envelopper dans environ 2 km de bandelettes en ayant essayé une dizaine de configurations différentes. Maintenant, je ressemble à une momie et voila pourquoi je ne tape qu'avec 8 doigts, ce qui est toujours 7 de plus que mon papa.

Voila pour l'introduction de cet article qui devait ne faire qu'un paragraphe (l'introduction, pas l'article).

Le permis

Je vous l'avais probablement déjà raconté mais nous avons découvert il y a quelques mois que Christophe  pouvait s'entrainer à la conduite lorsque j'étais présente pour le superviser, à condition que j'ai mon permis international sur moi et qu'il ne soit pas trop périmé et que blablabla, bref Christophe s'est entrainé à la conduite.

Lorsque celui-ci s'est enfin senti prêt (avec un petit coup de pied au c*l), il s'est inscrit à l'examen du permis restricted. Je rappelle à l'aimable audience qu'en NZ, il y a 3 permis : le learner (conduite accompagnée), le restricted (jeune conducteur) et le full (kiwi-bourré). Le 2 mai, nous étions donc sur le parking du centre d'examen. Après avoir été poliment sommée d'aller voir ailleurs, Christophe et l'examinateur sont partis pour 1 heure d'examen. L'examen s'est fort bien passé, si ce n'est que l'examinateur s'est étonné de voir Christophe mettre un clignotant avant de se déporter ou de faire des contrôles lors d'un virage. C'était, semble-t-il, tout à fait superflu. Ceci explique cela.

Au final, Christophe a un splendide nouveau permis, qui est cependant resté bleu-learner au lieu de devenir jaune-restricted, puisqu'il est toujours learner en moto. Mouhahaha, il a un permis de bébé !


La mondialette

Un de ces derniers dimanche a eu lieu la traditionnelle Mondialette de Pétanque des Français d'Auckland. Si vous n'étiez pas invités, c'est que vous ne faite pas parti de la haute. L'évènement rassemblait 14 équipes de 2 joueurs sur un "stade" de pétanque à faire rougir un ciotaden, tellement qu'il était beau, con-putaing. Christophe et moi faisions équipes et nous avons artistiquement perdu toutes nos doublettes.

Au final, la plupart des gens se fichait du tournois et semblaient plutôt lancés dans une compétition de mauvaise foi et d'exclamations virulentes dont voici un extrait :
" Oh elle est bonne, on la prend !"
"Comment ça 'vous la prenez' ? Tu te fous de ma gueule, la nôtre est largement plus près!"
"Mais t'as picolé ma parole, la vôtre est à une tatane et deux doigts, la nôtre à une tatane !"
"Tu sais où tu peux te la mettre ta tatane?"
...La tatane étant l'outil de mesure officiel de la FFP.
 Il faut aussi imaginer que la scène se passe sur la moitié du "stade" que nous avions loué, et que l'autre moitié était occupée par un groupe de petits vieux kiwis qu'on n'a pas entendu de la journée. Il m'a semblé les voir nous jeter des coups d'oeil perplexes à chaque fois que l'un des nôtres hurlait de joie ou de rage, mais ils n'ont jamais fait une seule remarque.

Bref, le tournoi est passé directement des matchs de poule à la finale, parce que les quarts et les demis finales, c'est pour les amateurs. Celle-ci s'est déroulée entre les anciens tenant du titre de champion et un duo mère-fils directement sortis de Marseille, avé l'accent et tout et tout. Au final, ce sont les anciens champions qui ont de nouveau gagnés. Nous, on a bu des bières, mangé un barbecue et des crêpes, c'était cool.

La visite des parents

J'avais prévu de vous raconter ici le séjour de mes parents au pays des kiwis, mais après avoir rédigé le récit des deux premiers jours, un message d'erreur du blog a indiqué que mon article dépassait la limite autorisée. Je vais donc écrire un article entièrement dédié à cette épopée.